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16-06-2009  Éclairage  
Kenya : le b.a.-ba du traitement des blessures
Au Kenya, les accidents de la route, la violence armée et d’autres incidents mutilent et tuent chaque année de nombreuses personnes, et pour les blessés, les soins médicaux ne sont pas toujours facilement accessibles. Le CICR a récemment organisé un atelier à Nairobi afin d'aider les médecins à rafraîchir leurs connaissances sur le traitement des blessures.

Le CICR, en partenariat avec le ministère kenyan de la Santé, a récemment organisé un cours de formation sur le traitement des blessures en salle des urgences, le premier de ce type à être organisé à Nairobi. Cet atelier de trois jours a réuni 21 participants, principalement des médecins, des responsables de dispensaires et quelques membres du personnel infirmier des districts de Voi, Makindu, Naivasha, Nakuru, Kisumu, Thika et Eldoret, où le ministère établit d’autres centres de soins d’urgence.

© CICR/A. Mucheke
Harald Veen montre comment ajuster une minerve.


Deux chirurgiens du CICR, Harald Veen et Mauro Dalla Torre, ont dispensé le cours, qui avait pour but de rafraîchir les connaissances des participants sur les bases du traitement des blessures. « L’approche de base est une méthode sûre et fiable pour évaluer l’état d’un blessé et le soigner. Idéalement, les patients les plus grièvement blessés devraient être soignés en premier », explique Harald Veen. « Dans toute urgence, la première étape du traitement consiste à s’assurer que les voies respiratoires du patient sont dégagées, à rétablir l’automatisme respiratoire et à préserver la circulation de l’oxygène dans le corps. La nature des blessures peut varier, mais les fondamentaux restent les mêmes. » Ceux-ci, ainsi que le triage des patients et la définition des priorités lors d’un afflux de blessés, figurent parmi les questions abordées par le cours.

Harald Veen précise qu’il n’est pas toujours important d'établir un diagnostic définitif. « Le temps est un facteur essentiel si l’on veut prévenir tout dommage supplémentaire. » Il relève que, bien que l’approche de base ne fasse pas de différence entre les divers cas, les médecins doivent accorder une attention particulière aux femmes, en particulier si elles sont enceintes, et aux enfants.

Lors d’une séance pratique, les participants simulent le traitement de lésions aux membres, à la tête et à la colonne vertébrale, des cas qu’ils rencontrent souvent dans la réalité en traitant des victimes d’accidents de la route au Kenya. Les séances pratiques se concentrent sur le traitement des urgences aiguës et sur la façon de repérer les cas de vie ou de mort et les autres cas exigeant des soins immédiats. Le but principal de l’exercice est de rappeler que, dans une salle d’urgences, un médecin doit rester calme, même sous pression.

Raison d’être de cet atelier

© CICR/A. Mucheke
Les participants au cours durant une séance pratique.

Le directeur adjoint des services médicaux, John Masasabi Wekesa, dit que le cours est essentiel pour le ministère de la Santé, qui est en train d’établir un service des urgences dans presque tous les hôpitaux du Kenya. « Au ministère, nous nous sommes rendu compte de la nécessité de créer un service des urgences dans nos principaux hôpitaux, de façon à pouvoir gérer l’afflux de patients grièvement blessés. En 2008, nous avons installé des centres pilotes à Voi et à Naivasha, et maintenant nous faisons de même dans le reste du pays », explique-t-il, ajoutant : « Notre but est de former 10 médecins dans chacun des 202 hôpitaux du Kenya pour qu’ils puissent faire partie des équipes médicales d’urgence. » Il pense que l’absence de suivi pour les médecins qui ont été formés à ce jour dans le cadre du programme constitue un problème majeur.

Le CICR a déjà collaboré avec le ministère de la Santé pour renforcer les capacités des médecins locaux. En période de conflit armé et d’autres situations de violence, le CICR a pour mandat d’apporter protection et assistance aux victimes. En 2008, après les violences post-électorales, deux ateliers sur la préparation aux urgences et le traitement des blessures par balles ont eu lieu, dans la province de Nyanza et la Province orientale. Ceux qui suivent le cours à Nairobi ont déjà une expérience pratique du traitement des blessures, ayant géré l’afflux des victimes de la violence. Le cours apporte un complément théorique à leur expérience.

Ils le trouvent utile et estiment que son aspect pratique les aidera à mieux gérer les urgences qu’ils rencontrent dans leur travail. Comme l’exprime John Simiyu, de l’université Moi à Eldoret : « La médecine évolue chaque jour et cet atelier nous aide à nous tenir au courant des progrès accomplis dans ce domaine. » Il ajoute que le cours leur permet en outre de partager des connaissances et des expériences avec leurs pairs.

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16-06-2009