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Comité international de la Croix-Rouge
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21-01-2004    
Risques d’utilisation des sciences de la vie à des fins hostiles
Depuis de nombreux siècles, l’empoisonnement et la propagation délibérée de maladies sont réprouvés par l’opinion publique : de fait, ils sont prescrits dans différentes cultures, religions et traditions militaires. Cette interdiction se trouve énoncée dans plusieurs instruments internationaux, parmi lesquels figurent notamment le Protocole de Genève de 1925, la Convention de 1972 sur les armes biologiques et la Convention de 1993 sur les armes chimiques.

Pourquoi devons-nous nous inquiéter ?



Etude ADN
©CDC/James Gathany

En dépit de ces règles, la crainte d’une attaque d’importance majeure à l’arme biologique ne cesse de croître. La Convention de 1972 sur les armes biologiques interdit l’emploi de ces armes. Cependant, ce traité international ne prévoit aucune mesure de vérification du respect de ses dispositions et qui permettrait de dissuader ou d’attraper les tricheurs.

En même temps, et bien qu’ils ouvrent des perspectives fort attrayantes dans toute une série de contextes pacifiques, les nouveaux progrès enregistrés dans les sciences de la vie continuent à accroître le risque d’utilisation de la biotechnologie à des fins hostiles. Ces développements résident notamment dans une meilleure compréhension de l’organisme humain ainsi que dans les moyens de manipuler plus efficacement les processus vitaux essentiels.

Les informations recueillies auprès des gouvernements, des institutions des Nations Unies, des milieux scientifiques, des associations médicales et de l’industrie permettent d’établir une longue liste de possibilités, existantes ou émergentes, d’emploi abusif des progrès scientifiques, notamment :



©CICR

  • La propagation délibérée de maladies telles que la typhoïde, l’anthrax et la variole, dans le but de semer la terreur, de blesser et de tuer.
  • L’altération d’agents infectieux existants dans le but de les rendre plus nocifs.
  • La création de virus à partir de matériaux de synthèse, comme l’a démontrée la reconstitution du virus de la polio (dont les résultats ont été rendus publics en juillet 2002), à partir d’une formule disponible sur l’Internet et de séquenceurs de gènes achetés par correspondance.
  • La possible mise au point, à l’avenir, d’agents biologiques qui seraient utilisés contre des groupes ethniques ou raciaux spécifiques.
  • La création de nouveaux agents biologiques destinés à être utilisés en conjonction avec des mesures de protection (vaccin) de ses propres troupes ou de sa population.
  • Le recours à de nouvelles méthodes permettant de répandre en secret des agents biologiques présents en milieu naturel dans le but de modifier des processus physiologiques d’une population cible (conscience, comportement et fertilité, par exemple), parfois sur une période de plusieurs années.
  • La production d’agents biologiques destinés à attaquer des infrastructures agricoles ou industrielles. (Même en cas de propagation accidentelle, ces agents pourraient avoir des effets inconnus et incontrôlables sur l’environnement naturel.)

De tels développements risquent de rendre les armes biologiques plus attrayantes, plus efficaces et plus difficiles à déceler. On trouvera des explications (en anglais) sur les développements récents enregistrés dans les sciences de la vie, ainsi que sur la manière dont agissent certains agents biologiques tels que l’anthrax, sur le site http://science.howstuffworks.com/.(Veuillez noter que les liens vers des sites Internet externes n’engagent pas la responsabilité du CICR vis-à-vis des informations qu’ils contiennent.)

Le monde se trouve à un tournant


Zaïre, 1995. Infirmières changeant la literie de malades atteints de l'Ebola
©CDC

Face aux avancées des sciences de la vie, le monde paraît se trouver aujourd’hui dans le même type de situation que dans les années 1940, lors de l’apparition des sciences de l’atome. Deux voies sont possibles : soit exercer des contrôles d’ordre pratique adéquats sur ces nouveaux progrès afin d’en prévenir l’utilisation à des fins hostiles, soit permettre une prolifération incontrôlée et dangereuse. L’utilisation des avancées des sciences de la vie à des fins hostiles pourrait avoir des conséquences catastrophiques.

À travers ses contacts avec divers acteurs dans le domaine des sciences de la vie (non seulement l’industrie, mais aussi les milieux universitaires et les communautés scientifique et médicale), le CICR a observé à quel point ces interlocuteurs connaissent mal les risques d’utilisation à des fins hostiles des découvertes scientifiques ainsi que les règles existantes destinées à prévenir une telle utilisation. Or, la responsabilité juridique et morale de réduire au minimum les risques d’utilisation abusive incombe au premier chef à ces mêmes personnes. Ce constat est l’un des éléments qui ont conduit le CICR à lancer, en septembre 2002, un appel public intitulé « Biotechnologie, armes et humanité ».


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Rubrique :  Focus > Biotechnologie et armes
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