Protection
© CICR / Jon Bjorgvinsson / np-e-00101
L’échange de messages Croix-Rouge était essentiel pendant le conflit. Aujourd’hui, la priorité est le sort des personnes disparues.
Depuis mai 2006, la question des personnes disparues est devenue prioritaire. Au cours de l'année, le CICR a continué à recueillir des informations concernant les personnes disparues pendant le conflit, visitant à nouveau la plupart des familles qui avaient signalé la disparition de proches, dans le but d’obtenir des renseignements supplémentaires.
Grâce à ce processus et aux appels à la population lancés dans les médias, il a également documenté de nouveaux cas qui n’avaient pas été signalés jusqu’alors. Il a ensuite communiqué les noms des personnes recherchées aux autorités et au PCN-M (Parti communiste népalais – maoïste), rappelant aux deux parties leur obligation de fournir toute information en leur possession sur le sort des disparus. Le CICR a reçu un certain nombre de réponses qui lui ont permis de renseigner les familles sur le sort de leurs proches.
Au cours de l’année, 621 cas ont été résolus. À la mi-décembre, le CICR recherchait toujours 765 personnes, dont 30 mineurs (à l’époque de leur disparition) et 87 femmes.
Depuis le début de la période de transition, le nombre d’exactions graves à l’encontre de la population civile a diminué. La principale préoccupation du CICR est aujourd’hui le recrutement d’enfants par le PCN-M. L’institution suit notamment de près le cas de 31 enfants : elle a retrouvé leurs parents et elle évalue actuellement la situation de sécurité avant de les réunir avec leur famille. En attendant, les enfants sont hébergés dans un foyer à Katmandou.
À la fin de l’année, les activités relatives à la détention étaient très réduites. Presque toutes les personnes détenues par les forces de sécurité dans le cadre du conflit ont été libérées, à l’exception de celles accusées de crimes de droit commun. Le CICR continue à visiter ces dernières comme par le passé. Des personnes détenues par le CPN-M sous divers chefs d’accusation ont également été visitées.
En 2006, les délégués du CICR ont visité 221 lieux de détention du gouvernement (prisons, postes de police et camps militaires). Plus de 300 visites ont été effectuées, au cours desquelles 1 009 détenus ont été vus. Les délégués ont également visité 31 détenus dans 14 lieux de détention dépendant du PCN-M.
Avec l’aide de volontaires de la Croix-Rouge du Népal, 1 283 messages Croix-Rouge ont été échangés – dont 477 entre personnes détenues et des proches –, permettant aux familles de rester en contact avec les leurs. Là aussi, le nombre de messages Croix-Rouge échangés est en diminution depuis avril, du fait de la libération d’un grand nombre de personnes privées de liberté.
Risques liés aux restes explosifs
Afin d'éviter que des personnes ne soient blessées par des débris explosifs laissés après le conflit, le CICR apporte une aide financière et technique à la Croix-Rouge du Népal pour soutenir un programme éducatif réalisé dans 20 districts népalais touchés par le conflit. Quarante jeunes de la Société nationale ont été formés pour sensibiliser enfants et adultes au problème des restes explosifs, en particulier à la manière d'éviter les risques d’accidents liés à ces engins.
Assistance
Activités médicales
Les activités médicales du CICR sont axées sur les soins aux victimes du conflit, notamment grâce à des structures médicales situées à des endroits stratégiques. Des fournitures médicales (matériel de pansement, médicaments essentiels, film radiographique, etc.) ont été donnés à des hôpitaux de Katmandou et d’ailleurs.
En avril, pendant la période de troubles, le CICR a procuré des fournitures à des hôpitaux de Katmandou pour soigner jusqu’à 1 000 blessés. Il a également accordé une aide financière à des personnes hospitalisées pour des blessures reçues au cours du conflit.
Sécurité économique
Au total, 1 453 ménages de 34 districts ont bénéficié de la distribution d’articles ménagers de première nécessité (couvertures, bâches, assortiments d’ustensiles de cuisine), qui leur ont été remis par le CICR et la Croix-Rouge du Népal. Un millier de ces ménages avaient été victimes d’inondations (districts de Banke et de Bardya), 189 avaient été déplacés et 264 avaient subi d’autres conséquences du conflit.
En novembre, le CICR et la Croix-Rouge du Népal ont lancé un projet microéconomique visant à restaurer les moyens d'existence des victimes du conflit, détruits par les hostilités. Le projet est à l’essai dans 13 districts ; à la fin de l’année, 65 ménages avaient bénéficié d’une aide.
Eau et habitat
Le CICR, en coopération avec la Croix-Rouge du Népal, conduit 21 projets destinés à améliorer l'approvisionnement en eau et les conditions d'hygiène dans les prisons. Ces projets sont exécutés dans tout le pays en coopération avec les autorités concernées, au niveau des districts et au niveau national.
Le CICR travaille de concert avec des spécialistes de l’Université de Tribhuvan à la mise au point de biogaz et de biocombustibles sous forme de méthane et de briquettes dans le but de trouver des sources d'énergie plus efficaces devant contribuer à améliorer les conditions de vie des détenus et à faciliter les travaux de maintenance.
Dans les zones rurales du Népal, où l’accès à l’eau a été mis à mal par le conflit, le CICR aide les habitants à réhabiliter les installations locales d’approvisionnement. Dans 17 villages du district de Jumla, un vaste projet de remise en état des systèmes d’approvisionnement en eau potable touche à sa fin. Le projet comprend également la fourniture de latrines communautaires et la réparation d’un système d’irrigation.
Dans le district de Taplejung, l’équipe Eau et habitat a organisé un atelier de trois jours sur les questions d’eau et d’assainissement pour les représentants de 27 villages. Des outils et des pièces détachées ont par ailleurs été distribués. Des ateliers et interventions similaires sont prévus dans d’autres districts.
Promotion du droit international humanitaire
Pendant le conflit armé qu’a connu le Népal, le CICR n'a cessé de demander instamment à toutes les parties de respecter et de faire respecter les règles de droit.
Dans le nouvel environnement politique du Népal, le CICR concentre maintenant ses activités sur certains aspects spécifiques du DIH, notamment celles des disparus et des enfants. Le CICR va par ailleurs intensifier ses efforts pour encourager les autorités compétentes à ratifier plusieurs instruments importants de DIH et à en incorporer les dispositions dans la législation nationale.
Le CICR déploie en outre des efforts accrus afin de renforcer les capacités des forces armées et de sécurité à former leurs membres au DIH. De nombreuses discussions sur le DIH et sur les activités et le mandat du CICR se sont déroulées dans tout le pays, en présence de représentants du CPN-M.
Coopération avec la Société nationale
Le CICR mène ses activités opérationnelles en coopération avec la Croix-Rouge du Népal, notamment dans le domaine de l’assistance. Il apporte en outre à la Société nationale un soutien financier et technique afin de renforcer la capacité opérationnelle de cette dernière, privilégiant en particulier la formation de ses employés et de ses volontaires. Les ateliers et séminaires organisés en 2006 ont notamment porté sur l’intervention en cas d’urgence, les premiers secours, la connaissance du DIH, ainsi que sur les principes du Mouvement et sur l’emblème.