Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
chad-interview2-050208
5-02-2008  Interview  
Tchad : répondre à la violence
Le chef de la délégation du CICR à N'Djamena, Thomas Merkelbach, décrit la réponse du CICR et de la Croix-Rouge du Tchad aux événements violents ayant éclaté dans le pays. Interview réalisée par Frédéric Joli, responsable de la communication du CICR à Paris.

© CICR
Thomas Merkelbach

Thomas, quelle est la situation, ce matin, N'Djamena?

La ville est relativement calme. Nous sommes capables de bouger. On a pu amener notre équipe chirurgicale à l'hôpital de La Liberté. Elle est en train de travailler. Avec les volontaires de la Croix-Rouge du Tchad nous sommes un peu partout dans la ville pour, à la fois, prendre en charge les blessés et aussi assurer le ramassage des morts.

D'autres parmi nos gens conduisent des reconnaissances dans les centres de détentions et, également, dans tous les hôpitaux, hors celui dans lequel nous travaillons, pour évaluer les besoins et avoir une idée plus globale des dégâts et du nombre victimes.

Pour les populations civiles qui sont restées dans N'Djamena, quelle est l'ambiance en ce moment?

La situation commence légèrement à se détendre. Les habitants ont le même problème que nous face à la très grande incertitude sur l'évolution de la situation dans les prochaines heures voire les prochains jours. Le plus grand problème est là.

Il y a eu des pillages, particulièrement dans le centre ville, mais aussi au niveau du marché, provoquant rapidement des problèmes dans l'approvisionnement de certaines denrées. Cette situation risque de s'aggraver si les choses ne reviennent pas rapidement à la normale.

Il est clair que dans certains quartiers se posent les questions de savoir comment sortir où encore manger…

Comment se passe le travail avec la Croix-Rouge du Tchad et puis aussi avec l'équipe de Médecins Sans Frontières?

Le travail avec la Croix-Rouge du Tchad se passe très bien. Les volontaires ont été magnifiques dès le départ. Ils étaient les premiers à être dans les rues, à ramasser des blessés, à essayer de les acheminer vers les hôpitaux plus ou moins accessibles. Ils ont fait un merveilleux travail.

Nous avons, dès le début de bons contacts avec nos collègues de Médecins Sans Frontières. Nous nous sommes bien coordonné avec ceux qui ont pu maintenir une présence hospitalière, comme MSF France dans l'hôpital Bon Samaritain au Sud de la ville par exemple. La Croix-Rouge du Tchad a pu acheminer des blessés civils. Nous avons aussi de bonnes relations avec la section luxembourgeoise de MSF qui nous a donné accès à des stocks, médical et chirurgical.

Quelles sont les principales difficultés ?

L'information. La ville est assez étendue et communicationnelle généralement avec des téléphones portables. Mais les réseaux sont toujours hors service, ce qui fait que l'information circule extrêmement mal. Il y a quelques lignes terrestres. Il persiste donc de gros problèmes, pour savoir ce qui se passe d'un bout de la ville à l'autre. Il y a aussi l'incertitude en ce qui concerne l'évolution de la situation.

S'agit-il d'une trêve qui pourrait perdurer ou au contraire d'une accalmie très temporaire ?

Nous ne savons pas pour l'instant.

Qu'elle est l'acceptation du CICR et de la Croix-Rouge du Tchad par les différentes parties ?

On a des contacts avec à peu près toutes les parties impliquées ou qui pourraient l'être. Je dois dire, qu'il y a eu, jusqu'à présent, un respect général de la mission de la Croix-Rouge. La mission médicale s'est plutôt bien déroulée.

J'insiste, il faut absolument que cela continu, voire, que ce soit partout pareil, dans tous les hôpitaux. C'est la chose la plus importante pour l'instant : Pouvoir donner accès à tous les blessés, à toutes les personnes qui ont besoin de services médicaux ou chirurgicaux. Ca fait longtemps que le CICR est dans le pays, il connaît à peu près toutes les parties en jeux et bénéficie du respect de tout le monde. Maintenant, il est clair qu'il peut y avoir des dérapages. C'est cela la qu'il faut essayer d'éviter.

Si la situation venait à s'aggraver, est-ce qu'on a les moyens d'amplifier nos actions ?

Nous avons mis en route une deuxième équipe chirurgicale qui sera dans les environs, en principe, à partir de demain. Tout dépendra de la situation ici, et des décisions que nous prendrons pour la faire arriver à N'Djamena. Pour la chirurgie de guerre, nous aurons le soutien nécessaire. Nous sommes en train de nous organiser pour apporter des ressources additionnelles, en chirurgie notamment. Pour l'instant la situation est sous contrôle dans les hôpitaux mais si les combats reprennent il faudra pouvoir rapidement renforcer ces réserves. Nous envisageons également de renforcer les équipes avec nos collègues présents au Tchad dans d'autres régions comme ceux basés à Abéché, à l'est du pays, en charge là-bas de détention, nous avons l'équipe sur place qui peut agir et donc là, je pense, pour l'instant on est de l'eau, de l'assainissement, de l'assistance et de la sécurité alimentaire, etc… Nous pourrons faire descendre cette équipe si la situation le permet et si le besoin existe.

Partager :
Autres documents dans cette section :
Dans le monde > Afrique > Tchad 

Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2008  Comité international de la Croix-Rouge
5-02-2008