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5-09-2007  Déclaration  par  Jakob Kellenberger, président du CICR
Colombie : être déplacé, ce n’est pas seulement fuir, c’est tout perdre
« La Colombie est un des pays qui compte le plus grand nombre de personnes déplacées au monde. Les menaces de mort, les affrontements armés, le décès de proches et l’enrôlement forcé de mineurs sont à l’origine du déplacement constant de la population civile dans différentes régions du pays ». Jakob Kellenberger, président du CICR, explique dans cet article les activités menées par l’institution en faveur des personnes déplacées en Colombie.

Jakob Kellenberger, président du CICR
Ces dernières années, les conflits armés ont provoqué le déplacement de millions de personnes. Chaque jour, elles sont des milliers – au Soudan, en Irak, à Sri Lanka, en Somalie ou dans d’autres pays – à fuir leur foyer, abandonnant ce qu’elles ont de plus cher, leur famille et leurs racines.

Le CICR ne peut se contenter d’exprimer ses préoccupations face au sort des personnes déplacées. Il est en effet, à l’échelle mondiale, un acteur principal de l’assistance fournie aux personnes déplacées en cas de conflit, et il ne ménage pas ses efforts pour protéger aussi ces personnes particulièrement vulnérables. Tout au long de l’année 2006, le CICR est venu en aide à plus de quatre millions de personnes dans 32 pays, souvent dans des situations particulièrement dangereuses.

Voir aussi:

  • Programme d’assistance du CICR en faveur de la population déplacée


  • Témoignages: Amalia, Aurora, Ana et José

  • Activités du CICR en 2007.


  • Colombie: en quête de sécurité

    En espagnol :

  • Vidas desplazadas - 10 ans d'assistance aux déplacés en Colombie
  • spot TV
  • spots radio


  • La Colombie est un des pays qui compte le plus grand nombre de personnes déplacées au monde. Les menaces de mort, les affrontements armés, le décès de proches et l’enrôlement forcé de mineurs sont à l’origine du déplacement constant de la population civile dans différentes régions du pays. On constate ainsi que des millions de Colombiens sont dans un état de souffrance et de détresse extrême, victimes de multiples privations – alimentation, hygiène, logement, soins de santé ou éducation – qui touchent surtout les plus vulnérables, tels les enfants, les femmes ou les populations afrocolombiennes et indigènes. Le fait que plus de la moitié des personnes déplacées aient moins de 18 ans compromet gravement le développement social et humain du pays.

    Il y a dix ans, en Colombie, le CICR avait commencé à mener des activités d’assistance en faveur des populations déplacées. Depuis 2003, il a renforcé sa collaboration avec la Croix-Rouge colombienne, ce qui lui a permis d’être davantage présent dans le pays et d’y secourir plus d’un million de déplacés.

    Le CICR reconnaît les efforts importants entrepris par l’État colombien pour venir en aide aux victimes du conflit, notamment par l’adoption, en 1997, de la Loi 387 et de ses décrets réglementaires. La mise en place d’un système national d’aide à la population déplacée (Sistema Nacional de Atención Integral a la Población Desplazada), la définition des différentes étapes de la fourniture des secours, la création d’un registre unique de la population déplacée et l’allocation de ressources budgétaires substantielles sont autant de réussites concrètes. Néanmoins, il est nécessaire de renforcer davantage les mesures d’assistance afin de redonner aux personnes déplacées la jouissance des droits dont elles ont été privées.

    Le CICR, en tant que gardien du droit international humanitaire, s’est notamment fixé comme objectif de tout mettre en œuvre pour que les porteurs d’armes respectent les principes de distinction et de proportionnalité, afin que les civils ne soient pas contraints à abandonner leur foyer. Il faut toujours prendre en compte la présence de civils dans la planification et la conduite des hostilités. Le droit humanitaire interdit aux parties à un conflit armé d’obliger les civils à quitter leur foyer et si, par hasard et dans des circonstances tout à fait exceptionnelles, il s’avérait nécessaire, pour des raisons militaires impérieuses, de procéder à une évacuation, elle devrait être temporaire et effectuée de manière à garantir la sécurité et le bien-être de la population. Le CICR met l’accent sur la nécessité pour les porteurs d’armes d’appliquer plus strictement le droit humanitaire, afin de prévenir ou de limiter substantiellement les déplacements de population et de mieux aider et protéger les personnes déplacées.

    Le CICR continuera de porter assistance et protection aux déplacés et de promouvoir le droit et les principes humanitaires auprès des États, des groupes armés organisés et des membres de la société civile. La population civile doit néanmoins pouvoir compter sur la volonté plus déterminée de toutes les parties à un conflit armé de respecter et d’appliquer les normes et les règles du droit int

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    5-09-2007