Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
2-04-2008    par  Barbara Hintermann
Protection et assistance pour les victimes du conflit armé
Dans une préface au rapport annuel des activités du CICR en Colombie en 2007, la chef de la délégation, Barbara Hintermann, trace un panorama général de l'action du CICR en Colombie en faveur des victimes du conflit armé et évoque les souffrances endurées par les civils obligés à abandonner leur foyer.

©ICRC
Barbara Hintermann, cheffe de la délégation du CICR en Colombie
En Colombie, comme dans d’autres régions en proie à un conflit armé, la population civile se trouve dans une situation très difficile. Ce sont toujours les civils qui paient le plus lourd tribut en cas de conflit armé ou de troubles intérieurs.


Les hostilités, qui se sont prolongées pendant des décennies dans de nombreux pays, n’ont pas trouvé d’issue en 2007, malgré leur perpétuelle mutation. C’est le cas notamment à Sri Lanka, en Afghanistan, au Soudan et dans la République démocratique du Congo. Dans certains contextes, une recrudescence de la violence a encore aggravé leurs effets sur la population civile. Les exécutions sommaires, les disparitions, les prises d’otages, les déplacements de populations et les expulsions du pays se sont poursuivis à une fréquence inquiétante, représentant un énorme défi pour les organisations humanitaires. Tous ces problèmes sont analysés par le CICR, qui agit ensuite dans le cadre de sa mission en offrant protection et assistance aux victimes des conflits armés.

Au cours de 2007, le conflit armé en Colombie a continué à avoir des répercussions importantes sur le plan humanitaire, qui ont surtout frappé les plus vulnérables : les Afro-Colombiens, les peuples indigènes et les personnes les plus pauvres. L'année dernière, le CICR a enregistré 1 684 violations présumées du droit international humanitaire (DIH), notamment des exécutions sommaires, des disparitions forcées et des prises d'otages.

Durant la même période, le CICR a aidé 2 417 personnes menacées à se réfugier dans un lieu plus sûr. Ce chiffre était en augmentation par rapport à 2006, les personnes ayant reçu ce type d’assistance étant alors au nombre de 1 728.

L’un des buts principaux du CICR, agissant en tant que dépositaire du DIH et dans le respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, consiste à mener un dialogue confidentiel avec les forces de l’ordre et les groupes armés, afin de les inciter à adapter leur comportement aux règles du DIH dans la conduite des hostilités, à prendre les précautions nécessaires lors du déroulement des opérations et à respecter les principes de distinction et de proportionnalité, pour éviter que quiconque ne disparaisse et que des civils ne soient contraints d’abandonner leur foyer. Que ce soit bien clair : le DIH interdit tout déplacement forcé et prévoit que, si pour une raison quelconque et à titre tout à fait exceptionnel, il est nécessaire de procéder à une évacuation provisoire de civils pour des raisons militaires impérieuses, cette dernière doit être effectuée en préservant la sécurité et le bien-être de la population concernée.

"...le conflit armé en Colombie a continué à avoir des répercussions importantes sur le plan humanitaire, qui ont surtout frappé les plus vulnérables : les Afro-Colombiens, les peuples indigènes et les personnes les plus pauvres".
En 2007, cela faisait 10 ans que le CICR apportait son aide humanitaire aux personnes déplacées. Il a saisi cette occasion pour lancer une campagne de sensibilisation visant, d'une part, à souligner sa préoccupation au sujet des problèmes rencontrés par les personnes déplacées et, d’autre part, à promouvoir des mesures visant à atténuer les effets du déplacement. Il est important de souligner que, pendant ces dix ans, plus d’un million de personnes déplacées ont bénéficié du soutien du CICR.

Le slogan de la campagne : « Se déplacer, ce n’est pas que fuir, c’est tout perdre », exprime la certitude que le déplacement a des répercussions profondes et que les victimes ne se séparent pas seulement de leur maison et de leurs biens, mais qu'elles perdent tout. Elles perdent des années de travail et d’efforts, elles perdent leur famille, elles perdent les liens communautaires et les réseaux de solidarité, elles perdent leurs terres et leurs effets personnels, elles perdent leurs rêves…

Le CICR continuera à insister sur l’importance qu'il y a à élaborer des politiques publiques, des stratégies et des mesures qui permettent de répondre aux besoins de la communauté dans des domaines divers, tels l’alimentation, les installations sanitaires, la santé et le logement, le soutien psychosocial et l’éducation, afin d'offrir aux victimes déplacées le milieu familial et communautaire dont elles ont besoin. Sans perdre de vue sa volonté d'indépendance, le CICR collabore avec des agences internationales, des organisations non gouvernementales, des associations de victimes et des institutions étatiques, dans le but d’atteindre son objectif prioritaire qui est de renforcer la protection et l’assistance offertes aux personnes déplacées par le conflit armé.

"En 2007, cela faisait 10 ans que le CICR apportait son aide humanitaire aux personnes déplacées. (...) pendant ces années, plus d’un million de personnes déplacées ont bénéficié du soutien du CICR.".
Afin de procéder aux adaptations nécessaires dans son programme d’assistance, le CICR a développé ses activités d'observation et d'évaluation. Dans le cadre de ce travail, il a encouragé la réflexion, l’analyse et la discussion en se fondant sur des études réalisées conjointement avec le Programme alimentaire mondial (PAM), ce qui fait partie de son effort visant à renforcer les politiques publiques en faveur des déplacés internes. Ces études, qui ont rassemblé des informations sur les conditions de vie des personnes déplacées dans huit villes, sont devenues une référence pour l’analyse, l’évaluation et la mise en œuvre des politiques d’action sociale.

Le silence que gardent de très nombreuses victimes du conflit armé va de pair avec leur faible visibilité sur le plan international et leur présence discrète dans les médias. Il est évident que l'ampleur réelle des effets du conflit armé en Colombie n'est pas encore connue. C’est la raison pour laquelle le CICR a décidé d’inscrire parmi ses nouvelles priorités l’élaboration d’une stratégie de prise en charge intégrale des personnes victimes de violences sexuelles dans le cadre du conflit.

Pour mener à bien cette stratégie, le CICR a commencé à enregistrer les victimes en 2006, ce qui lui a permis, au cours de 2007, d’attester de 57 infractions de ce type commises contre des filles, des garçons, des femmes et des hommes. D’autre part, pour répondre à une autre question particulièrement préoccupante, le CICR a renforcé son équipe qui s’occupe de la problématique de la contamination par les armes, dont les aspects les plus connus sont les terribles ravages causés par les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre. Le travail que le CICR effectue sur le terrain lui a permis d'observer de près la situation des victimes, qui avaient tu leur tragédie parce qu’elles craignaient d'être montrées du doigt et stigmatisées ou simplement parce qu’elles ne connaissaient pas leurs droits et les possibilités de les défendre. Ces tâches constituent de nouveaux défis, qui viennent s'ajouter à ceux que représentent déjà d’autres victimes, notamment les déplacés internes et les personnes portées disparues.

La population qui vit dans des régions où les hostilités sont fréquentes souffre de nombreuses privations. Afin d'améliorer son sort, le CICR déploie des activités dans différents domaines, dont la sécurité alimentaire, la santé, l'éducation et la prévention des risques. Par exemple, en soutenant la culture biologique et l’élevage de petits animaux, le CICR vient en aide à plus de 1 300 personnes. En 2007, il a également entrepris des projets en matière d’infrastructures sanitaires, d’approvisionnement en eau, de santé et d’infrastructures scolaires, dont bénéficient quelque 20 000 personnes. Comme l’accès aux services de santé est très difficile dans les zones de conflit telles que Nariño, Cauca, Bolívar et Sucre, le CICR a accompagné du personnel médical pour qu’il puisse organiser des journées de soins dentaires et de vaccination et traiter des maladies telles que le paludisme, les leishmanioses et la dengue.

En outre, les délégués du CICR ont effectué des centaines de visites dans des centres de détention, ils ont accueilli des otages et des prisonniers libérés et ils ont participé à la récupération des restes humains des 11 ex-députés de l’Assemblée de Valle del Cauca. Ces activités ont permis à des familles de connaître le sort de proches pris en otages ou détenus, d’enterrer leurs morts selon leurs coutumes et de faire ainsi leur deuil. C’est grâce à l’action neutre et indépendante du CICR que tout cela est possible.

Le CICR continuera à rechercher des mécanismes permettant d’approfondir le dialogue confidentiel avec les parties concernées afin de leur faire part de ses préoccupations au sujet de la situation humanitaire provoquée par le conflit armé. Le CICR insiste sur le fait que, indépendamment des controverses d’ordre politique et militaire, il poursuivra son action humanitaire afin de pouvoir atteindre son objectif principal : offrir protection et assistance aux victimes du conflit armé en Colombie.

Barbara Hintermann

Chef de la délégation du CICR en Colombie

©CICR
En 2007, le CICR a prêté assistance à plus de 66.000 personnes déplacées.
Voir aussi :
  • Communiqué de presse 02.04.2008


  • Le point sur les activités du CICR en Colombie en 2007


  • Rapport complet des activités du CICR en Colombie en 2007, uniquement en espagnol, (5.3Mb, format PDF).


  • Population déplacée et programme d’assistance du CICR


  • Les causes du déplacement
    En Colombie, de nombreuses personnes se voient contraintes de quitter leur lieu de résidence pour des raisons liées au conflit armé. Parfois, une famille décide d’abandonner sa maison et ses biens pour trouver plus de sécurité dans une grande agglomération.

    Les principales causes d’un déplacement :

  • Menaces de mort (58%)
  • Pressions en vue d’imposer une collaboration (11%)
  • Menaces d’enrôlement forcé (9%)
  • Affrontements armés (5%)
  • Mort d’un proche (5%)
  • Disparition d’un proche (2%)


  • D’autres fois, des communautés entières quittent les zones rurales touchées par la violence pour se rendre dans les grandes villes.

    Les principales causes d’un déplacement massif :


  • Affrontements armés (38,5%)
  • Menaces de mort (19%)
  • Mort d’un proche (8%)
  • Entrave à la circulation des personnes et des biens (6%)
  • Menace de dommages matériels (5%)


  • Autres documents dans cette section :
    Dans le monde > Amériques > Colombie 


    Vers le haut
    Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
    © 2008  Comité international de la Croix-Rouge
    2-04-2008