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25-08-2006  Éclairage  
Soudan : l’hôpital universitaire de Juba – avant et maintenant
C’est en 1993 que le CICR a commencé à travailler à l’hôpital universitaire de Juba (512 lits) au Sud-Soudan, avec une équipe chirurgicale d’expatriés qui traitaient les blessés de la guerre civile qui y faisait encore rage, après dix ans de combats. Depuis lors, cet hôpital (JTH) a été complètement transformé et est devenu l’hôpital de référence du Sud-Soudan.

En 1993, le CICR a installé un laboratoire et fourni un appareil de radiographie au JTH, afin de pouvoir offrir des soins chirurgicaux d’urgence et des soins post-opératoires dignes de ce nom à la population de la ville de Juba et des environs. Depuis lors, le CICR a maintenu une forte présence dans cet hôpital, où il est représenté actuellement par une équipe de 16 expatriés qui comprend deux chirurgiens et d’autres spécialistes (anesthésiste, pédiatre et généraliste). En 2001, pour répondre à une demande des autorités sanitaires locales, le CICR a commencé à renforcer les capacités du personnel soudanais par le biais de programmes de formation et de coaching destinés au personnel infirmier et aux assistants médicaux. Actuellement, cela reste un élément central du travail déployé par le CICR.

L’hôpital universitaire de Juba dispose de 400 infirmiers/-ères, dont 230 sont encore en formation. Quatre infirmiers du CICR – l’infirmier en chef, le formateur et deux infirmières de salle – sont responsables du coaching quotidien des étudiants dans les salles. L’infirmier formateur responsable et les autres enseignantes soudanaises donnent des cours théoriques et pratiques destinés à rafraîchir et à étendre les connaissances et les compétences des étudiants participant à cette formation sur le tas. De nouvelles méthodes pédagogiques sont introduites en classe, les règles et les règlements relatifs au personnel sont renforcés, et le travail pratique fait partie intégrante de la formation de chaque étudiant.

©ICRC / B. Heger / sd-e-01316
Entrée du service des urgences de l’hôpital universitaire de Juba, 15.05.2006


Réhabilitation majeure

Depuis 2002, le CICR a également organisé une formation pratique dans un institut de médecine, le Health Science Training Institute (HSTI). Il y a deux volets au programme qui est destiné aux assistants en médecine générale, aux assistants de laboratoire et aux assistants de salle d’opération. Le médecin et les chirurgiens du CICR participent à la formation pratique des étudiants en pédiatrie, médecine générale, chirurgie et dans d’autres domaines. En collaboration avec les autorités locales, le CICR a contribué à créer et à garnir des bibliothèques médicales à l’école de soins infirmiers et au HSTI.

Grâce au soutien de généreux donateurs, le CICR continue à approvisionner l’hôpital une fois par mois en fournitures pharmaceutiques, médicales et chirurgicales. Il met également à disposition de l’équipement et des produits chimiques pour le laboratoire, ainsi qu’une banque de sang. Les tests effectués comprennent les prélèvements sanguins, les diagnostics parasitologiques des selles, les tests hématologiques de base et tous les tests sérologiques nécessaires à la réalisation de transfusions sanguines sûres. En outre, le CICR fournit aussi régulièrement au JTH des articles d’hygiène, de la literie et des uniformes pour le personnel, et il finance également deux repas par jour pour les patients et des compléments nutritionnels pour ceux qui ont besoin d’un apport supplémentaire en protéines. Les 850 employés de l’hôpital reçoivent une aide pour payer leurs repas.

Au cours des ans, le CICR a joué un rôle majeur dans la réhabilitation de l’hôpital, et il contribue actuellement à remettre à neuf et à entretenir les infrastructures d’adduction d’eau et d’assainissement. Les coupures de courant étant fréquentes, le CICR fournit également du carburant pour le générateur de l’hôpital.

©ICRC / B. Heger / sd-e-01354
Une infirmière du CICR fait sa visite au service pédiatrique de l’hôpital universitaire de Juba, 15.05.2006


Un lointain souvenir

Margaret Sitti (53), assistante soudanaise de l’infirmière-chef en chirurgie, a commencé sa carrière au JTH comme assistante médicale stagiaire il y a 30 ans, et elle s’en souvient très bien. « Avant la guerre, il y avait environ 50 médecins qui travaillaient à l’hôpital, dit-elle, mais à cause du manque de sécurité pendant la guerre, très peu d’entre eux sont restés à Juba. L’hôpital ne recevait aucun soutien, et la situation se détériorait. Les patients devaient apporter eux-mêmes leurs fournitures médicales, il y avait des problèmes avec la stérilisation, l’électricité et l’approvisionnement en eau, et le personnel n’était pas payé ».

Un nouveau départ

Margaret a assisté à la métamorphose de l’hôpital : du triste état dans lequel il était, il est devenu un lieu où les gens qui s’y font soigner savent qu’il recevront le meilleur traitement disponible. Depuis la signature de l’Accord de paix global en janvier 2005, l’accès à l’hôpital s’est amélioré et celui-ci est devenu l’hôpital de référence du Sud-Soudan. Entre janvier et mai 2006, il a reçu 7 720 patients, dont 6 400 en médecine. Pendant la même période, 1 314 interventions chirurgicales ont été réalisées.

©ICRC / B. Heger / sd-e-01250
Des assistants médicaux reçoivent un cours d’un médecin local à l’hôpital universitaire de Juba, 15.05.2006


Récemment, un visiteur venant pour la première fois au JTH a été frappé par la multitude de gens qui se pressaient dans les couloirs et le parc. Des douzaines de femmes portant des enfants malades s’agglutinaient autour de l’infirmière qui fixait les rendez-vous pour les patients ambulatoires. Leurs maris regardaient la scène avec curiosité depuis le pas de la porte. Les salles étaient pleines, et les proches en visite faisaient des allées et venues ou s’étaient assis dans le jardin pour pique-niquer. Au milieu de ce brouhaha et de ce tumulte, le minuscule bureau du CICR, près du portail d’entrée, était un havre de tranquillité. En dépit d’un soudaine panne de courant, le travail routinier de gestion de l’hôpital s’est poursuivi sans interruption. C’est cette persévérance, nourrie par le soutien des donateurs, le dévouement du personnel hospitalier et des étudiants, et la bonne collaboration avec les autorités sanitaires, qui assure la qualité actuelle des soins et qui permet de penser que la remarque faite par Margaret Sitti sur le JTH pendant la guerre n’est plus qu’un lointain souvenir.






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25-08-2006