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7-02-2008  Le point sur les activités  
Tchad : sauver des vies alors que les combats diminuent
Le samedi 2 et le dimanche 3 février, de violents affrontements entre rebelles et soldats à N’Djamena ont fait des centaines de blessés et de nombreux morts, et poussé des milliers de personnes à fuir la capitale. Depuis lundi, les combats ayant diminué d’intensité, les membres du CICR et de la Croix-Rouge du Tchad ont pu intervenir pour sauver la vie des victimes du conflit armé.

© Reuters
Des civils fuient les combats à N'Djamena.

Situation humanitaire

Le samedi 2 et le dimanche 3 février, des combats acharnés ont secoué N'Djamena, suite à l’entrée de groupes armés dans la capitale tchadienne. Pendant deux jours, de violents affrontements entre l'armée nationale tchadienne et des groupes d'opposition armés ont contraint les civils et les humanitaires à rester cloîtrés chez eux. La Croix-Rouge du Tchad a fait exception à la règle. En effet, en dépit du danger, les volontaires de la Société nationale ont fait preuve d'un courage exceptionnel et d'un sens du devoir extraordinaire, donnant les premiers soins aux blessés et les évacuant malgré l'intensité des combats. Une grande partie de la communauté internationale a été évacuée de N'Djamena, dont la plupart des membres du personnel humanitaire basés dans la capitale. Des maisons et des magasins ont été pillés. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de même qu'un très petit nombre d'ONG internationales ont décidé de rester sur place, attendant le moment où ils pourraient commencer à aider les personnes touchées par le conflit.

Le lundi 4 février, les combats ont diminué d'intensité. Depuis, le CICR et la Croix-Rouge du Tchad n’épargnent aucun effort pour sauver la vie des victimes des affrontements du week-end dernier.

Malgré un calme relatif, l'avenir reste incertain. Des dizaines de milliers de personnes traversent en flot continu le fleuve Chari pour trouver refuge au Cameroun. On parle aussi de Tchadiens réfugiés au Nigéria, au Niger et en République centrafricaine. Dans chacun de ces pays, la Société nationale de la Croix-Rouge a immédiatement pris les mesures nécessaires pour accueillir les réfugiés et organiser les premiers secours, en attendant la mobilisation de la communauté humanitaire internationale.

Activités de la Croix-Rouge à N'Djamena

Sur le plan médical

Après que les combats eurent diminué d'intensité, le CICR a été en mesure de commencer à travailler. La première priorité a été de traiter les personnes blessées pendant le week-end. Selon l’institution, jusqu'à 1 000 combattants et civils auraient été blessés. Les structures médicales de N'Djamena ont été débordées vu le nombre important de personnes qui cherchaient à se faire soigner – problème aggravé par le fait que le personnel de ces structures avait été obligé de fuir les combats. Lundi, le CICR a pu affecter une équipe chirurgicale à l'hôpital de la Liberté et il a fourni des assortiments de pansements et des secours chirurgicaux à six établissements médicaux soignant les blessés. Une deuxième équipe chirurgicale du CICR est arrivée à N'Djamena le 7 février.

L'association MSF France a elle aussi une équipe chirurgicale opérationnelle dans le sud de la ville, et une autre équipe chirurgicale est arrivée le 6 février.

Avec le soutien financier du CICR, la Croix-Rouge du Tchad a affecté 35 volontaires à deux hôpitaux où ils donnent des soins de base aux blessés. La Croix-Rouge du Tchad a également évacué les blessés.

Traitement des dépouilles mortelles

De nombreuses personnes sont mortes pendant le week-end. Depuis mardi, la Croix-Rouge du Tchad, avec le soutien du CICR, procède au ramassage des corps, et les autorités locales ont trouvé des endroits où les enterrer. Le CICR et la Société nationale sont pleinement conscients de la nécessité de traiter les dépouilles mortelles avec dignité et de faire en sorte que les familles soient informées. Ils font donc tout ce qu'ils peuvent pour identifier les corps et enregistrer les endroits où ceux-ci sont enterrés, bien que cela soit souvent impossible. Toutefois, des préoccupations relatives à la santé publique font qu'il devient impératif d'enterrer les corps rapidement, mais il est probable qu'un grand nombre d'entre eux n'auront pas pu être identifiés.

Détention

Plusieurs membres de l'opposition ont été placés en détention. Le CICR est quotidiennement en contact avec les autorités tchadiennes, afin d'enregistrer les personnes qui ont été arrêtées et de suivre leurs conditions de détention et le traitement qui leur est réservé. Conformément aux modalités de travail habituelles du CICR, le dialogue entre le CICR et les autorités détentrices reste bilatéral et confidentiel.

Rétablissement des liens familiaux

Dans la confusion qui a caractérisé leur fuite pour échapper aux combats, de nombreuses familles ont été dispersées. De plus, beaucoup de personnes vivant à l’étranger ont perdu le contact avec les membres de leur famille restés au Tchad. Les principaux réseaux téléphoniques ne sont pas encore redevenus opérationnels, et le CICR ainsi que la Croix-Rouge du Tchad examinent la possibilité de mettre en place des systèmes qui permettront l'échange de nouvelles entre les membres d'une même famille.

Perspectives à court terme

Il semblerait que les personnes impliquées dans les combats ne visaient pas directement la population civile. Néanmoins, le CICR est préoccupé par le nombre de tués et de blessés à N'Djamena. Il rappelle à toutes les parties au conflit armé qu'elles doivent épargner les personnes qui ne participent pas aux hostilités, et aussi celles qui n'y participent plus (comme les combattants blessés ou capturés), et que les services de la Croix-Rouge et les services médicaux doivent être respectés en tout temps.

Le CICR reste déterminé à aider les personnes touchées par le conflit, qu’elles soient restées à N'Djamena ou qu’elles aient fui la capitale, car elles auront besoin de l'aide de la communauté humanitaire pour rentrer chez elles.

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7-02-2008