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3-02-2009  Interview  
Sri Lanka : le CICR continue de soutenir l’hôpital frappé par les bombardements
Les combats entre les forces gouvernementales et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) causent des morts parmi la population civile et entravent les opérations humanitaires. Des hôpitaux sont attaqués et la grande majorité des civils sont déplacés et confinés dans une zone dont la surface diminue de jour en jour. Le CICR appellent les deux parties au conflit à honorer leurs obligations découlant du droit international humanitaire. Interview de Monica Zanarelli, chef adjoint des opérations du CICR pour l’Asie du Sud.


Monica Zanarelli, chef adjoint des opérations du CICR pour l’Asie du Sud

Quelle est la position actuelle du CICR concernant les hostilités en cours dans le nord de Sri Lanka ?

Le CICR appelle les deux parties au conflit à offrir les garanties nécessaires au passage en toute sécurité afin que les patients puissent être évacués de la région de Vanni vers des hôpitaux situés dans les zones sous l’autorité du gouvernement. Le CICR appelle en outre les deux parties à honorer leurs obligations découlant du droit international humanitaire – surtout à épargner les infrastructures et les activités médicales en toute circonstance.

L’hôpital de Puthukkudiyiruppu aurait été bombardé une troisième et une quatrième fois. Quelle est la situation actuelle ?

Au moins neuf personnes ont été tuées et au moins 20 autres ont été blessées en résultat des trois premiers bombardements. L’hôpital a subi des frappes directes à trois reprises en moins de huit heures : deux fois entre 15h00 et 16h00, puis à nouveau à 22h20 heure locale. Lundi soir à 18h40, l’hôpital a été frappé une quatrième fois.

Le dimanche, la cuisine de l’hôpital a été touchée en premier, puis son église, et plus tard, une salle abritant des femmes et des enfants. Lundi, une autre salle a été frappée. Les bombardements ont probablement aussi fait des victimes à l’extérieur de l’hôpital, mais nous ne connaissons pas encore les chiffres exacts. Malgré les bombardements, les personnes blessées dans les combats incessants continuent d’affluer à l’hôpital.

Quand il a été frappé la troisième fois, plus de 800 personnes, dont 500 patients hospitalisés, s’abritaient dans l’hôpital.

Deux autres infrastructures médicales de la région de Vanni ont également été frappées par des bombardements ces dernières semaines, et à nouveau aujourd’hui. C’est inacceptable. Les blessés et les malades, le personnel médical et les infrastructures médicales sont tous protégés par le droit international humanitaire.

Quelle est la situation humanitaire sur le terrain ?

Les combats entre les forces du gouvernement et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) ne faiblissent pas. La grande majorité des civils sont déplacés et confinés dans une zone dont la surface diminue de jour en jour. Les personnes se déplacent, cherchant un lieu moins exposé et une plus grande sécurité.

Selon les estimations, la moitié seulement de la population aurait trouvé refuge dans la zone dite « sûre », qui est trop exiguë pour accueillir toute la population. Entre 10 000 et 15 000 familles, par exemple, se sont établies sur la côte, dans un endroit sans eau potable. Où qu’ils soient, les civils sont protégés par le droit international humanitaire et ne doivent pas subir les conséquences des combats.

Notre personnel sur le terrain n’a pas observé de grands mouvements de population – pas plus de 5 000 personnes depuis décembre dernier – sortant de la région de Vanni pour passer dans la zone sous l’autorité du gouvernement.

L’hygiène se détériore car les installations sanitaires, déjà limitées, sont encore plus fortement mises à contribution. Bien qu’aucun rapport n’ait fait état d’épidémie importante de maladies transmissibles, il est à craindre que cela se produise si la situation actuelle se prolonge.

Quels sont les plans immédiats du CICR pour venir en aide à ces personnes ?

La priorité du CICR est de continuer de soutenir le personnel médical de l’hôpital de Puthukkudiyiruppu. Notre personnel a construit une structure de fortune pour orienter les patients qui se présentent. Il reconstruit le mur de la salle des femmes et des enfants qui a été frappée dimanche, aide les patients à monter et descendre des ambulances, et contribue à préserver une hygiène rudimentaire en nettoyant l’hôpital. Dès que les conditions de sécurité le permettront, le CICR et la Croix-Rouge de Sri Lanka essayeront d’évacuer les corps de l’hôpital. Si des membres de leur famille peuvent être localisés, les corps leur seront ramenés dans la région de Vanni pour être enterrés conformément à la tradition locale.

Le CICR maintient des relations avec les deux parties pour leur rappeler leur obligation d’épargner les civils, les blessés et les malades, et le personnel et les infrastructures sanitaires, ainsi que leur obligation d’adapter les impératifs militaires aux exigences humanitaires.

Le CICR organise l’évacuation des patients de l’hôpital de Puthukkudiyiruppu vers la zone sous l’autorité du gouvernement, une tâche qui est devenue encore plus primordiale depuis que les combats se sont intensifiés. Toutefois, les patients nécessitant un traitement médical urgent doivent parfois attendre jusqu’à une semaine pour en bénéficier.

La nécessité d’apporter une aide humanitaire dans la région de Vanni devient pressante du fait de la détérioration de la situation sur le terrain. Cette nécessité est d’autant plus aiguë que la majorité des personnes sont déplacées et dépendent par conséquent totalement de l’aide provenant de l’extérieur de la zone de conflit. La perturbation des convois humanitaires a entravé la fourniture de vivres, d’abris et d’articles médicaux indispensables aux personnes prises au piège dans cette zone. À la fin de la semaine dernière, après 13 jours sans convoi, le CICR a facilité le passage de 170 tonnes de vivres fournis par le Programme alimentaire mondial dans la région de Vanni. Depuis, cependant, il n’a pas été possible d’y introduire d’autres secours d’urgence.

Quel est l’effectif du CICR dans la région de Vanni ?

Plus de 100 membres du personnel du CICR, dont trois expatriés, travaillent dans la région de Vanni. Le CICR collabore avec la Croix-Rouge de Sri Lanka pour soutenir le personnel du ministère de la Santé s’occupant des blessés et des malades à l’hôpital de Puthukkudiyiruppu.

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3-02-2009