Les participants au 10e séminaire conjoint Union africaine/CICR, qui s'est tenu le 27 mai 2008 au Centre de conférence de l'Union africaine sur le thème Déplacement interne de populations dans les conflits armés et autres situations de violence, se sont dits profondément préoccupés par le sort des civils et les déplacements de populations dans les situations de conflit. Dans le cadre de ce séminaire, ils ont étudié en détail le cadre juridique, le mandat des organisations qui œuvrent en faveur des déplacés internes, et les moyens à mettre en œuvre pour préserver et renforcer au mieux la capacité d'autonomie des personnes déplacées tout en répondant à leurs besoins de protection et d'assistance.
Les recommandations suivantes ont été formulées :
1. Toute mesure politique ou opérationnelle destinée à améliorer le sort des personnes victimes de déplacement interne, y compris des communautés qui accueillent des personnes déplacées, doit s'inscrire dans le cadre juridique en vigueur aux niveaux international, régional et national .
2. La prévention étant de loin le meilleur moyen de faire face au problème du déplacement de populations, il importe que les États membres de l'Union africaine prennent des mesures pour mieux atteindre cet objectif.
3. Les déplacements forcés de populations doivent être évités en vertu du droit international, sauf si la sécurité de la population civile ou d'impérieuses raisons militaires l'exigent.
4. Il est important que la future Convention de l'Union africaine sur la protection et l’assistance des déplacés internes en Afrique maintienne et renforce les normes de droit international existantes en matière de déplacement de populations.
5. Il incombe en premier lieu aux parties au conflit de résoudre les problèmes résultant du déplacement de populations et de veiller à ce que les personnes déplacées bénéficient d'une protection et d'une assistance, compte tenu du fait que la plupart de ces personnes sont des citoyens du territoire sur lequel elles se trouvent.
6. Le sort des personnes déplacées doit être examiné en tenant compte des difficultés que rencontre l'ensemble de la population touchée, tout en reconnaissant que les déplacés internes ont des besoins en protection et en assistance spécifiques et urgents, et que leur déplacement peut avoir de graves implications pour la population qui les accueille. Les États membres de l'Union africaine et les autres acteurs humanitaires devraient par conséquent aborder le problème du déplacement de populations de façon globale, afin de répondre à la fois aux besoins urgents des personnes déplacées et à ceux des communautés d'accueil.
7. Toutes les activités menées en faveur des personnes déplacées doivent être adaptées aux besoins spécifiques qui ont été évalués, et toutes les évaluations doivent recenser à la fois les besoins en protection et en assistance, afin que des mesures appropriées soient mises en œuvre.
8. Compte tenu de l'ampleur du phénomène du déplacement de populations, qu'aucune organisation ne peut enrayer à elle seule, l'accent doit être mis sur l'intensification des opérations, une coordination efficace et une complémentarité opérationnelle entre les acteurs sur le terrain, afin d’apporter une réponse globale à ce problème.
9. Les conditions à un retour et à une réintégration durables des personnes déplacées doivent être garanties, c'est-à-dire non seulement les mesures socio-économiques qui s'imposent, mais aussi une culture du respect des droits des civils en vertu du droit international humanitaire et des droits humains.
En conclusion, les participants au séminaire ont exprimé le souhait que ces recommandations soient soumises pour examen aux chefs d'État et de gouvernement à l'occasion du Sommet spécial de l'Union africaine qui se tiendra fin 2008, par l'intermédiaire du Sous-comité du COREP sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées.