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15-05-2007 Interview Mogadiscio : sauver des vies avec une brouette! L’hôpital de Medina est l’un des deux principaux centres médicaux soutenus par le CICR dans la capitale somalienne. Lors des violents combats qui ont eu lieu récemment, tous les moyens ont été utilisés pour y amener les blessés. Interview du directeur de l’hôpital, le docteur Sheikhdon Elmi.
©ICRC
Dr Sheikhdon Elmi
Quelle était la situation à l’hôpital durant les combats ?Vu que l’hôpital n’est pas trop proche du front, les alentours immédiats étaient calmes. Le problème est que l’hôpital a été submergé par l’afflux de blessés, pour la plupart des civils, dont des femmes et des enfants. Tant les patients que le personnel de l’hôpital éprouvaient parfois des difficultés à atteindre l’hôpital, en particulier la nuit, quand des bombardements frappaient la ville et que les routes étaient bloquées par les combats. Il n’y avait aucun moyen de transport et les personnes devaient attendre jusqu’au lendemain matin pour venir à l’hôpital. Imaginez, des blessés attendant 12 heures pour obtenir de l’aide ! Comment les personnes venaient-elles à l’hôpital ? Il n’y a pas de services d’ambulance à Mogadiscio et les personnes utilisaient n’importe quel moyen. Parfois, leurs parents les portaient, parfois elles arrivaient dans des brouettes ou sur des charrettes tirées par des ânes, en taxi ou en minibus… Elles utilisaient ce qu’elles trouvaient. C’était donc très, très difficile. Et ce n’était pas simple non plus durant la journée, car les moyens de transport étaient rares. De nombreuses routes étaient bloquées et les patients devaient traverser de nombreux points de passages. Parfois, même notre personnel ne pouvait pas atteindre l’hôpital, ou devait parcourir de longues distances à pied pour y arriver à cause de l’absence de transports. Et l’hôpital débordait de patients… La capacité normale est de 65 lits, alors qu’au plus fort de la crise, nous avons accueilli jusqu’à 200 patients hospitalisés. Nous serrions les lits les uns contre les autres afin de faire de la place pour en rajouter. Nous avons dû en mettre dans les couloirs et nous avons monté des tentes dans le parc. À l’hôpital, vous sentiez-vous en sécurité ? La communauté respecte énormément l’hôpital, car il est neutre : tous ceux qui y arrivent reçoivent les soins médicaux dont ils ont besoin. C’est notre politique : nous disons à tout le monde que nous sommes neutres et que nous traitons tout le monde de la même manière. Cela nous permet d’être en sécurité et de continuer à travailler. |