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15-07-2009  Interview  
Philippines : l'espoir de revoir sa famille a aidé Eugenio à supporter presque six mois de captivité
Alain Aeschlimann, chef des opérations du CICR pour l'Asie de l'Est, l'Asie du Sud-Est et le Pacifique, s’exprime sur la libération d’Eugenio Vagni, collaborateur du CICR, et sur les activités que l'institution mène actuellement aux Philippines.

Comment s'est déroulée la libération d'Eugenio ? Le CICR a-t-il payé une rançon ?

Permettez-moi tout d'abord de souligner à quel point nous sommes heureux et soulagés qu'Eugenio ait été libéré indemne, qu’il ait retrouvé sa femme et sa fille, et qu’il soit bientôt de retour parmi les siens en Italie.

Aux premières heures du 12 juillet (heure de Manille), les ravisseurs ont remis Eugenio à la vice-gouverneur de Sulu, Nur-Ana I. Sahidulla. Le CICR n’a versé aucune rançon pour la libération d’Eugenio, comme il ne l’avait pas non plus fait pour la libération de Mary Jean Lacaba et d’Andreas Notter en avril dernier. La politique du CICR est de ne pas payer de rançon. Déroger à cette politique que nous pratiquons depuis longtemps risquerait de compromettre la sécurité des collaborateurs du CICR et la capacité de l’institution de travailler dans des zones de conflit et d’autres régions sensibles du monde entier, y compris aux Philippines.

Après l’enlèvement de nos trois collègues le 15 janvier, nous n’avons ménagé aucun effort afin qu’ils puissent rentrer chez eux en toute sécurité. Nous avons été en contact régulier avec toutes les personnes engagées dans la résolution de cette crise, en particulier avec les autorités locales et nationales. Nous tenons à exprimer une nouvelle fois notre profonde gratitude à tous ceux qui ont travaillé en coulisse pour faire en sorte que Mary Jean, Andreas et Eugenio soient libérés sains et saufs.

Comment Eugenio a-t-il supporté ces six mois passés dans la jungle, et quel est son état de santé actuel ?

Eugenio dit qu’il n’a cessé de penser à sa famille et qu’il ne pouvait abdiquer. Il était déterminé à retrouver les siens. Le régime d’Eugenio était composé exclusivement de poisson et de riz, avec parfois quelques fruits. Il se porte étonnamment bien, si l’on considère qu’il a vécu presque six mois en captivité dans des conditions très dures. À présent, le plus important pour lui est qu'il se repose, qu'il récupère, et qu'il passe du temps avec sa femme, ses enfants et le reste de sa famille en Italie.

Quelle est la position du CICR sur les enlèvements en général ?

Nous condamnons tous les actes d’enlèvement, qui bafouent les principes humanitaires fondamentaux et le droit international. Nous comprenons la douleur de toutes les personnes enlevées et de leurs proches, et compatissons sincèrement à leurs souffrances. Le CICR demeure préoccupé par le sort d’autres otages encore retenus captifs dans le sud des Philippines.

Le CICR continuera-t-il de travailler aux Philippines ?

Le CICR maintient son engagement en faveur de la population des Philippines. Nous continuons d’apporter assistance et protection aux victimes du conflit armé et d’autres situations de violence dans le pays, en particulier dans le centre de Mindanao, où des dizaines de milliers de familles vivent encore dans des centres pour personnes déplacées. En collaboration avec la Croix-Rouge philippine, le CICR distribue des vivres et des articles ménagers de première nécessité, tels que du savon et de l’huile de cuisine, aux personnes qui ont été forcées de quitter leur foyer. Nous continuons également de former le personnel carcéral et de réparer les installations dans les prisons afin d’aider les autorités nationales à résoudre les problèmes d’ordre humanitaire qui y règnent.

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15-07-2009