« L'Afghanistan est toujours en guerre », a rappelé le président du CICR, Jakob Kellenberger, aux participants à la conférence. « Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants sont tués, mutilés ou déplacés. Des millions d'Afghans craignent pour leur vie et pour l'avenir de leurs enfants. Il est absolument essentiel que les parties au conflit respectent le droit international humanitaire et épargnent aux civils les effets directs ou indirects des hostilités », a-t-il ajouté.
Du fait des combats entre les forces afghanes et internationales, d'une part, et l'opposition armée, d'autre part, de nombreuses communautés rurales demeurent isolées. Leurs membres doivent faire face à d'énormes difficultés, notamment en ce qui concerne l'accès aux soins de santé primaires, à l'alimentation, à l'eau potable et aux services sanitaires. Ceux qui s'aventurent à transporter leurs proches blessés ou malades depuis les régions de montagne vers les villes, pour qu'ils puissent y être soignés, le font au péril de leur vie, en raison de l'insécurité. Dans de nombreuses régions, la situation tragique des habitants est encore aggravée par l'imminence d'une sécheresse ainsi que par la crise alimentaire mondiale, et l'inflation galopante qui en résulte. La vie de nombreux Afghans est en outre mise en péril par la présence de restes explosifs de guerre et de mines antipersonnel.
Des milliers de personnes vivant dans des régions reculées du pays doivent abandonner leur foyer pour chercher refuge dans des zones plus sûres, où elles dépendent de l'aide que leur offrent des membres de leur famille pour survivre. Leur présence soumet à encore plus rude épreuve les services de santé et d'assainissement déjà surchargés, dans des régions comme Kandahar, Helmand et même Kaboul.
« Notre priorité est d'intensifier nos efforts pour répondre aux besoins aigus et urgents qu'il n'a pas été possible de satisfaire à ce jour, le manque de sécurité empêchant les secours d'être acheminés vers les communautés les plus vulnérables, a expliqué M. Kellenberger. Le CICR appelle toutes les parties au conflit à tout mettre en œuvre pour garantir, en priorité, le respect du droit international humanitaire, s'agissant en particulier de la protection et de l'assistance à la population civile. »
Le CICR mène des activités de manière ininterrompue dans le pays depuis plus de 20 ans. L'Afghanistan représente la quatrième opération la plus importante de l'institution, avec plus de 1 200 collaborateurs à l'œuvre dans le pays, et un budget pour l'année 2008 d'environ 60 millions de francs suisses (60 millions de dollars US), soit une augmentation de 25 % par rapport à l'année dernière.
Informations complémentaires :
Graziella Leite Piccolo, CICR Kaboul, tél. : +93 700 282 719
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