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Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
15-04-2003  Déclaration  
Groupes et individus particuliers: exodes massifs et personnes déplacées
59ème session de la Commission des droits de l'homme de l'ONU
Point 14 de l'ordre du jour - 15 avril 2003
Déclaration du Comité international de la Croix-Rouge

Madame la Présidente,

Les conflits armés s’accompagnent de plus en plus souvent de mouvements massifs de population. Cela ne veut pas dire que le déplacement de civils soit une conséquence inéluctable de la guerre. Le droit international humanitaire interdit, tant dans les conflits internationaux que dans les conflits non internationaux, le déplacement forcé de civils, qui ne doit jamais être l’un des objectifs du conflit. Lorsque les civils ne sont pas déplacés par la force, il est fréquent qu’ils soient contraints de fuir en raison de violations des règles fondamentales, notamment la destruction des biens indispensables à leur survie, y compris le bétail et les systèmes d’approvisionnement en eau. C’est la raison pour laquelle il est essentiel de garantir le respect du droit international humanitaire afin de prévenir de tels déplacements.

Les personnes qui, malgré tout, sont déplacées à l’intérieur de leur pays continuent à avoir droit à la protection que le droit international humanitaire accorde aux civils, car elles font partie intégrante de la population civile. Du fait de leur vulnérabilité spécifique, elles ont droit aussi à certaines garanties supplémentaires ; ainsi, des efforts particuliers doivent être faits pour préserver l’unité familiale et assurer à ces personnes un abri et une aide matérielle.

Madame la Présidente,

À qui incombe la responsabilité de répondre aux besoins des personnes déplacées en matière de protection et d’assistance ? On observe à cet égard une tendance à s’adresser immédiatement aux organisations internationales de secours. S’il est vrai que celles-ci ont un rôle important à jouer, il ne faut pas pour autant oublier que la satisfaction des besoins des personnes déplacées relève au premier chef de l’État où les civils se trouvent. En cas d’occupation, la puissance occupante doit répondre aux besoins en protection et aux besoins matériels de toute la population des territoires occupés. Lorsque les autorités nationales ou la puissance occupante ne peuvent pas ou ne veulent pas s'acquitter de leurs obligations de protéger et assister les personnes déplacées, des actions de secours des organisations humanitaires peuvent être envisagées. La complexité et l’ampleur des conséquences humanitaires de la plupart des crises actuelles dépassent souvent de loin les capacités de telle ou telle organisation prise isolément. Pour que les efforts déployés en faveur des bénéficiaires soient aussi efficaces que possible, il est nécessaire de coordonner les activités humanitaires. Le CICR est animé, dans ses efforts de coordination, par la volonté d’atteindre la plus grande complémentarité possible en harmonisant les actions et évitant tout chevauchement d’activités. C’est dans ce but qu’il a engagé un dialogue suivi avec les militaires, les gouvernements et les acteurs humanitaires, et qu’il siège, en qualité d’invité permanent, au sein d’organismes dirigés par les Nations Unies et de l’Unité sur les personnes déplacées. Le même souci d’efficacité sert de fondement à la coopération entre le CICR et le HCR. Dans le cas de l’Irak, par exemple, le CICR et le HCR ont rédigé une note conjointe qui donne à leurs collaborateurs sur le terrain des orientations quant à leurs efforts respectifs de protection et d’assistance en faveur des personnes déplacées et des réfugiés, de part et d’autre des frontières irakiennes.

Madame la Présidente,

Bien que la coordination revête pour lui une importance croissante, le CICR tient aussi à insister sur la nécessité de préserver sa neutralité et son indépendance, essentielles à son mandat spécifique. De manière plus générale, le CICR tient à souligner que les acteurs humanitaires, qui portent secours aux personnes touchées par les conflits armés, doivent conserver leur identité, leur impartialité et leur neutralité. Ce point est essentiel pour assurer tant la sécurité et le bien-être des bénéficiaires que la sécurité du personnel humanitaire. Dans un monde toujours plus complexe, marqué par des relations toujours plus complexes entre des acteurs toujours plus nombreux, qu’il s’agisse des États, des forces armées régulières, des groupes armés organisés, des organisations intergouvernementales ou des ONG, il est crucial d’éviter toute confusion entre ces acteurs et leurs responsabilités respectives. Il est en effet extrêmement préoccupant de voir que, depuis quelque temps, les humanitaires sont de plus en plus souvent victimes d’enlèvements, voire d’assassinats, découlant de confusions de cet ordre et d’une acceptation moindre de la présence du personnel humanitaire dans certains pays. L’assassinat d’un membre du personnel international du CICR, survenu récemment en Afghanistan, nous rappelle douloureusement les problèmes que rencontrent aujourd’hui sur le terrain les humanitaires, des problèmes qui compromettent et limitent leur mission.

En conclusion, Madame la Présidente, nous devons tout faire pour que les principes d’impartialité, de neutralité et d’indépendance se transforment en des actions concrètes. Nous ne devons pas hésiter à les défendre, surtout en période de crise, au moment où les personnes qu’ils sont destinés à protéger sont le plus dans le besoin.

Merci Madame la Présidente.

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15-04-2003