Résolution
Le Conseil des Délégués,
accueillant avec satisfaction le rapport du CICR sur le suivi de la résolution 8 de 2001 concernant la Convention de 1980 sur certaines armes classiques ainsi que de la résolution 10 de 1999 adoptant la Stratégie du Mouvement concernant les mines,
demeurant alarmé à la fois par le grand nombre de personnes qui, pendant et après un conflit armé, et alors que ces morts et ces blessures pourraient être évitées, sont victimes des mines terrestres et des débris de guerre explosifs, alors que ces armes ne servent plus aucun but militaire, et par les conséquences dévastatrices à long terme, pour les civils, de la présence de ces engins,
sachant que les effets similaires, pour les populations civiles, des mines terrestres et des débris de guerre explosifs demandent des actions similaires sur le plan humanitaire, y compris l’établissement de normes juridiques, la sensibilisation des communautés affectées aux dangers posés par ces engins, la fourniture de soins et d’assistance aux victimes, et l’adoption de mesures destinées à faciliter les opérations de déminage,
exprimant sa satisfaction devant les progrès significatifs accomplis, en matière de destruction des mines antipersonnel, de sensibilisation et de déminage, depuis l’entrée en vigueur, en 1999, de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (ou «Convention d’Ottawa»), et rappelant la contribution déterminante apportée par les composantes du Mouvement à la réalisation de ces progrès,
insistant sur la nécessité d’une adhésion universelle à la Convention d’Ottawa ainsi que sur l’importance de la poursuite des efforts déployés par les composantes du Mouvement afin de promouvoir cet objectif,
soulignant que la période entre la première Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa, en 2004, et les premières échéances en matière de déminage (fixées en 2009 pour de nombreux États parties) constituera une étape cruciale de l’action visant à s’assurer que les promesses faites par la Convention aux communautés touchées par le problème des mines seront tenues,
exprimant sa satisfaction devant les résultats de la Conférence d’examen de 2001 des États parties à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques, conférence qui a étendu aux conflits armés de caractère non international la portée de la Convention, qui a débouché sur des négociations relatives aux débris de guerre explosifs et qui a demandé de nouveaux travaux sur les mines anti-véhicules,
prenant note des progrès réalisés par les États parties à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques dans les négociations en vue de l’adoption d’un nouveau Protocole relatif aux débris de guerre explosifs,
ou [11] prenant acte avec satisfaction de l’adoption d’un nouveau Protocole relatif aux débris de guerre explosifs,
1. prolonge jusqu’en 2009 la période de mise en œuvre de la Stratégie du Mouvement concernant les mines et étend la portée de la Stratégie pour que celle-ci couvre l’ensemble des débris de guerre explosifs;
2. invite toutes les composantes du Mouvement à mobiliser leurs membres et leur personnel, la société civile, les médias et les gouvernements afin d’obtenir, d’ici à la tenue de la Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa, en 2004, et aux niveaux politiques les plus élevés, un engagement vis-à-vis de la pleine application de la Convention, en particulier à travers l’intensification des efforts déployés pour terminer les opérations de déminage dans le délai fixé de 10 ans (les premières échéances arrivant en 2009) ainsi que la mobilisation de ressources adéquates permettant de réaliser la totalité des objectifs de la Convention;
3. [12]engage toutes les composantes du Mouvement à s’associer aux efforts déployés pour faire en sorte que les États parties à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques adhèrent au nouveau Protocole relatif aux débris de guerre explosifs, et que les États non encore parties adhèrent à la Convention elle-même, à tous ses Protocoles et à la modification adoptée en 2001, étendant la portée de la Convention aux conflits armés de caractère non international; [si le Protocole a été adopté]
ou engage toutes les composantes du Mouvement à s’associer à l’intensification des efforts déployés pour faire en sorte que les États parties à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques adoptent en 2004 un Protocole efficace et juridiquement contraignant relatif aux restes explosifs des guerres, et que les États non encore parties adhèrent à la Convention elle-même, à tous ses Protocoles et à la modification adoptée en 2001, étendant la portée de la Convention aux conflits armés de caractère non international; [si les négociations se poursuivent]
ou engage toutes les composantes du Mouvement à s’associer à l’intensification des efforts déployés pour faire en sorte qu’un régime international efficace soit établi afin de prévenir et faire cesser les souffrances humaines causées par les débris de guerre explosifs, et que les États non encore parties adhèrent à la Convention de 1980 sur certaines armes classiques, à tous ses Protocoles et à la modification adoptée en 2001, étendant la portée de la Convention aux conflits armés de caractère non international; [si le Protocole a été adopté, mais avec des résultats insatisfaisants]
4. engage toutes les composantes du Mouvement à œuvrer pour faire en sorte que les États adoptent des mesures efficaces en vue de réduire le risque que des munitions se transforment en débris de guerre explosifs, et de faire cesser l’emploi des sous-munitions de bombes à dispersion et d’autres engins contre des objectifs militaires situés à l’intérieur ou à proximité de zones civiles;
5. prie le CICR de présenter au Conseil des Délégués de 2005 un rapport sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la Stratégie du Mouvement concernant les mines, ainsi que sur les débris de guerre explosifs et sur l’élargissement du champ d’application de la Convention de 1980 sur certaines armes classiques.
Notes
1. Cette expression couvre le large éventail des munitions explosives (non explosées ou abandonnées) qui subsistent dans une zone après la fin d’un conflit. Ce sont, notamment, les obus d’artillerie, les grenades, les mortiers, les sous-munitions de bombes à dispersion et autres sous-munitions, les roquettes et les missiles.
2. Voir les resolutions de l’Assemblée générale 51/45S (1996), 52/38A (1997), 53/77N (1999), 54/54B (2000), 55/33V (2000), 56/24 (2001), 57/74 (2002).
3. Les données citées dans cette section sont tirées des informations publiées, d’une part, par les États parties dans leurs rapports annuels, présentés au Secrétariat des Nations Unies conformément à l’article 7 de la Convention d’Ottawa (informations disponibles sur le site http ://disarmament.un.org), d’autre part, par l’unité spéciale (ISU) créée par l’assemblée des États parties à la Convention d’Ottawa (www.gichd.ch/mbc/isu) et, enfin, par le Landmine Monitor (www.lm-online.org).
4. En vertu de l’article 4 de la Convention d’Ottawa, chaque État partie est tenu de détruire tous ses stocks de mines antipersonnenel au plus tard quatre ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie.
5. Voir l’article 6, paragraphe 7, de la Convention d’Ottawa.
6. L’article 6, paragraphe 4, de la Convention d’Ottawa précise : «Chaque État partie qui est en mesure de le faire fournira une assistance au déminage et pour des activités connexes. Cette assistance peut être fournie, entre autres, par le biais des organismes des Nations Unies, d’organsiations ou institutions internationales ou regionales, d’organisations ou institutions non gouvernementales ou sur une base bilatérale, ou bien encore en contribuant au Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies pour l’assistance au déminage ou à d’autres fonds régionaux qui couvrent le déminage».
7. Voir l’article 6, paragraphe 3, de la Convention d’Ottawa.
8. Il s’agit notamment des séminaires et ateliers suivants : Abuja (octobre 2001), Tunis (janvier 2002), Bangkok (mai 2002), Kinshasa (mai 2002), Kaboul (août 2002), Oslo (septembre 2002), Yerevan (octobre 2002), Moscou (novembre 2002), Prétoria (juin 2002 et juin 2003), Kiev (février 2003) et Brazzaville (mai 2003). Le CICR et certaines Sociétés nationales ont également joué un rôle actif lors des assemblées annuelles des États parties à la Convention d’Ottawa (Genève en 2002, Bangkok en 2003) ainsi que lors des réunions, deux fois par an, des Comités permanents intersessions établis par la Convention.
9. De telles expositions ont été mises sur pied par le CICR et les Sociétés nationales en Australie (mars 2002), Malaysie (mars-avril 2002), Thaïlande (mai 2002), Fédération de Russie (novembre 2002), Pologne (mars 2003) et Ukraine (février 2003). De façon plus générale, les Sociétés nationales ont organisé toute une gamme d’activités pour sensibiliser les jeunes et le grand public au problème des mines antipersonnel.
10. Angola, Éthiopie, Mozambique, Pakistan, Tchad, Érythrée, Liban, Syrie, Nicaragua, Soudan, Zimbabwe, Myanmar, Afghanistan, Ouganda, Viet Nam, Cambodge, Colombie, Kenya, Azerbaïdjan, Géorgie, Irak, Rwanda, Tadjikistan, Rép. dém. du Congo, Sri Lanka, Sierra Leone, Algérie, Yémen, Namibie, Corée du Nord , Albanie et Féd. de Russie.
11. En fonction des progrès réalisés dans les négociations, l’une ou l’autre des possibilités sera choisie.
12. Comme ci-dessus, l’une ou l’autre des possibilités sera choisie en fonction des progrès réalisés dans les négociations.
Voir Agenda pour l'action humanitaire, XXVIIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, 2 au 6 décembre 2003
CD 2003 - 8.3/1
Original : anglais