25-03-2009 Interview Kirghizistan : gérer la tuberculose La tuberculose est une cause majeure de décès au Kirghizistan, surtout dans les prisons, où les taux d'infection sont environ 40 fois plus élevés qu'au sein de la population générale. Gulmira Kalmambetova, du CICR, explique comment l'institution s'efforce de contenir la propagation de la maladie.
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Bishkek. Gulmira Kalmambetova (debout), responsable du programme de lutte contre la tuberculose du CICR, avec Elzat Turalieva, qui dirige le laboratoire de la prison Colony 27.
Beaucoup de gens ne savent pas exactement ce qu'est la tuberculose ni comment elle se transmet. Pourriez-vous nous donner une brève description de la maladie ?
Kirghizistan : la tuberculose derrière les barreaux
La tuberculose est une infection qui touche le plus souvent les poumons. Les symptômes sont notamment les suivants : toux persistante, sang dans les crachats, perte de poids, sueurs nocturnes et fièvre. Les bactéries qui causent la maladie se transmettent lorsqu'une personne infectée éternue ou tousse. Une personne en bonne santé peut être infectée uniquement en étant en contact très étroit avec un malade – par exemple, si les deux vivent ensemble dans la même pièce et pendant longtemps. La plupart des gens considèrent la tuberculose comme une condamnation à mort. La maladie est-elle réellement incurable ? Il existe des antibiotiques qui, correctement administrés, sont efficaces dans le traitement de la maladie et la guérison du malade. Normalement, la tuberculose progresse lentement ; elle peut mettre des semaines, des mois, voire des années à se développer. Si elle n'est pas traitée, dans la grande majorité des cas, elle devient mortelle. Quelle est la situation actuelle de la tuberculose au Kirghizistan ? Le Kirghizistan compte parmi les pays présentant la plus forte incidence de tuberculose. La situation est particulièrement alarmante dans les lieux de détention, avec une prévalence jusqu'à 40 fois plus élevée qu'en dehors des prisons. C'est souvent dû à la surpopulation carcérale, à une ventilation inadéquate, à un manque de sensibilisation aux mesures de prévention et à une incapacité à assurer le suivi du traitement. De plus, le manque de nourriture affaiblit les détenus et les rend plus vulnérables à la maladie. Comment s'attaque-t-on au problème de la tuberculose, et quel est le rôle du CICR dans cette lutte ? Un certain nombre d'organisations participent aux efforts de lutte contre la tuberculose au Kirghizistan. Le pays est inclus dans le programme « Halte à la tuberculose », mis en œuvre par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'échelle mondiale. En outre, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme soutient le programme national de lutte contre la tuberculose au Kirghizistan, en fournissant un traitement à toute personne atteinte de cette maladie.
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Un malade prend ses médicaments en présence de Ryskul Cholusheva, responsable médical local du CICR à Bishkek.
Quelles sont les mesures prises par le CICR à Colony 27, et pourquoi cette prison a-t-elle été choisie en particulier ?En 2004, le CICR s'est lancé dans la réfection des installations sanitaires et médicales de Colony 27, dans le cadre de sa participation à la stratégie nationale de lutte contre la tuberculose. En novembre 2008, l'institution a commencé à installer un nouveau système de chauffage dans la prison. En décembre, les locaux de l'hôpital à l'intérieur de Colony étaient équipés du système de chauffage, et, en janvier 2009, le système était installé dans le service des soins ambulatoires et dans deux espaces de vie. Le nouveau dispositif, comprenant plus de 200 radiateurs et environ 1 500 m de tuyaux, marche au charbon et à l'électricité. L'institution a également mis en place un établissement de soins palliatifs destiné aux prisonniers en phase terminale et aux malades refusant tout traitement. Au fil des années, le CICR a donné à la prison une grande quantité de matériel médical et de médicaments. Si le CICR concentre son action sur Colony 27, c'est notamment parce que la centaine de personnes qui y sont détenues ont toutes contracté la forme multirésistante de la tuberculose. Si elles ne sont pas traitées efficacement, elles peuvent représenter une menace pour la santé publique dans une communauté plus large, car les gens propagent le bacille de la tuberculose en entrant dans l'enceinte de la prison et en en sortant, et ce, plusieurs fois. Quel est l'objectif à long terme du CICR dans le cadre du programme ? Le CICR contribue à ce que le système carcéral dispose des installations médicales, des médicaments, du matériel et des compétences nécessaires au diagnostic et au traitement adéquat et durable de tous les détenus atteints de tuberculose. Cela va de pair avec le soutien apporté pour améliorer les conditions de vie des prisonniers. |