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25-09-2007  Éclairage  
Victimes des mines en Irak: l’histoire de Fakhradin
Fakhradin Najim Hawez vit à Erbil, dans le nord de l’Irak. Après avoir fui son foyer pendant le conflit de 1991, il a trouvé la sécurité – mais a été mutilé plus tard par une mine terrestre en rentrant d’une visite à ses parents. D’autres difficultés l’attendaient…

©ICRC / iq-e-00614
Centre orthopédique du CICR à Erbil
J’ai quitté mon foyer en 1991, après le soulèvement, en compagnie de nombreuses autres familles qui fuyaient l’armée irakienne. J’ai pris le chemin de l’Iran et suis allé dans une zone frontalière appelée Sardasht, où vivent également des Kurdes.

En 1994, j’ai décidé de revenir seul à Erbil pour voir mes parents, qui me manquaient beaucoup. J’ai été contraint de prendre une route de contrebandiers, car nous n’étions pas autorisés à traverser la frontière. Lorsque nous revenions en Iran, nous devions passer un poste de contrôle de l’armée, du côté iranien de la frontière.

Il faisait nuit et, à cause de l’obscurité et de l’étroitesse de la piste, nous ne pouvions pas voir distinctement. Une mine a explosé sous mes pieds. Ma jambe gauche a été déchiquetée. Mes deux compagnons se sont enfuis, lorsque les soldats du poste de contrôle ont commencé à nous tirer dessus. Au bout d’une demi-heure, les tirs ont cessé ; j’ai alors appelé mes amis, qui sont venus à mon secours. Ils ont bandé ma jambe avec leur ceinture traditionnelle kurde, en tissu, m’ont placé sur le dos de l’un de leurs mulets et m’ont fait retraverser la frontière irakienne.

Nous avons cheminé pendant une heure environ à travers les montagnes, puis après un trajet de deux heures en voiture, nous avons atteint l’hôpital de Rania, près de Sulaymaniyah. Un chirurgien étranger qui y travaillait m’a opéré.

Le deuxième jour, ils m’ont transféré à Erbil. J’étais inconscient, car j’avais perdu beaucoup de sang. Je suis resté vingt jours à l’hôpital et, après que mes blessures se sont cicatrisées, je suis allé au centre orthopédique du CICR à Erbil, afin de recevoir un membre artificiel. C’était en juin 1999.

Par la suite, j’ai acheté une voiture et je travaillais comme chauffeur de taxi, faisant la navette entre Erbil et Sulaymaniyah, jusqu’au jour où j’ai eu un accident, en 2006 : j’ai été blessé dans le dos et je suis devenu paralysé du côté droit.

Aujourd’hui, je peux marcher grâce à un appareil de métal qui soutient toute ma jambe, que j’ai fait fabriquer en Iran, car on ne le trouve pas ici. Cela a limité considérablement ma vie.

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25-09-2007