17-04-2003 Revue internationale de la Croix-Rouge No. 849, p. 23-44 Les nouveaux conflits : une modernité archaïque ? ![]() Dans cet article, les auteurs analysent le concept de "nouveaux conflits". Un rapide survol historique montre que toutes les techniques qui caractérisent les "nouveaux conflits" furent utilisées durant des guerres du passé. Les combats d'aujourd'hui sont typiques de l'époque "post-bipolaire", et ils reflètent un Occident oublieux des réalités belliqueuses où, après deux générations de paix relative, toute guerre semble nouvelle.
Résumé Pour qualifier les guerres d'aujourd'hui, on parle communément de "nouveaux conflits". Ces affrontements semblent inédits parce qu'ils sont déstructurés, parce qu'ils font une majorité de victimes civiles et, en dernière analyse, parce qu'ils emploient un armement peu classique, faisant parfois appel au terrorisme. Un rapide survol historique montre que toutes ces techniques furent utilisées durant l'Ancien Régime déjà. Les Traités de Westphalie, en 1648, modifièrent certes la donne guerrière en privilégiant les affrontements entre États, et inaugurèrent une ère ou l'on tendra à épargner les populations désarmées tout en perfectionnant l'efficacité meurtrière de l'armement. Mais rapidement, ce modèle dégénéra. Il développa des potentialités destructrices insoupçonnées qui, depuis 1945, freinèrent la conflictualité traditionnelle, susceptible d'aboutir à l'anéantissement de la planète. Par ailleurs, il suscita un retour à des pratiques plus traditionnelles dont les nouveaux conflits sont maintenant les héritiers. Dans le prolongement de cette tendance, les combats d'aujourd'hui sont typiques de l'époque "post-bipolaire", et ils reflètent un Occident oublieux des réalités belliqueuses où, après deux générations de paix relative, toute guerre semble immanquablement nouvelle.
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