En 2006, 3,5 millions de déplacés internes ont bénéficié des opérations du CICR dans 19 pays, soit environ 300 000 de plus que l'année précédente.
Lors de la conférence de presse organisée à Genève à l’occasion de la sortie du Rapport annuel, M. Kellenberger a déclaré que le CICR avait déjà dû lancer un nouvel appel de fonds pour 2007 en faveur de quatre pays – le Soudan, l’Irak, la Somalie et le Tchad. La raison principale, a-t-il ajouté, en est l'augmentation des activités en faveur des personnes déplacées par un conflit, notamment la fourniture de secours alimentaires, d’articles non alimentaires essentiels, d’eau et d'assistance médicale.
Citant l’exemple de la Somalie, le président a affirmé que le CICR avait déjà achevé la distribution de matériel pour abris et d’articles non alimentaires de première nécessité à 300 000 personnes ayant été contraintes de fuir de Mogadiscio lors des intenses combats de mars et avril 2007, et qu’en outre, il avait presque terminé la distribution de vivres à quelque 210 000 personnes.
Le président a souligné la manière de procéder du CICR, qui consiste à aider non seulement les personnes déracinées par le conflit, mais également les populations locales fortement mises à contribution pour les accueillir. Dans des contextes comme le Darfour, a-t-il ajouté, le fait que le CICR soit reconnu comme un acteur neutre et indépendant l’aide à mettre en œuvre cette politique.
M. Kellenberger a fait remarquer que le nombre croissant de déplacés internes était l’une des cruelles caractéristiques des conflits actuels.
« Il ne fait aucun doute qu'un meilleur respect du droit international humanitaire réduirait l’ampleur des déplacements. »
Sri Lanka et Irak
Au cours de la conférence de presse, M. Kellenberger a également parlé de la détérioration de la situation à Sri Lanka, où l’intensification du conflit contraint de plus en plus de personnes à fuir de leur foyer.
Actuellement, le nombre de personnes déplacées s’élève à près de 300 000, dont la moitié environ se trouvent dans la région de Batticaloa.
M. Kellenberger a indiqué que pour les opérations qu’il mène à Sri Lanka en faveur des victimes de la violence, le CICR aurait probablement besoin d’un financement plus important que celui qui avait été originellement prévu pour 2007
Répondant à une question sur l’Irak, il a rappelé que le CICR avait demandé récemment une rallonge de 35 millions de francs suisses pour financer des opérations cette année, telles que la fourniture de vivres et d’articles non alimentaires, la réparation d’installations hydrauliques et le soutien à des structures sanitaires et médicales.
Il a dit également que le CICR continuait à visiter plus de 17 000 détenus qui se trouvent entre les mains des forces de la coalition et des autorités régionales kurdes. Le CICR poursuit en outre des négociations pour pouvoir entamer des visites aux personnes détenues par les autorités irakiennes.
Nahr al-Bared
Lors de sa rencontre avec la presse, le président Kellenberger a également parlé de la situation qui règne actuellement à Nahr al-Bared, camp de réfugiés palestiniens situé dans le nord du Liban.
« Nous sommes vivement préoccupés par l’escalade de la violence qui s'est produite récemment. Nous avons rappelé clairement à tous ceux qui sont impliqués dans ces actes de violence qu'ils doivent respecter le droit international humanitaire, et en particulier les civils et le personnel médical. »
Il a rendu hommage au travail réalisé par le Croissant-Rouge palestinien et la Croix-Rouge libanaise pour traiter et évacuer les blessés, et il a déclaré que le CICR continuerait à offrir un soutien matériel aux deux Sociétés.
Le CICR a déjà fourni 20 tonnes de secours d’urgence au camp de Beddaoui, où des milliers de civils se sont réfugiés pour échapper aux combats. En outre, un convoi de 11 camions transportant 220 tonnes de vivres d'Amman (Jordanie) à Tripoli était en route au moment où se déroulait la conférence de presse.