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Comité international de la Croix-Rouge
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25-06-2004  Rapport d'activité  
Rapport d'activité du CICR pour 2003 : extraits
Environnement , opérations, activités dans les différentes régions du monde, action humanitaire indépendante et neutre.    



Message du président et du directeur général

Apporter protection et assistance aux victimes de la guerre dans diverses régions du monde, telle a été, cette année encore, la difficile tâche du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Afin de la mener à bien, l’institution a maintenu un réseau constitué de plus de 80 délégations et missions ; si l’on inclut les sous-délégations et autres bureaux sur le terrain, le CICR compte environ 220 représentations à travers le monde et, au total, un effectif de plus de 12 400 personnes. De nouveaux bureaux ont été ouverts dans les Îles Salomon ainsi qu’à Ankara et à Londres. Les délégués du CICR ont visité près de 470 000 personnes détenues dans 1 900 lieux de détention dans 80 pays. Le CICR a permis aux membres des familles séparées par suite d’un conflit ou d’une situation de troubles intérieurs d’échanger 1,3 million de Messages Croix-Rouge (MCR) et plus de 4 000 personnes ont été localisées à la demande de leurs proches, restés sans nouvelles. Au cours de l’année, 1,3 million de personnes ont reçu une assistance sous forme de vivres et autres secours de première nécessité ; 108 000 patients, dont 16 000 blessés de guerre, ont reçu des soins dans des hôpitaux administrés ou soutenus par le CICR. Au total, quatre millions de personnes ont bénéficié de soins de santé primaire et 34 000 handicapés – parmi lesquels 9 000 victimes des mines – ont été équipés de prothèses ou d’orthèses fournies par le CICR. Réalisés par le CICR dans 85 pays, des projets de construction, d’approvisionnement en eau et d’assainissement ont répondu aux besoins de 19 millions de personnes.

Le CICR ayant pour mission de protéger la vie et la dignité des personnes touchées par guerre, ses délégués sont restés en Irak pendant toute la période des hostilités actives, et au-delà ; de même, au cours de l’été 2003, les délégués du CICR ont continué d’assister les civils au plus fort des combats survenus à Monrovia, la capitale du Libéria. Malheureusement, un bilan tragique est venu sanctionner cette volonté déterminée de rester sur place et d’aider les populations prises dans la tourmente : au cours de l’année, cinq membres de notre personnel ont perdu la vie en Irak et en Afghanistan. Après une attaque à la voiture piégée qui visait notre délégation à Bagdad et qui a fait 12 morts, le bureau de Bagdad a été provisoirement fermé, de même que celui de Basrah.

Les événements qui se sont succédés en 2003 montrent à quel point l’environnement sécuritaire peut être instable et dangereux, dans des situations où, pourtant, une action humanitaire est plus nécessaire que jamais pour sauver des vies. Un niveau élevé de polarisation et de radicalisation caractérise les conflits d’aujourd’hui ; cette évolution nous amène à réaffirmer avec force les principes qui sous-tendent notre action. Nous sommes convaincus qu’il n’existe qu’un seul moyen de préserver la sécurité de notre personnel : tout mettre en œuvre pour conserver la possibilité de mener une action humanitaire indépendante et neutre au cœur des conflits. Il nous faut analyser chacune de ces situations en tenant compte à la fois des menaces qui planent sur notre personnel sur le terrain, dans le pays concerné et dans les pays voisins, et des risques que leur présence pourrait faire courir aux collaborateurs du CICR travaillant dans d’autres régions du monde. Nous devons donc étendre notre réseau de contacts afin de faire mieux connaître et mieux accepter le CICR par toutes les parties impliquées dans des conflits. En même temps, nous devons renforcer les mesures de sécurité, sans toutefois mettre en péril, d’aucune manière, notre indépendance vis-à-vis des responsables politiques.

L’action menée pour sauvegarder l’indépendance du CICR et s’assurer que celle-ci est perçue et comprise par toutes les personnes concernées constitue aujourd’hui une priorité essentielle, et le restera tout au long des années à venir. Elle revêt d’autant plus d’importance que de nombreuses organisations, y compris les forces armées, ont actuellement tendance à présenter leurs activités comme ayant un caractère humanitaire. L’expérience récente, en Afghanistan et en Irak occupé, a révélé une confusion dangereuse dans la perception, par le public, des rôles joués par les différentes entités impliquées, quels que soient leurs objectifs déclarés – humanitaires, politiques, militaires, etc. Le CICR n’a aucune réticence à coopérer avec les militaires, tout au contraire, car les armées et les soldats sont responsables au premier chef de mettre en œuvre le droit international humanitaire. Cela dit, une aide humanitaire impartiale – apportée à toutes les victimes de conflit armé par une organisation neutre et indépendante telle que le CICR – ne peut pas avoir les mêmes buts, en termes de politique et de sécurité, que l’aide apportée par des entités impliquées dans une action militaire, aussi légitimes que puissent être les buts poursuivis par ces entités. Nous tenons à affirmer haut et fort notre position ; pour cela, nous menons un dialogue éclairé avec tous les acteurs présents sur la scène humanitaire, y compris les États, les organisations internationales, les Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et leur Fédération internationale et, enfin, les organisations non gouvernementales. Un tel dialogue doit non seulement permettre au CICR de recenser les domaines dans lesquels une confusion est à craindre (les distinctions nécessaires risquant d’être estompées), mais aussi de mettre en évidence les domaines dans lesquels une synergie et une complémentarité pourraient exister.


L’acceptation du CICR par les belligérants tient en grande partie au respect, par l’institution elle-même, des Principes fondamentaux de neutralité et d’indépendance, garants d’une action impartiale et universelle. Le fait que le CICR respecte scrupuleusement ces principes doit être clairement expliqué et compris, et nos opérations doivent s’accompagner d’une action visant à projeter cette image. Le lancement en 2003 des sites Internet du CICR en langues arabe et russe –venus s’ajouter aux sites existants en anglais, espagnol et français – témoigne de cette volonté, de même que le prochain lancement d’un site en langue chinoise.

La pertinence du droit international humanitaire ayant parfois été mise en question, le CICR s’est attaché en 2003 à évaluer l’adéquation de ces règles juridiques à la réalité des conflits armés d’aujourd’hui : en décembre 2003, à l’issue de larges consultations, le CICR a présenté à la XXVIIIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge un rapport sur Le droit international humanitaire et les défis des conflits armés contemporains. Si ce rapport confirme la pertinence générale du droit existant, il souligne également la nécessité de renforcer le respect des dispositions juridiques en vigueur et de poursuivre l’élaboration de règles visant à assurer la protection des personnes touchées par les conflits armés non internationaux. La XXVIIIe Conférence internationale a appuyé les conclusions du CICR.

Dans une résolution adoptée par la XXVIIIe Conférence internationale, tant les États parties aux Conventions de Genève que les composantes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont renouvelé leur engagement de défendre la dignité humaine en toutes circonstances. La Conférence a entériné un Agenda pour l’action humanitaire qui, entre autres choses, fixe les nouveaux buts suivants : premièrement, redoubler d’efforts pour élucider le sort des personnes portées disparues lors d’un conflit, de manière à alléger le fardeau porté par leurs familles – de fait, la recherche d’une solution au problème des disparus constitue l’une des priorités dans les opérations que nous menons à travers le monde ; deuxièmement, intensifier l’action visant à contrôler la mise au point, la prolifération et l’emploi des armes nouvelles.

En 2004, comme dans les années à venir, le CICR continuera à promouvoir la protection de la dignité humaine en poursuivant son action, indépendante et impartiale, et en maintenant un large dialogue avec toutes les parties – groupes et individus – susceptibles d’influencer le sort des personnes touchées par la guerre. Il s’agit là d’une tâche gigantesque, mais nous entendons œuvrer sans relâche pour concrétiser notre vision, celle d’un CICR qui se dresse résolument aux côtés des personnes touchées par un conflit armé ou toute autre situation de violence.


Jakob Kellenberger
Président


Angelo Gnaedinger
Directeur général

Environnement

2003 laissera le souvenir d’une année charnière, au cours de laquelle le monde est devenu plus imprévisible et plus dangereux.

Les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 ont continué d’être ressenties partout dans le monde. Un nouveau clivage est apparu entre, d’une part, les pays engagés dans ce que l’on nomme désormais « la lutte contre le terrorisme » et, d’autre part, les différents groupes et réseaux qui s’opposent violemment à eux, en recourant de plus en plus souvent à des méthodes non conventionnelles, aux effets indiscriminés. La polarisation s’est également manifestée à travers la réapparition des tensions qui marquent les relations entre « le Nord » et « le Sud » touchant la pauvreté, les termes de l’échange, l’accès aux ressources et le contrôle de celles-ci.

La lutte mondiale conduite par les Etats-Unis d’Amérique et leurs alliés a continué de revêtir différentes formes en cours d’année. Des opérations de grande envergure ont été menées par la police et les forces de sécurité. Un certain nombre d’États ont pris le prétexte de la « lutte contre le terrorisme » soit pour augmenter les pressions exercées à l’encontre de l’opposition interne ou des groupes de résistance, soit pour attaquer ouvertement ces opposants ; la population civile a souvent subi les graves conséquences de ces actions. C’est dans ce contexte général que sont venus s’inscrire le conflit armé international contre l’Irak et l’occupation subséquente de ce pays.

Certains événements ont pris une tournure plus positive. Une amorce de règlement a commencé à se dessiner pour plusieurs conflits armés, en cours depuis de longues années, l’action menée pour faire cesser les hostilités ayant débouché sur des efforts de stabilisation ou permis le passage à une phase de transition. Un tel phénomène a pu être observé en Angola et au Soudan ainsi que, dans une moindre mesure, en République démocratique du Congo et dans certaines régions de l’Afrique occidentale.

Ailleurs, dans des pays tels que le Népal et le Burundi, le Libéria et le Myanmar, des situations de conflit ou de violence trouvant leur origine dans le pays même ont provoqué de graves souffrances.

Sans avoir complètement disparu, les conflits identitaires ou ethniques des années 1990, qui ont provoqué des pertes humaines considérables et des déplacements massifs de populations, ne constituent plus le type le plus courant de confrontation. Ils ont cédé leur place aux diverses tactiques utilisées dans le cadre de « la lutte contre le terrorisme », telles que, notamment, les actes de violence aveugle perpétrés par des entités non étatiques et le recours accru à des politiques répressives dans certains États.


Opérations

Pour le CICR, le caractère toujours plus imprévisible de l’environnement s’est principalement traduit par une grave détérioration des conditions de sécurité. Le CICR a considéré de tout temps que la sécurité de son personnel et des bénéficiaires de son action constituait l’une de ses responsabilités essentielles. Le fait d’intervenir dans des situations de conflit armé ou d’autres situations de violence implique nécessairement de devoir affronter des niveaux élevés de risque. Le CICR s’est donc doté de politiques et d’instruments visant à limiter – autant que faire se peut – l’exposition aux risques inhérents à ses activités.

Le CICR n’a jamais établi de distinction entre la sécurité de ses collaborateurs et la sécurité de l’ensemble des personnes qui se trouvent dans les régions où il mène ses activités. De fait, toute son action humanitaire découle de sa mission – alléger les souffrances des personnes touchées par les conflits armés ou d’autres situations de violence – et ce même engagement s’exerce à l’égard du personnel de l’institution.

Dans le passé, le plus grand risque couru par le personnel du CICR consistait simplement à se trouver « au mauvais endroit, au mauvais moment ». Il en est allé différemment en 2003 : le CICR a été victime de trois attaques délibérées, en Afghanistan et en Irak, qui ont coûté la vie à quatre membres de son personnel. Un cinquième collaborateur du CICR a été tué dans un échange de tirs à Bagdad. Les Sociétés nationales ont également été prises pour cible – de tels incidents ont notamment coûté la vie à deux employés du Croissant-Rouge afghan..

Il est vrai que deux des attaques délibérées – l’une en mars près de Kandahar, l’autre en juillet à Bagdad – ont paru s’expliquer par une perception erronée de la réalité, établissant un lien entre la présence du CICR et l’action politique et militaire engagée au niveau international ; par contre, l’attentat à la voiture piégée dirigé contre les bureaux du CICR à Bagdad en octobre réunissait toutes les caractéristiques d’une attaque planifiée, directement dirigée contre l’institution.

Auparavant, pour travailler dans une région donnée, il suffisait au CICR d’évaluer les risques et de déterminer le niveau d’acceptation de l’institution. Un changement a commencé à se dessiner au cours de l’année écoulée : désormais les délégations du CICR doivent également évaluer l’impact que les menaces et les perceptions erronées observées à travers le monde pourraient avoir sur leur environnement local.

La polarisation croissante de l’environnement, apparue depuis les événements du 11 septembre 2001, a également provoqué un débat sur l’avenir de l’action humanitaire indépendante. En raison des circonstances, des pressions se sont exercées sur toutes les organisations pour les amener à prendre parti. Tout au long de 2003, l’attention s’est portée massivement sur deux contextes particuliers – l’Irak et l’Afghanistan – mais la position du CICR n’a pas varié : l’institution devait déployer ses activités humanitaires dans tous les pays où son intervention était requise. Comme toujours, l’avantage spécifique de la démarche opérationnelle du CICR a résidé dans la proximité de l’institution avec les personnes qu’elle s’attachait à secourir. Dans 79 contextes, à travers le monde entier, et malgré les difficultés dues aux conditions de sécurité, les 11 600 personnes qui constituent l’effectif du CICR ont accompli leurs tâches d’importance vitale, souvent en collaboration avec les Sociétés nationales et leur Fédération internationale.


Afrique

C’est sur le continent africain que la plus grande partie des activités du CICR ont continué de se dérouler ; de fait, malgré les pressions en Irak, les opérations du CICR en Afrique se sont poursuivies sans aucune réaffectation de ressources.

Dans la Corne de l’Afrique, le CICR s’est engagé dans un important programme de sécurité alimentaire afin de contribuer à écarter la menace de famine dans certaines régions de l’Éthiopie touchées par des troubles ou violences internes. Au Soudan, la stratégie a été graduellement modifiée en raison des pourparlers de paix en cours ; en même temps, le CICR a commencé à intervenir en vue de limiter les graves conséquences, sur le plan humanitaire, du conflit dans la région du Darfour.

En Afrique de l’Ouest, le Libéria a posé le plus important défi opérationnel, une succession d’épisodes de conflit et de flambées de violence ayant marqué la fin du printemps et le début de l’été 2003. Bien qu’il ait dû travailler dans des conditions de sécurité extrêmement volatiles, le personnel du CICR a réussi à assurer le fonctionnement des services médicaux et chirurgicaux ainsi qu’à secourir un grand nombre de personnes déplacées. Le CICR a également continué de tenter de limiter les conséquences du conflit en cours en Côte d’Ivoire.

Dans la région des Grands Lacs, d’importantes opérations du CICR se sont poursuivies en République démocratique du Congo, où l’institution s’est attachée, en particulier, à permettre le rétablissement des liens familiaux ainsi qu’à fournir un soutien sur le plan médical. Au Burundi, le CICR a pu étendre en cours d’année le cadre géographique de ses opérations.


Asie

Malgré le meurtre de l’un de ses délégués près de Kandahar, le CICR est demeuré résolu à travailler en Afghanistan. Les visites de personnes privées de liberté, détenues par les autorités afghanes ou par les forces armées des Etats-Unis, se sont poursuivies, de même que les activités menées par le CICR dans les domaines de l’assistance médicale et de l’appareillage orthopédique. Des efforts considérables ont été déployés dans tout le pays afin d’expliquer le rôle du CICR ainsi que le caractère neutre et indépendant de son action humanitaire.

Les opérations en Indonésie – en particulier dans la province d’Aceh – ont connu à la fois des revers et des succès. La Croix-Rouge indonésienne a apporté son appui au CICR dans le cadre des pourparlers avec les autorités qui ont débouché sur le retour des délégués à Aceh après quatre mois de suspension d’activité.

La délégation du CICR à Kuala Lumpur a continué de consacrer d’importants efforts au renforcement de ses contacts ainsi qu’au développement des activités engagées dans les domaines de la diplomatie humanitaire et de la communication dans les pays de l’Asie de l’Est et du Sud-Est. Les discussions sur le fond menées entre le CICR et la Chine au sujet de l’ouverture à Beijing d’une délégation régionale méritent notamment d’être relevées.


Moyen-Orient

La situation au Moyen-Orient a été dominée par le conflit en Irak et l’occupation subséquente du pays. Le CICR a pris la décision de rester sur place et de maintenir sa capacité opérationnelle lorsque les hostilités ont éclaté le 19 mars 2003. Les équipes médicales du CICR à Bagdad, Basrah et Arbil ont déployé des activités essentielles, qui ont souvent permis de sauver des vies. Au lendemain de la chute de Bagdad, le CICR a dû relever un double défi : adapter ses opérations à la nouvelle donne et résoudre les problèmes provoqués par la rapide détérioration des conditions de sécurité. Quatre membres du personnel du CICR ont perdu la vie entre avril et octobre 2003, tandis qu’un coup terrible était porté aux Nations Unies, dont le quartier général à Bagdad a été attaqué le 19 août. Le plus lourd tribut a cependant été payé par la population irakienne. Après l’attentat du 27 octobre contre son bureau dans la capitale irakienne à Bagdad, le CICR s’est refusé à placer ses opérations sous protection militaire et cette décision a conduit à la fermeture temporaire de ses bureaux à Bagdad et Basrah. Néanmoins, le CICR est demeuré résolu à poursuivre ses activités en Irak, en particulier dans les domaines de l’assistance aux personnes privées de liberté et de l’aide d’urgence ; il a arrêté de nouvelles modalités de travail qui devaient être mises en œuvre en 2004.

La situation en Israël et dans les territoires palestiniens est restée très préoccupante. Les attaques indiscriminées contre des civils ont continué, et l’impact de la « Barrière de Cisjordanie » sur les civils palestiniens a été de plus en plus durement ressenti par la population.


Europe et Amériques

Deux situations prévalant sur ces continents – dans le Caucase du Nord et en Colombie – ont continué de préoccuper gravement le CICR.

Si, en Colombie, les mouvements de populations ont eu moins d’ampleur qu’initialement prévu, les personnes touchées par le conflit en cours ont été confrontées à de graves problèmes qui ont exigé l’intervention du CICR.

Dans la Fédération de Russie, le CICR a poursuivi ses démarches afin d’obtenir un libre accès aux personnes détenues en relation avec les opérations de sécurité en cours en Tchétchénie. Le CICR a informé à plusieurs reprises les autorités tchétchènes et russes de sa préoccupation à ce sujet. Il a en outre poursuivi d’importants programmes d’assistance en Ingouchie, en Tchétchénie et au Daghestan.

Les visites du CICR aux personnes internées sur la base navale de Guantanamo Bay se sont poursuivies pour la deuxième année. À plusieurs reprises, le CICR a eu, avec les autorités américaines, des entretiens axés sur leurs divergences d’opinion quant au statut des internés ainsi que sur les préoccupations de l’institution quant aux conditions d’internement et au traitement de ces prisonniers.

Action humanitaire indépendante et neutre

La pertinence du droit international humanitaire – en particulier dans le contexte de la « lutte contre le terrorisme » – a été mise en doute au lendemain des événements du 11 septembre 2001. La possibilité de mener une action humanitaire neutre et indépendante a également été remise en question. Le CICR, avec bien d’autres, a relevé le défi. À travers ses opérations sur le terrain, il s’est efforcé de démontrer, par des actes concrets, que le droit international humanitaire et la démarche opérationnelle du CICR étaient non seulement crédibles mais aussi nécessaires dans un monde aussi divisé.


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