Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
6-11-1999    
Présentation des engagements enregistrés
XXVIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, 31 octobre au 6 novembre 1999

Rapporteur : Mme Yolande Biké, Ambassadeur et Représentant permanent du Gabon, Vice-présidente de la Conférence

C’est un grand honneur pour moi que de présenter à la XXVIIe Conférence de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge les engagements qui ont été contractés durant la semaine écoulée.

Demander au Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi qu’aux gouvernements de prendre des engagements concrets dans le cadre de la Conférence était une initiative nouvelle. Si l’on en juge par les résultats, cette innovation a été un plein succès.

Avant la Conférence, la notion d’engagement avait déjà suscité des discussions et donné lieu sur certains points à un débat nourri au sein des Sociétés nationales et des gouvernements, chacun s’efforçant de formuler des engagements appropriés et quantifiables.

Certains, dans les rangs des Sociétés nationales comme parmi les gouvernements, ont choisi non seulement de formuler des engagements individuels, mais encore de préparer des engagements nationaux conjoints, soulignant ainsi leur volonté de travailler ensemble à la réalisation d’un objectif commun. Certains groupements régionaux de Sociétés et de gouvernements ont choisi, eux aussi, de s’engager de concert.

Evoquons maintenant les chiffres, en effet je suis heureuse d'annoncer que 163 Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Comité international de la Croix-Rouge et la Fédération internationale, 85 gouvernements et 9 observateurs ont contracté, au total, 387 engagements.

Ces engagements ont été dûment enregistrés dans un livre d’or au fur et à mesure de leur réception et ils figureront dans une annexe au rapport de la Conférence. Ils ont en outre été placés sur le site Internet du Mouvement, où chacun peut les consulter.

Il m’est impossible de vous parler de chacun de ces engagements, qui sont nombreux et variés, mais je voudrais, si vous me le permettez, dire quelques mots sur les grandes tendances qui se dégagent.

Deux engagements relatifs aux enfants touchés par les conflits armés ont été diffusés pendant la Conférence et ont recueilli la signature d’un grand nombre de Sociétés nationales et de gouvernements. Ils portent sur la promotion de normes nouvelles interdisant le recrutement et la participation aux conflits armés de personnes âgées de moins de 18 ans, à l’instar, d’ailleurs, d’un certain nombre d’engagements pris par des Sociétés nationales et des gouvernements à titre individuel.

De nombreux engagements concernent la question de la protection et de l'assistance dues aux enfants et aux femmes, en termes à la fois juridiques et pratiques, et avec une insistance particulière sur les besoins non seulement physiques, mais aussi psychologiques et sociaux des personnes touchées par la guerre. Des mesures spécifiques sont proposées, dont la protection des jeunes contre les abus sexuels dans les camps de réfugiés, la mise sur pied d’un établissement de soins pour les personnes traumatisées et d’un centre international d’information et de documentation.

De nombreux membres de la Conférence se sont engagés de manière plus dynamique et préventive, en promettant d’œuvrer activement à long terme pour encourager une culture de la non-violence et de la tolérance.

Les engagements pris sont concrets, mais aussi juridiques. La majorité d’entre eux contiennent des éléments qui se réfèrent au droit international humanitaire. Plusieurs gouvernements s’engagent à ratifier les Protocoles additionnels ou à lever les réserves portant sur les Conventions de Genève. La création de commissions nationales pour la mise en œuvre du droit international humanitaire est l’une des initiatives que l’on retrouve dans les engagements des Sociétés nationales et des gouvernements.

Nombreux sont les engagements qui font état d’autres initiatives destinées à mettre en œuvre et à diffuser le droit humanitaire en visant des groupes nouveaux, comme par exemple les étudiants, au moyen de programmes d’«éducation à la paix», ou les forces armées et la police et des campagnes intensives. Parmi elles, citons la création d’une académie ayant pour mission d’assurer la formation professionnelle des policiers dans le respect des principes et des règles du droit international humanitaire.

On peut dégager de ces engagements une autre grande tendance, à savoir la promotion et la ratification d’autres traités, en particulier le Traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel et le Statut de la Cour pénale internationale, y compris le réexamen de la législation pénale nationale afin que les criminels de guerre ne demeurent pas impunis. Le transfert et la prolifération des armes portatives ont aussi fait l’objet d’un certain nombre d’engagements.

Quant à l’avenir, aux méthodes de travail et à ce que nous devons entreprendre en tant que mouvement humanitaire, un nombre important d’engagements portent sur le rôle et les responsabilités du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, auxiliaire des services humanitaires des pouvoirs publics, en matière de protection et d’assistance aux personnes les plus vulnérables touchées par les conflits armés, les catastrophes et les crises sociales et économiques.

Premièrement, chacun est conscient de l’importance du respect des emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge, comme en témoignent les nombreux engagements pris afin de renforcer les lois nationales destinées à les protéger. Deuxièmement, on insiste beaucoup sur l’introduction d’une loi nationale sur la Société de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge, ou sur la révision de cette loi lorsqu’elle existe déjà.

Sur un plan plus concret, nombreux sont les engagements qui ont pour objet de renforcer les capacités des Sociétés Nationales et de mettre en oeuvre la Stratégie 2010, approuvée par la 12e session de l’Assemblée générale de la Fédération internationale. Il convient de relever que la totalité des engagements de l’une des régions géographiques, ainsi que d’un certain nombre d’autres pays, comprennent la promesse spécifique de veiller à ce que davantage de femmes soient présentes et représentées dans les organes de décision.

Un grand nombre de Sociétés nationales ont contracté des engagements concernant les programmes de santé et les programmes sociaux, non seulement pour continuer des activités courantes et traditionnelles telles que les premiers secours et la santé communautaire, mais aussi pour élargir ces activités en lançant de nouveaux programmes destinés à faire face aux nouveaux problèmes sanitaires et sociaux. À ce titre, il est spécifiquement fait référence à des programmes de lutte contre la tuberculose et d’autres maladies résurgentes, les épidémies, le VIH/SIDA, ainsi qu’à des mesures renforcées d’assistance à des groupes particuliers d’exclus, y compris les enfants de la rue, les personnes ayant déposé une demande d’asile et les réfugiés.

Reconnaissant pleinement le rôle de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge en matière d’intervention en cas de catastrophe et de préparation aux catastrophes, un grand nombre de gouvernements et de Sociétés nationales se sont engagés à renforcer les plans nationaux en cas de catastrophe, à créer des centres régionaux et à encourager une meilleure formation du personnel et des volontaires.

Enfin, la dernière grande tendance qui se dégage concerne les nombreux engagements de recruter et de former des volontaires, et de motiver et faire participer les jeunes pour garantir leur concours actif à la conception et à la mise en œuvre de tous ces programmes.

Monsieur le Président, je me suis limitée, dans ce rapide tour d’horizon, à mentionner les grandes tendances, mais en réalité l’étendue des engagements va de l’enregistrement systématique des noms des membres du personnel de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge décédés dans l’accomplissement de tâches humanitaires à la création d’une unité d’intervention africaine en cas de catastrophe, en coopération avec les organisations régionales et mondiales. Enfin, si les engagements n’étaient pas censés revêtir un caractère financier, nous constatons néanmoins qu’un certain nombre de promesses de ce type ont été faites. Nous ne pouvons que saluer cet appui supplémentaire, qui nous permettra de continuer à fournir des services humanitaires vitaux.

Ainsi, Monsieur le Président, on peut affirmer que les engagements ont été un succès non seulement en termes de nombres de promesses, mais aussi par leur caractère concret et réaliste. Vous le savez: ces engagements ne sont pas contraignants juridiquement. Pourtant, ils représentent l’expression bien réelle d’un engagement moral. La tâche qui nous attend désormais est de transformer ces promesses en actes. Leur valeur concrète en termes d’action humanitaire pourra être quantifiée dans le rapport qui sera présenté à la XXVIIIe Conférence internationale.

Je voudrais, en votre nom, Monsieur le président, remercier tous les éminentes personnalités qui sont venues personnellement signer leurs engagements à notre stand et tous les délégués à la Conférence de leur soutien actif à cette initiative nouvelle. Je voudrais aussi remercier toute l’équipe qui a récolté les engagements. C’est avec une grande satisfaction que je vous remets maintenant, Monsieur le Président, le résultat final de cette initiative, à savoir les 387 engagements.

Je vous remercie.

Partager :
Autres documents dans cette section :
Focus > Mouvement CR > Conférence internationale > 27e Conférence 

Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2008  Comité international de la Croix-Rouge
6-11-1999