Accueil
  English
  Arabic
  Russian
  Chinese
Aidez les victimes de la guerre : faites un don au CICR aujourd'hui
congo-kinshasa-interview-050609
5-06-2009  Interview  
République démocratique du Congo : un plan d'approvisionnement en eau pour Goma
Avec le soutien du CICR, la capitale du Nord-Kivu s'est dotée, pour la première fois de son histoire, d'un plan de développement du réseau d'eau potable pour l'ensemble de ses habitants. Si le projet aboutit, plus de 740 000 personnes bénéficieront d'une eau en qualité et quantité suffisantes. Marc Suchet, chargé des activités « eau et assainissement » du CICR dans la région, explique pourquoi un plan global et durable vaut mieux qu'une multitude de projets réalisés dans l'urgence.

Marc Suchet, responsable des activités « eau et assainissement » du CICR au Nord-Kivu.
Quels sont les problèmes d'accès à l'eau pour les habitants de Goma ?

Actuellement, la situation est alarmante : plus de la moitié de la population de Goma n'est pas desservie en eau potable.

Les résidents se débrouillent soit en allant chercher de l'eau directement au lac, soit en l'achetant à des revendeurs à un prix dix fois supérieur à celui pratiqué par l'entreprise publique Regideso, chargée de l'approvisionnement en eau dans les centres urbains du pays. Il y a également des organisations humanitaires qui distribuent de l'eau avec des camions citernes, mais la quantité reste toujours insuffisante.

La consommation d'eau issue directement du lac ou de points d'eau contaminés par les déchets génère des maladies, qui peuvent donner naissance à des épidémies.

Pourquoi et comment le CICR s'investit-il dans l'approvisionnement en eau d'un centre urbain comme Goma ?

©CICR / P. Yazdi
La consommation d'eau issue directement du lac Kivu génère des maladies, qui peuvent donner naissance à des épidémies.

Les problèmes d'accès à l'eau à Goma font partie des conséquences humanitaires des conflits qui se sont succédés dans la région. Depuis 1994, des milliers de civils ont cherché refuge et travail dans la capitale provinciale. La démographie de la ville a explosé, mais l'infrastructure n'a pas suivi. De plus, le désordre engendré par le manque de stabilité sécuritaire et économique fait que le réseau d'eau est mal entretenu et en constante dégradation.

Le CICR travaille avec la Regideso sur des projets d'approvisionnement en eau à Goma depuis 1997. Au total, le CICR a investi plus de 850 000 francs suisses dans des projets qui ont pour but d'y améliorer l'accès à l'eau potable. Grâce à la construction, en 2007 et 2008, de la station de pompage de Kesheyro et de deux réservoirs à N'dosho, plus de 250 000 habitants bénéficient déjà d'un accès régulier à l'eau potable.

Comme d'autres organisations, nous avons également réalisé un grand nombre d'actions d'urgence. Mais dans une ville comme Goma, qui compte aujourd'hui plus de 600 000 habitants, il est important de réfléchir sur la durée pour éviter de devoir tout le temps parer à l'urgence.

Pour contribuer à cette réflexion sur la durée, le CICR a initié un plan d'approvisionnement en eau pour l'ensemble de la ville. De quoi s'agit-t-il exactement ?

Nous avons tout d'abord étudié l'état du réseau. Nos ingénieurs ont rassemblé des informations sur les stations de pompage et sur plus de 75 km de tuyaux, afin de réaliser une simulation informatique du réseau.

Nous avons ensuite étudié les possibilités de concevoir de nouveaux réservoirs, stations de pompages et canalisations, selon les besoins et la croissance présumée de la population.

Le résultat a été une simulation virtuelle d'un système d'approvisionnement en eau potable pour l'ensemble des habitants de Goma en 2015, basée sur une croissance démographique annuelle de 3 %.

Quelle est l'utilité immédiate de ce plan ?

Ce plan sera utile pour la Regideso, mais aussi pour toute organisation humanitaire qui souhaite développer des projets d'eau à Goma, y compris le CICR. Si chaque organisation entreprend des travaux en fonction d'objectifs limités - alimenter un quartier par exemple - sans qu'ils ne s'inscrivent dans une réflexion globale pour l'ensemble de la ville, nous verrons alors apparaître une multitude de projets sans cohérence. Ils fonctionneront quelques années, puis devront être recommencés lorsqu'on voudra alimenter d'autres quartiers, ou lorsque la population aura augmenté ou la ville se sera développée. De nouvelles dépenses seront alors nécessaires.

Une multitude de projets qui fonctionnent mal représenteront, au final, un investissement bien supérieur. Il est donc préférable d'investir, maintenant,sur l'alimentation de toute la ville, même si les dépenses initiales paraissent importantes.

Comment ce plan va t'il devenir réalité ?

La Regideso va devoir trouver des investissements. Le coût de réalisation dépasse les 13 millions de dollars. Ce montant semble important mais représente en réalité moins de 20 dollars par habitant. Compte tenu de son importance pour la population, nous sommes très optimistes sur l'avenir de ce projet.

Autres documents dans cette section :
Dans le monde > Afrique > Congo-Kinshasa 

Vers le haut
Accueil | Plan du site | Recherche | Quoi de neuf | Contacts | Copyright | Politique de confidentialité | RSS
© 2009  Comité international de la Croix-Rouge
5-06-2009