30-08-2006 Déclaration Dans l’espoir contre tout espoir Le CICR appelle à l'adoption d'une Convention internationale contre les disparitions forcées C’est l’incertitude qui est la plus dure à supporter. Le temps qui passe n’apporte aucun soulagement à l’angoisse ou à la colère. Le 30 août, Journée internationale des disparus, nous nous souvenons de ceux qui ont été enlevés, détenus dans des lieux de détention clandestins, torturés, et dans certains cas, tués. Nous rendons hommage également au courage des familles maintenues dans une ignorance totale quant au sort de leurs proches. Saisissons aussi cette occasion pour réfléchir à la manière dont ces disparitions forcées peuvent être prévenues à l’avenir. La disparition forcée constitue un crime au regard du droit international des droits de l’homme et – lorsqu’elle se produit en temps de guerre – au titre du droit international humanitaire.
La disparition forcée constitue un crime au regard du droit international des droits de l’homme et – lorsqu’elle se produit en temps de guerre – au titre du droit international humanitaire. Elle équivaut à la suppression de l’existence même d’une personne et au refus de la protection juridique fondamentale à laquelle ont droit tout homme et toute femme, qu’ils soient innocents ou coupables. C’est une violation des droits de cette personne et de sa famille. Les dommages subis par les « désespérés », qui, contrairement aux « endeuillés », continuent d’espérer – contre toute attente – touchent non seulement les personnes mais les sociétés dans lesquelles ces personnes vivent. La nouvelle Convention contient une interdiction absolue des disparitions forcées en temps de paix comme en temps de guerre. Elle stipule également que nul ne peut être mis hors la loi. Après 25 ans de campagnes menées par les familles, le nouveau Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a approuvé la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées le 29 juin 2006. Ce texte sera soumis à l’Assemblée générale des Nations Unies pour adoption par les États. La nouvelle Convention contient une interdiction absolue des disparitions forcées en temps de paix comme en temps de guerre. Elle stipule également que nul ne peut être mis hors la loi. Elle oblige les États à reconnaître la disparition forcée comme un crime et énonce des mesures telles que l’enregistrement des détenus, leur droit d’accès à un tribunal ainsi que le droit de contacter leurs avocats et leurs familles. Fait important, elle établit un mécanisme international de surveillance du respect par les Etats des obligations qui leur incombent au titre de la Convention ainsi qu’une procédure de recours d’urgence qui peut être utilisée lorsqu’une disparition forcée et suspectée.
Il se peut que les pessimistes disent qu’il s’agit juste d’une convention de plus et qu’elle ne suffira pas à lutter contre les disparitions forcées. Et pourtant, au fil des années, nous avons vu que le développement du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme exerce progressivement une influence positive que nul n’aurait osé imaginer, ne serait-ce qu’il y a 50 ans. Une réglementation explicite des droits des personnes et des obligations des États contribue à fixer des limites claires entre l’état de droit et des actes arbitraires. Pour le CICR, les garanties les plus solides contre la disparition de personnes dans les conflits armées sont des visites régulières aux détenus et des actions menées pour le rétablissement et le maintien des liens familiaux. Le Comité international de la Croix-Rouge s’emploie inlassablement à tenter de mettre un terme aux disparitions forcées. Pour le CICR, les garanties les plus solides contre la disparition de personnes dans les conflits armées sont des visites régulières aux détenus et des actions menées pour le rétablissement et le maintien des liens familiaux. L‘année dernière, les délégués du CICR ont visité quelque 2 500 lieux de détention dans quelque 70 pays, des visites qui ont bénéficié à environ un demi million de détenus. Ils ont également suivi plus de 46 000 détenus qui avaient été préalablement visités et permis l’échange de quelque 100 000 messages personnels entre les détenus et leurs proches.
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