Um Alhassan est une jeune femme de 29 ans, mère de cinq enfants. Elle vit à l'étroit avec sa famille. Au camp, les conditions de vie sont radicalement différentes de celles qu'elle connaissait chez elle. Comme beaucoup d’autres familles déplacées dans le camp de Gereida, elle dispose de moyens très limités pour satisfaire les besoins quotidiens.
« Il y a trois ans, lors de la première attaque de notre village, Jeje, mon mari a été tué alors qu'il faisait le guet. Il n'était pas armé. Après cela, nous avons passé nous journées dans la brousse et nos nuits à la maison. Quatre mois plus tard, le village a de nouveau été attaqué et pillé, puis complètement brûlé. Ce jour-là, nous avons fui, pratiquement sans rien emporter, juste une casserole et quelques affaires. J’ai dû marcher pendant deux jours avec mes enfants pour atteindre Gereida », déclara Um Alhassan.
Vagues d’arrivées au camp de Gereida
Lorsque Um Alhassan, sa famille et tout le village sont arrivés à Gereida il y a trois ans, les organisations humanitaires fournissaient déjà des secours aux personnes déplacées venues d’autres villages. Les habitants de Jeje faisaient partie des groupes de nouveaux arrivés qui attendaient de l'aide. Aujourd’hui encore, des personnes déplacées continuent d'arriver au camp.
« Après notre arrivée au camp, nous avons dormi sous un arbre pendant le premier mois. Puis les habitants de la ville de Gereida nous ont donné un morceau de terre pour construire un abri. Pendant cette période, comme d'autres personnes récemment déplacées, nous avons survécu grâce aux quelques vivres que nous recevions et qui étaient récoltés lors de cérémonies organisées en souvenir des victimes du conflit », explique Um Alhassan.
Puis, Um Alhassan et sa famille ont commencé à recevoir des rations alimentaires mensuelles du CICR. « Je me souviens très bien de leur arrivée. C'était la seconde vague provenant de Jeje. Ils étaient des milliers, principalement des femmes, des personnes âgées et des enfants », déclara Ismail Osman, chargé de liaison du CICR sur le terrain. « La plupart des personnes déplacées étaient des agriculteurs, mais elles avaient perdu leurs terres à cause du conflit. Um Alhassan est l'une d'entre elles", ajouta-t-il.
Pour Um Alhassan, il était très difficile de s’en sortir avec les rares produits qu’elle recevait des membres de sa famille. Elle s’est remariée et elle s'occupe aussi de son beau-père, donc il lui manque beaucoup de choses pour faire face aux besoins quotidiens. Récemment, le CICR lui a fourni un assortiment d'articles ménagers essentiels. « Bien que nous soyons huit en famille et que j'aie vraiment besoin de beaucoup de choses, j'ai tout de suite su, lorsque j'ai reçu ces ustensiles, qu'ils allaient m'aider considérablement à accomplir mes tâches et qu'ils feraient une énorme différence. Je suis très contente de disposer de ces articles ménagers ».
Un rêve : rentrer bientôt chez soi
L’un des principaux soucis de Um Alhassan, c’est qu’elle doit se procurer du bois chaque jour pour faire la cuisine. Elle dit qu’à l’intérieur du camp, c’est assez sûr, mais pas dans les environs où elle doit se rendre pour trouver des arbres et du bois.
Même si la sécurité n’est pas une préoccupation majeure à Gereida et dans le camp, les zones environnantes sont rudes et isolées. Pendant la saison des pluies, tout le monde est encerclé par les crues, alors que pendant les mois d'été, la température atteint 45, voire souvent 50°. Néanmoins, les gens ont été tellement usés par les attaques et les pillages qu’a subis leur village qu’ils continuent à chercher refuge dans le camp.
« J’aimerais retourner dans mon village, mais la sécurité n’est pas encore assurée et je n’ai plus rien là-bas. Malgré tout, je me réjouis de rentrer pour commencer une vie nouvelle, même si je dois repartir de zéro », déclare Um Alhassan.