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28-08-2007  Éclairage  
Irak : un jeune garçon rescapé de l’enfer
Séparé de son plus jeune fils, qui a subitement disparu en Irak, un père sacrifie sa vie professionnelle en Jordanie et la plupart de ses biens pour le retrouver. Hicham Hassan, un collaborateur du CICR, raconte son histoire.

Bassam vit en Jordanie. Ce père est profondément soulagé depuis que son plus jeune fils, Qussay, se tient à ses côtés après trois ans de séparation. « À un moment donné, nous n’avions aucune idée de ce qu’il était advenu de lui en Irak, et les gens me disaient constamment d’abandonner mes recherches, parce qu’ils pensaient qu’il était mort, explique Bassam. Mais j’étais prêt à tout pour retrouver Qussay. »

Qussay avait quitté la Jordanie pour l’Irak en 2004 avec sa mère irakienne, alors qu’il n’avait que trois mois. Un jour après leur arrivée à Bagdad, sa mère est morte dans l’explosion d’une voiture. Qussay ne se trouvait pas dans la même voiture que sa mère au moment de l’explosion. Quoiqu’il ait survécu, il a disparu pendant plus d’un an.

Durant cette période, Bassam, qui vivait encore en Jordanie, a été contacté à plusieurs reprises par des personnes qui prétendaient pouvoir lui donner des informations sur le lieu où se trouvait Qussay et lui demandaient de l’argent en contrepartie. Bassam a payé les sommes qu’on lui demandait, allant jusqu’à vendre sa maison pour obtenir des renseignements. Ce chantage a continué jusqu’au jour où Qussay a été libéré et déposé sur le seuil de la maison de sa grand-mère, il y a un an de cela.

À nouveau réunis

Avant la libération de son fils, Bassam avait déposé une demande de recherches auprès de la délégation du CICR à Amman. Les collaborateurs du CICR à Bagdad et à Amman ont échangé des informations et ont finalement pu localiser Qussay. Après avoir réglé tous les détails avec le père de l’enfant en Jordanie et sa grand-mère à Bagdad, le personnel du CICR a rapidement fait sortir le jeune garçon d’Irak. Qussay ne comprenait toutefois pas vraiment où on l’emmenait. Après tout, il n’avait même pas trois ans.

Son père et son frère Bilal, âgé de sept ans, l’attendaient à l’aéroport d’Amman. N’étant pas au courant du sort tragique de sa mère, Bilal s’attendait également à la retrouver. « Il regardait constamment en direction de la porte d’entrée, attendant le retour de sa mère, explique Bassam. Cela me brisait le cœur et je ne savais pas quoi lui dire. »

Bassam a dû quitter son travail il y a deux ans pour consacrer le plus clair de son temps à la recherche de son fils. Aujourd’hui, Qussay vit avec son père dans la maison de ses grands-parents. Faute de place dans la maison, Bilal loge chez sa tante, dans la périphérie de la capitale jordanienne. Les deux frères se voient plus ou moins régulièrement une fois par semaine.

Qussay n’est plus obligé de rester à l’intérieur de la maison, par peur qu’il ne soit enlevé ou victime d’une explosion. Bassam songe à la nouvelle vie de son fils : « Il est enfin de retour dans sa famille après une période très douloureuse. Il est ma chair et mon sang. Maintenant je veille sur lui. Cela a dû être difficile pour lui de venir à Amman et de découvrir une famille qu’il n’avait encore jamais vue. Je tenterai de compenser l’absence de ma femme, mais cela ne sera pas facile. Nous sommes réunis et c’est tout ce qui compte. »


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28-08-2007