21-02-2002 Déclaration Conférence parlementaire africaine sur le droit international humanitaire
pour la protection des populations civiles en cas de conflit armé
Niamey, 18 - 20 Février 2002
Déclaration Finale Nous, Présidents et membres des Assemblées Parlementaires nationales d’Algérie, d’Angola, du Burkina Faso, du Cabo Verde, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Egypte, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, du Gabon, de la Guinée, du Kenya,, du Maroc, de la Mauritanie, du Niger, du Nigéria, du Sénégal, du Soudan, du Rwanda et de la Tunisie;
Convention de 1980 sur certaines armes conventionnelles et ses Protocoles additionnels, Convention de 1993 sur la prohibition du développement, de la production, du stockage et du transfert des armes Convention de 1997 sur la prohibition de l'usage, du stockage, de la protection et du transfert des mines antipersonnel et de leur destruction, Statut de la Cour Pénale Internationale, de 1998. 6. De même, nous nous engageons à dialoguer activement au sein de nos Parlements et avec nos Gouvernements en vue d'amener nos Etats, dans le cas où ils ne l'auraient pas encore fait, à adhérer aux traités suivants: (ii) Protection des réfugiés et des apatrides:
Protocole du 31 Janvier 1967 relatif au statut des réfugiés, Convention du 10 Septembre 1969 traitant des aspects spécifiques des problèmes des réfugiés en Afrique, la Convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides, Convention du 30 Août 1961 sur la réduction de l’apatridie. (iii) Protection des enfants
Charte africaine des droits et du bien-être des enfants, 1999. Législation nationale 7. Nous reconnaissons qu’au delà de la simple adhésion formelle à des traités internationaux, il nous revient de nous assurer que le droit international humanitaire et le droit international relatif aux réfugiés sont adéquatement reflétés dans nos législations et réglementations nationales. A défaut, nous nous engageons à œuvrer en vue de l’incorporation de ces normes humanitaires dans nos législations nationales pour garantir leur pleine application. Pour ce faire, nous disposons de tous les outils parlementaires, allant des questions posées au Gouvernement aux propositions de loi et sommes prêts à les mettre à profit en nous appuyant sur les suggestions contenues dans le Guide pour les parlementaires intitulé "Respect du droit international humanitaire" publié par le CICR et l’Union interparlementaire, et le Guide pour les parlementaires intitulé « Protection des réfugiés : Guide sur le droit international relatif aux réfugiés », publié par le HCR et l’Union interparlementaire. 8. Nous accueillons avec satisfaction les efforts d’intégration régionale et sous régionale et les soutenons. Dans cet esprit, nous encourageons l’usage de directives communautaires pour l’harmonisation des législations nationales relatives à la mise en œuvre du droit international humanitaire et du droit international relatif aux réfugiés. 9. Nous entendons, notamment, accorder une attention particulière aux groupes vulnérables, et prendre toutes dispositions pour prévenir toute forme de recrutement d’enfants à des fins militaires en-dessous de l’âge de 18 ans. 10. Nous nous engageons fermement à soutenir les recommandations contenues dans le Plan global d'application (PGA) adopté par la Réunion spéciale des experts techniques gouvernementaux et non gouvernementaux organisée par l'Organisation de l'unité africaine (OUA) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) à Conakry en mars 2000 à l'occasion du 30ème anniversaire de la Convention de l'OUA. Répression des violations graves 11. Nous nous engageons à veiller à ce que nos Etats disposent de moyens législatifs de répression des violations du droit international humanitaire de sorte que toutes les personnes responsables de violations de ce droit soient traduites en justice et condamnées et que toute partie à un conflit armé qui en viole les règles paie, le cas échéant, les compensations correspondantes. Mise en œuvre au niveau national 12. Nous considérons qu’un comité pluridisciplinaire réunissant des représentants de toutes les branches concernées de l’Etat et diverses organisations compétentes, dont la Société nationale de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge, peut être un mécanisme utile et efficace pour assurer la mise en œuvre du droit international humanitaire. Nous encourageons dès lors nos Parlements à favoriser la mise en place d'une telle structure si elle n’existe déjà, et à prendre des dispositions pour y être représentés et tenus informés de ses travaux et recommandations. 13. Nous accueillons tout conseil et assistance que les services compétents du Comité International de la Croix Rouge sont en mesure d'apporter à cet effet. Nous accueillons de même l'expertise du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de l’Organisation internationale des migrations (OIM), dans les domaines de leurs compétences respectives. Faciliter l'accès aux civils en cas de besoin 14. Nous convenons que tous les civils qui le nécessitent doivent être en mesure de bénéficier d’actions de secours humanitaire impartiales. Aussi promettons-nous d'agir en vue d'offrir aux organisations humanitaires un accès non restrictif aux populations qui, en temps de conflit armé, en ont besoin et de faciliter la libre circulation des matériels d'assistance. Les organisations humanitaires neutres, impartiales et indépendantes, à savoir le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que les autres organisations internationales, notamment le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, doivent compter sur notre soutien total pour un accès effectif et adéquat aux personnes civiles en vue de leur fournir protection et assistance humanitaire, en conformité avec les dispositions pertinentes du droit international. Diffusion du droit international humanitaire et des valeurs humanitaires ainsi que du droit international relatif aux réfugiés 15. Nous nous engageons à promouvoir la connaissance du droit international humanitaire et des valeurs humanitaires ainsi que du droit international des réfugiés parmi les parlementaires aux niveaux national, régional et sous-régional. 16. Nous souhaitons que des séminaires et des ateliers pour les parlementaires soient organisés sur ces questions aux niveaux national, régional et sous-régional avec la coopération des organisations compétentes, notamment par le biais de l'UPA et des autres organisations parlementaires africaines. 17. Nous encourageons le CICR et les Sociétés Nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge à intensifier leurs efforts pour diffuser les règles du droit international humanitaire dans nos Etats. Suivi de la Conférence Soucieux que cette première Conférence africaine ne demeure pas un acte isolé mais ouvre, au contraire, la voie à un processus de longue haleine qui favorise le renforcement dans nos Etats des règles du droit international humanitaire et du droit international relatif aux réfugiés pour une meilleure protection des populations civiles en cas de conflit armé, 18. Nous nous engageons à porter la présente Déclaration à l’attention de nos assemblées et à susciter en leur sein un débat de fond sur l’état de la législation nationale s’agissant du droit international humanitaire et du droit international relatif aux réfugiés et des pratiques et situations qui méritent notre attention, y compris eu égard à l'action des organisations humanitaires. 19. Nous entendons veiller à ce que nos parlements nationaux mandatent une de leurs Commissions permanentes pour superviser les actions parlementaires en relation avec le droit international humanitaire et le droit international relatif aux réfugiés, ou mettent en place une sous-commission à cet effet. 20. Nous encourageons également, en coopération avec l'OUA, le partage et l'échange d'information et d'expertise au sein des parlements africains en vue de contribuer à l'établissement d'un inventaire des pratiques africaines respectueuses du droit international humanitaire et du droit international relatif aux réfugiés. 21. Nous demandons aux organisateurs de la Conférence de transmettre cette Déclaration à l'OUA pour information et distribution aux réunions des Chefs d'Etat et du Conseil des Ministres. Nous leur demandons de même de la porter à l’attention des organes compétents de l’UPA, de l’Union interparlementaire et du CICR ainsi que des autres organisations internationales compétentes, telles le HCR et l’OIM. 22. Nous demandons aux autorités politiques compétentes de nos différents Etats d'inscrire les valeurs humanitaires et la protection des populations civiles dans le fonctionnement des organes de l’Union Africaine qui doit prendre le relais de l’OUA après le sommet de Durban, en Juillet 2002. Ces valeurs doivent en effet être intégrées dans la liste des outils et instruments juridiques pour servir de référence en cas de conflits armés. 23. Nous nous engageons à porter cette Déclaration à l’attention de nos Gouvernements et à les inciter à prendre toutes les dispositions nécessaires pour répondre aux préoccupations qu’elle traduit. 24. Nous demandons à l’UPA d’instituer le Comité de coordination de cette Conférence en organe permanent chargé de son suivi au sein de l’UPA, avec le soutien du Comité de l’Union Interparlementaire chargé de promouvoir le respect du DIH, du CICR et des autres organisations internationales compétentes, et appelons les partenaires dans l’organisation de la Conférence et les bailleurs de fonds qui en ont généreusement facilité la tenue, à soutenir et encourager son action de suivi. 25. Nous demandons à l'UPA, à l’Union interparlementaire et au CICR de diffuser largement les résultats de cette Conférence en vue d’en faciliter le suivi dans les domaines examinés. * * * Motion de remerciements Nous, Présidents et membres des Assemblées Parlementaires nationales d’Algérie, d’Angola, du Burkina Faso, du Cabo Verde, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, de l’Egypte, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, du Gabon, de la Guinée, du Kenya,, du Maroc, de la Mauritanie, du Niger, du Nigéria, du Sénégal, du Soudan, du Rwanda et de la Tunisie, participant à Niamey, du 18 au 20 février 2002, à la première Conférence parlementaire africaine sur le droit international humanitaire pour la protection des populations civiles en cas de conflit armé, 1. tenons à témoigner notre reconnaissance au Président de la République du Niger, S.E. M. Mamadou Tandja, dont la présence et les propos à l'ouverture de la Conférence témoignent de son attachement à notre idéal commun : la construction d'un Etat démocratique par la mobilisation de toutes les intelligences en vue d'un mieux-être en faveur de nos peuples; 2. tenons de même à manifester notre gratitude envers l’Assemblée nationale du Niger et son Président, M. Mahamane Ousmane, pour leur accueil généreux et les excellentes dispositions qu'ils ont prises pour accueillir la Conférence dans les meilleures conditions possibles; 3. souhaitons aussi remercier les experts pour leurs exposés et précieuses orientations; 4. invitons le Secrétaire Général de l'UPA à présenter aux Gouvernements du Canada, de la Norvège et de la Suisse l'expression de notre gratitude pour le soutien financier qu'ils ont généreusement accordé afin que cette conférence puisse avoir lieu et à explorer les possibilités de réunir les fonds nécessaires à l'avenir pour en garantir le suivi, notamment pour réaliser les séminaires et ateliers parlementaires proposés. Communication à la presse Message d'ouverture Communication à la presse |