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31-03-2003  Revue internationale de la Croix-Rouge No. 849, p. 7-22 par Herfried Münkler
Les guerres du XXIe siècle
Cet article définit et examine les principales caractéristiques des « nouvelles guerres » du XXIe siècle. Trois phénomènes sont analysés en particulier : l’asymétrie ; la démilitarisation ; et la privatisation et la commercialisation de la guerre. L’auteur fait valoir que ces tendances vont probablement continuer à influer sur de nombreuses guerres dans l’avenir proche, à moins que des changements géopolitiques et économiques majeurs n’interviennent dans les relations internationales.

Résumé

Cet article identifie et fait ressortir les traits saillants des "nouvelles guerres" du XXIe siècle et analyse trois phénomènes qui leurs sont propres : l'asymétrie, la "démilitarisation" ainsi que la privatisation et la commercialisation de la guerre.

L'asymétrie entre les parties aux conflits est le premier élément pour distinguer les guerres actuelles de celles du siècle dernier. L'auteur explique ce point de vue en liant la théorie de la vitesse à la guerre : d'un côté les belligérants bénéficiant d'une technologie plus performante l'utilisent comme moyen pour accélérer la guerre et obtenir ainsi une victoire rapide ; de l'autre côté les guérilleros, en ralentissant la guerre, leur font payer cette accélération au prix fort. C'est entre autres pour cette raison que les sociétés les plus avancées sur le plan technologique n'ont pas nécessairement l'ascendant sur leur ennemi dans les conflits asymétriques.

Deuxièmement, les "nouvelles guerres" vont se "démilitariser" parce qu'elles ne seront plus combattues uniquement par des soldats et qu'elles ne seront plus dirigées principalement contre des cibles militaires. Ces changements reflètent à nouveau les effets d'une stratégie asymétrique. Cette tendance est accentuée et liée à la confusion sur les règles humanitaires applicables dans les conflits déstructurés ou transnationaux.

Le troisième élément est l'augmentation de la privatisation et de la commercialisation des conflits. Les événements du 11 septembre 2001 ont montré que parmi les parties aux conflits peuvent figurer des groupes criminels ou terroristes transnationaux. Cela pourrait aboutir à conflits privés entre certains États et ces types d'acteurs internationaux. Le phénomène des seigneurs de la guerre tirant profit du conflit et ayant de ce fait un intérêt dans la continuation de celui-ci a déjà ressurgi lors des "nouvelles guerres". L'article retrace aussi l'aspect historique de cette commercialisation de la guerre.

L'auteur conclut que ces tendances vont probablement continuer à affecter la majorité des guerres dans un avenir proche, à moins qu'un retour à la stabilité des États puisse freiner la privatisation et la démilitarisation de la guerre. La globalisation pourrait également équilibrer la distribution du pouvoir et de la richesse, en diminuant les causes sous-jacentes des conflits asymétriques.

pdf fileTexte intégral en anglais,  format PDF (127 kb)

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