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1-12-2006  Éclairage  
Le déminage
Qu’est-ce que le déminage? Les termes « déminage » ou « déminage humanitaire » recouvrent la détection, l’enlèvement et la destruction de toutes les mines se trouvant dans une zone donnée, où la présence des mines est connue ou présumée. Le but de ces opérations est de rendre à la population civile des terres ne présentant plus de danger.

Le déminage constitue l’un des volets essentiels de la lutte contre le fléau des mines antipersonnel. Il est essentiel pour permettre aux membres des communautés affectées de reprendre une vie normale, enfin libérés de la peur d’être tués ou mutilés par les mines antipersonnel dissimulées dans les champs, les pâturages, les chemins de terre et les places de jeux.

Bosnie-Herzegovine. Sarajevo, zone résidentielle. Opération de déminage par Norwegian People Aid (NPA)© CICR/G. Diffidenti/réf. ba-n-00016-28

Une fois déminées, les terres redeviennent productives et peuvent nourrir les familles et contribuer à la reconstruction et au développement économique après un conflit. Les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays ont alors la possibilité de regagner leurs foyers dans la sécurité.
L’enlèvement des mines antipersonnel dans les zones frontalières et le long des anciennes lignes de front est déterminant à deux égards : le retour de la sécurité dans les régions qui sortent d’un conflit armé et l’établissement de relations de confiance entre États voisins.


Quelles sont les exigences de la Convention d’Ottawa en matière de déminage ?

En vertu de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel (Convention d’Ottawa), chaque État partie doit :

  • identifier toutes les zones sous sa juridiction ou son contrôle où la présence de mines antipersonnel est avérée ou soupçonnée ; prendre, le plus tôt possible, des mesures pour que toute zone minée soit marquée tout au long de son périmètre, surveillée et protégée par une clôture ou d’autres moyens afin d’empêcher effectivement les civils d’y pénétrer ;


  • détruire, le plus tôt possible et au plus tard 10 ans après l’entrée en vigueur de la Convention pour cet État partie, toutes les mines antipersonnel dans les zones minées. Les premières échéances pour ces opérations de déminage tomberont en 2009.
  • Afin que les délais prescrits par la Convention puissent être respectés, il faudra que tant les États touchés par les mines que les États donateurs consacrent davantage d’efforts et de ressources au déminage. Le Sommet de Nairobi pour un monde sans mines (première Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa) a offert aux États parties l’occasion d’évaluer à la fois les progrès accomplis jusqu’ici et les défis devant encore être relevés dans le domaine du déminage comme dans d’autres secteurs d’activité en rapport avec la Convention.



    Quels États parties à la Convention d’Ottawa ont des obligations en matière de déminage ?

    Au 1 décembre 2006, sur les 152 États parties à la Convention d’Ottawa, 47 avaient signalé la présence de zones minées sur le territoire sous leur juridiction ou contrôle, ou avaient fait des déclarations laissant présumer la présence de zones minées sur leur territoire.


    Comment se déroulent les travaux de déminage ?

    Le déminage est un processus lent, pénible et mobilisant beaucoup de ressources. Pour pouvoir mener à bien ses opérations de déminage dans le délai fixé par la Convention d’Ottawa, chaque État touché par les mines doit impérativement élaborer et mettre en place un plan national de lutte contre les mines (ou d’« action antimines»), et faire savoir aux autres États parties ou aux institutions compétentes s’il a besoin d’une assistance pour exécuter ce plan. L’élaboration d’un plan national de lutte contre les mines commence en général par une évaluation globale de la situation dans le pays; ensuite, une enquête est entreprise pour déterminer le niveau de pollution par les mines. Consistant à marquer et à cartographier les zones minées, cette enquête permet de mesurer l’impact de la présence des mines sur la population civile : priorité est ensuite accordée, en matière de déminage, aux zones les plus polluées. Les travaux de déminage suivent une procédure en trois étapes, à savoir :


    1. le déminage manuel, effectué à l’aide d’un détecteur de métaux pour détecter la mine et d’une tige (sonde) ou d’un excavateur pour mettre la mine à découvert;

    2. les chiens détecteurs de mines, utilisés concurremment avec le méthode manuelle de déminage ;

    3. le déminage mécanique, exécuté à l’aide de machines. Avant d’être formellement remis à la disposition des communautés locales pour être utilisés, les terrains déminés font généralement l’objet d’un contrôle de qualité, le but étant de s’assurer qu’ils peuvent réellement être utilisés comme prévu, en toute sécurité.

    Dans la pratique, les démineurs qui nettoient une zone donnée s’efforcent d’enlever tous les types de restes explosifs de guerre qui s’y trouvent : outre les mines anti-personnel et les mines anti-véhicule, ce sont notamment les munitions non explosées telles qu’obus d’artillerie, grenades, bombes, sous-munitions d’armes à fragmentation et autres formes de dispositifs explosifs qui menacent la population civile dans les situations post-conflictuelles.

    Quelle est la situation actuelle en matière de déminage ?

    • En janvier 2003, le Costa Rica est devenu le premier État partie ayant déclaré avoir complètement éliminé toutes les mines antipersonnel qui se trouvaient dans des zones sous sa juridiction et son contrôle. Djibouti a été le deuxième État partie à faire la même déclaration (avril 2004). Cela signifie l’un et l’autre de ces États ont signalé avoir rempli leurs obligations en matière de déminage bien plus tôt qu’ils auraient dû le faire, les échéances tombant pour eux en 2009.
    • De nombreux États parties affectés par les mines – tels que l’Afghanistan, la Bosnie-Herzégovine et le Cambodge – ont élaboré des plans stratégiques spécifiques afin de respecter les délais impartis à chacun d’eux en matière de déminage; ces plans sont actuellement en cours d’exécution. D’autres États parties affectés par les mines devront faire de même au plus vite s’ils veulent pouvoir respecter les délais fixés.

    Il est impossible de savoir avec une certitude absolue combien de zones doivent encore être déminées à travers le monde. De nombreux États parties affectés par les mines ont accompli des progrès considérables en termes de repérage et d’identification des terrains à déminer. Néanmoins, faute d’informations suffisantes dans plusieurs pays affectés par les mines, l’ampleur du problème des mines terrestres reste difficile à établir.

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