François Bugnion
est directeur du droit international et de la coopération au sein du Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge au Comité international de la Croix-Rouge
Au moment de la fondation de la Croix-Rouge et de l'adoption de la première Convention de Genève pour l'amélioration du sort des militaires blessés dans les armées en campagne du 22 août 1864, la France est encore perçue comme la Puissance dominante sur le continent. Le Second Empire brille de tous ses feux et c'est à Paris, où tous les pays sont représentés, que se traite une large part des affaires internationales.
Quelle sera l'attitude de la France vis-à-vis de la nouvelle institution ? Quelle sera celle de la Troisième République, qui succédera bientôt à l'Empire, entraîné dans le naufrage de Sedan ? Quelle sera enfin l'attitude de la France belligérante lors de la guerre franco-allemande de 1870-71 et lors de la Première Guerre mondiale ? Telles sont les questions auxquelles Véronique Harouel, docteur en droit et historienne, s'est proposé de répondre dans le cadre d'un ouvrage Véronique Harouel, Genève – Paris 1863 – 1918, Le droit humanitaire en construction, Société Henry Dunant, Comité international de la Croix-Rouge, Croix-Rouge française, Genève, 2003.
dense et fouillé qui analyse les relations entre la France et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de la fondation de ce dernier, en 1863, à la fin de la Première Guerre mondiale. Cet ouvrage vient d'être publié par la Société Henry Dunant, avec le concours du CICR et de la Croix-Rouge française.
S'il fallait caractériser par un mot l'attitude de la France vis-à-vis du CICR, c'est celui d'ambivalence qu'il faudrait retenir. Les Anglo-Saxons parleraient d'une « love-hate relationship ».