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3-08-2009  Éclairage  
Irak : des prothèses et une moto redonnent espoir à Hassan
Hassan Majid Rassoul, père de six enfants, était fermier à Erbil – où il est né en 1951 – avant de perdre ses jambes dans un incident. Il s’est rétabli et a réussi à faire son chemin dans la vie. Il raconte son histoire à Avin Yassin Mohammad, du CICR.

©CICR/H. Y. Gorges / iq-e-00736
Hassan peut à nouveau gagner sa vie grâce à cette moto donnée le CICR après qu’il a perdu ses jambes.

Les événements de cette journée fatidique de juillet 1986 ont bouleversé la vie d’Hassan et l’ont changée à jamais. L’émotion le submerge lorsqu’il se remémore les détails de ce terrible incident. « Notre voiture a été criblée de balles de toutes parts. J’ai vu mon père mourir sous mes yeux. Cette scène restera gravée dans mon coeur jusqu’à ma mort. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait autour de moi. J’ai perdu connaissance et quand je suis revenu à moi, j’étais à l’hôpital. »

Hassan a été grièvement blessé. Ses jambes ont été gravement brûlées par les flammes qui consumaient la voiture. Son père ne fut pas le seul membre de sa famille à mourir dans cet incident : son fils de six ans a succombé à ses brûlures. Hassan a passé 11 mois à l’hôpital et en ai ressorti cloué à une chaise roulante, incapable de bouger sans l’aide de sa famille.

« C’est difficile de voir sa famille dans le besoin, alors qu’on est impuissant et prisonnier d’une chaise roulante, déplore-t-il. Je n’oublierai jamais mon fils aîné qui me demandait souvent pourquoi je restais toujours assis sur cette chaise. »

À cause du handicap de son père, le fils aîné d'Hassan, qui n'avait que 11 ans à l’époque, a été obligé d’abandonner l’école pour travailler dans un marché à Erbil.

Se tenir à nouveau debout tout seul

En 1998, des médecins ont conseillé à Hassan de se faire amputer des jambes et poser des prothèses, afin de pouvoir recommencer à marcher. En septembre de la même année, 12 ans après ce terrible incident, Hassan s’est rendu dans le centre de réadaptation physique d’Erbil, soutenu par le CICR, pour entamer une réadaptation physique. « J’étais extrêmement ému ce jour-là, bouleversé à l’idée que je pourrais marcher à nouveau. J’étais tellement heureux », déclare-t-il. Depuis lors, Hassan Majid bénéficie régulièrement des services proposés par le centre de réadaptation physique d’Erbil.

Hassan sentait cependant que quelque chose lui manquait. « Je marchais à nouveau, mais je ne me sentais pas utile à mes proches. Je n’avais pas de travail. »

En 2008, le CICR a lancé un programme visant à aider les personnes handicapées ou démunies à réaliser des projets économiques leur permettant de retrouver une certaine indépendance. L’institution a examiné le cas d’Hassan et a décidé de l’aider. Le 9 février 2009, Hassan a reçu une moto. Ce jour-là, sa famille s’est réunie au grand complet pour faire la fête.

Aujourd’hui, la moto est devenue la source de revenus d'Hassan. Grâce à cette moto, il lui est beaucoup plus facile de transporter ses marchandises pour les vendre au marché, et Hassan gagne plus d’argent qu’avant. Cela l’a encouragé à étendre ses activités en vendant une plus grande variété de produits alimentaires dans un plus grand nombre d’endroits, comme dans les parcs et sur les autoroutes. « Ma vie a beaucoup changé depuis la première fois que je me suis rendu dans le centre de réadaptation physique d’Erbil », conclut-il.

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