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Comité international de la Croix-Rouge
15-04-2009  Le point sur les activités  
Colombie : les conséquences humanitaires du conflit armé s'amplifient
Panorama général des activités du CICR en Colombie durant l'année 2008

Le conflit armé qui ravage la Colombie depuis plusieurs décennies a de graves conséquences sur le plan humanitaire pour la population civile.

Les affrontements armés entre les parties au conflit engendrent notamment des déplacements massifs, des exécutions sommaires, des disparitions, des prises d’otages et le recrutement forcé d’enfants.

Dans ce contexte, le CICR s’emploie à offrir protection et assistance aux victimes du conflit armé et à rappeler à toutes les parties au conflit leur obligation de respecter et de protéger la population civile, la mission médicale et les personnes mises hors de combat pour blessures, maladie, privation de liberté, ou parce qu’elles ont déposé les armes.

Au cours de l’année 2008, le CICR a continué à œuvrer afin d’apporter protection et assistance aux victimes du conflit armé. À cette fin, il a ouvert deux nouveaux bureaux entre novembre 2008 et février 2009 : un à San José de Guaviare (département de Guaviare) et l’autre à Pasto (département de Nariño). Ces nouveaux bureaux viennent s’ajouter aux 11 autres qui sont déjà en fonction et permettent à l’institution d’étendre son action humanitaire à d’autres zones durement touchées par le conflit armé.

Dans ce contexte, le CICR travaille en coopération avec son partenaire naturel, la Croix-Rouge colombienne.

Protection

En 2008, le CICR a entretenu des contacts permanents avec les victimes du conflit armé dans le but notamment de recueillir des témoignages concernant des violations présumées du droit international humanitaire (DIH). Avec l’autorisation des victimes et de leur famille, il en a discuté, de manière confidentielle, avec leurs auteurs présumés (forces gouvernementales et groupes armés organisés), à qui il a rappelé les règles du DIH, les invitant expressément à les respecter et les rendant attentifs aux conséquences humanitaires de tels agissements.

Au cours de l’année, le CICR a consigné 300 cas d’exécutions sommaires et de décès survenus par suite du conflit armé. Il a en outre porté assistance à près de 1 500 personnes ayant fait l’objet de menaces, les aidant à s’installer dans des lieux plus sûrs. Enfin, il a pris en charge les frais de funérailles de nombreuses familles victimes de la violence.

Personnes disparues

En 2008, le CICR a recueilli des témoignages concernant quelque 300 disparitions de personnes dans le cadre du conflit armé. Il a également publié un document contenant des recommandations en vue de l’élaboration de politiques publiques en matière d’accompagnement psychosocial des familles concernées, ainsi que de mécanismes de recherche et d’identification des personnes disparues.

Personnes prises en otage

En 2008, le CICR a fait part à plusieurs reprises de ses préoccupations quant au sort des otages se trouvant aux mains de groupes armés organisés. Il a poursuivi son dialogue avec les parties au conflit dans le but d’obtenir la libération de ces personnes.

Lorsque des libérations surviennent, le CICR offre son appui logistique pour faciliter le retour chez eux des anciens otages. Au cours de l'année sous revue, le CICR a participé à la libération de 29 civils et de 2 militaires, qui ont été remis à leurs familles et aux autorités nationales. Parmi les 1 610 cas de violations présumées du droit international humanitaire enregistrées par le CICR en 2008, 76 concernaient des civils pris en otage.

Rétablissement des liens familiaux

Afin d’atténuer les conséquences engendrées par la dispersion des familles, le CICR a continué de faciliter l'échange de nouvelles familiales entre civils. En 2008, les délégués du CICR ont collecté et distribué respectivement 34 et 23 messages Croix-Rouge.

Les femmes dans la guerre

En 2008, le CICR a mis l’accent sur l’importance de protéger et de soutenir les femmes touchées par le conflit armé. Il a ainsi décidé d’accompagner, en qualité d’observateur, diverses organisations et associations de femmes, dans le but de faire des recommandations pour que soient mises à exécution les décisions rendues par la Cour constitutionnelle en matière de garantie et de restitution des droits des personnes déplacées.

Parmi les quelque 73 000 personnes déplacées auxquelles le CICR a porté assistance l’an dernier, près de 26 % étaient des femmes, et un pourcentage identique, des jeunes filles. Le CICR a fourni une aide humanitaire à plus de 4 000 femmes ayant charge de famille, enregistrant en outre 62 cas de personnes victimes de violences sexuelles, dont 41 femmes et 18 jeunes filles.

Attaques contre la mission médicale

Le CICR a consigné 35 cas d’infractions commises contre la mission médicale en 2008. Les principales infractions observées sur le terrain ont été : menaces individuelles, privation de liberté de membres du personnel de santé dans l'exercice de leur profession, entraves aux soins de santé aux blessés et aux malades, ainsi qu’entraves aux évacuations médicales et à l’accès de la population civile aux services de santé, et attaques directes contre des unités sanitaires ou du personnel de santé.

Recrutement de mineurs

Le recrutement de mineurs ou les menaces de recrutement continuent à préoccuper le CICR, en raison des conséquences humanitaires – en terme d’atteintes physiques et psychologiques, en particulier – que de telles pratiques engendrent chez les individus mineurs et chez leurs familles. Une soixantaine de cas de recrutements de mineurs ont été enregistrés par le CICR en 2008.

Visite aux personnes privées de liberté en raison du conflit armé

En 2008, afin de vérifier les conditions de détention des personnes privées de liberté pour des motifs liés au conflit armé et de se rendre compte du traitement qui leur était réservé, les délégués du CICR ont continué de visiter les lieux permanents et provisoires de détention. Ils ont également assuré le suivi de cas de personnes privées de liberté en raison du conflit armé, faisant en outre bénéficier 2 000 détenus et les membres de leurs familles du programme de rétablissement des liens familiaux.

L’année dernière, le CICR a effectué quelque 600 visites dans 261 lieux de détention situés dans différentes régions du pays. Il a ainsi pu suivre la situation de plus de 6 000 personnes privées de liberté en raison du conflit armé.

Assistance

Assistance aux personnes déplacées

Pendant toute l’année, mois après mois, la délégation du CICR en Colombie a apporté une assistance humanitaire d’urgence aux familles déplacées, afin de répondre à leurs besoins essentiels.

Plus de 70 000 personnes (18 000 familles) ont ainsi bénéficié de l’aide du CICR en 2008. Dans 80 % des cas, il s’agissait de déplacements individuels dus, pour la plupart, à des menaces de mort, au harcèlement psychologique ou à la crainte de recrutements forcés. Les cas de déplacements massifs sont principalement imputables à des menaces de mort, au harcèlement psychologique, aux affrontements armés ou à la mort d’un parent dans le cadre du conflit.

En 2008, le CICR a encore renforcé et développé son programme de distribution d’aide alimentaire et d’articles d’hygiène aux familles déplacées, grâce à un système de bons dont près de 30 000 personnes ont bénéficié.

Sécurité alimentaire

En 2008, le CICR a mené 25 projets axés sur la sécurité alimentaire – programmes agricoles destinés à rétablir ou à préserver les moyens de subsistance des foyers éprouvés par le conflit armé. Plus de 1 000 familles en ont bénéficié.

Dans le but de répondre aux besoins essentiels des familles, le CICR leur distribue en outre, pour une période maximale de trois mois, des colis alimentaires ou des bons grâce auxquels elles peuvent se procurer des denrées à proximité d’où elles vivent. Cette assistance peut être étendue – toutefois pas au-delà de six mois – s’agissant de personnes particulièrement vulnérables : femmes, hommes ou personnes âgées ayant charge de famille, ainsi qu’orphelins et familles avec personnes handicapées. En plus de cette assistance alimentaire, les bénéficiaires reçoivent aussi des articles ménagers de première nécessité tels qu’ustensiles de cuisine, articles d'hygiène, vaisselle, vêtements, matelas et/ou hamacs, draps, couvertures et bâches.

Eau et habitat

En raison du conflit armé qui sévit en Colombie, les besoins des communautés – notamment celles qui sont situées dans les zones rurales les plus éloignées des centres urbains – ne sont satisfaits que dans une moindre mesure, ce qui a pour conséquence de limiter leur développement. La plupart de ces communautés ne disposent par exemple pas d'une infrastructure civile appropriée qui leur permettrait d’avoir accès à des services de base tels qu’eau potable, assainissement, éducation, santé et moyens de production. En 2008, le CICR a participé financièrement à 46 projets de construction ou de remise en état de petites infrastructures, à hauteur de 460,000 USD.

Santé

En 2008, le CICR a, avec l’appui des autorités locales et des communautés, construit, modernisé et/ou équipé en matériel médical 15 postes de santé. Ceux-ci offrent aujourd’hui des soins de santé de meilleure qualité aux communautés qui vivent dans des zones durement éprouvées par le conflit armé et qui ont de grandes difficultés à accéder aux services de santé primaires.

Le CICR a également assuré des accompagnements médicaux dans différentes régions du pays, prêté assistance à des victimes de violences sexuelles survenues dans le cadre du conflit armé et mis en place des unités mobiles de santé, grâce auxquelles près de 4 000 consultations ont été données.

Dans ce contexte, il a également orienté quelque 3 000 victimes du conflit armé vers des services de santé primaires, apportant un soutien financier à nombre d’entre elles pour qu’elles puissent avoir accès au système de santé.

Contamination par les armes

Dans le but de réduire les risques auxquels sont exposés quotidiennement les habitants de zones contaminées par des armes et leur permettre d’accéder plus sûrement aux services et infrastructures de base tels que sources d’eau, centres de santé, écoles et terres cultivables, le CICR construit ou remet en état des infrastructures physiques, développe des programmes visant à l’autonomie des communautés économiquement éprouvées par le conflit armé et entretient un dialogue confidentiel avec les parties au conflit pour les tenir au courant des effets de la contamination par les armes sur la population civile.

En 2008, 205 victimes du conflit armé ont entamé un processus de réadaptation physique dans des centres soutenus par le CICR. Elles y ont aussi reçu des appareils orthopédiques – dont 103 ont été donnés à des victimes de mines antipersonnel, de restes explosifs de guerre ou d’autres engins explosifs.

Communication

Le CICR a continué de proposer aux forces militaires des séminaires de consultation destinés à renforcer l’intégration du droit international humanitaire dans la formation et dans l‘entraînement de leurs membres. En collaboration avec la Croix-Rouge colombienne, il a poursuivi son processus d’intégration des normes du DIH dans la formation, l’entraînement et le recyclage de la police nationale de Colombie.

Voir aussi :

  • le communiqué de presse

  • Version espagnole avec rapport complet (PDF) des activités du CICR en Colombie en 2008



  • © ICRC / co-e-00630
    Le CICR soutient des projets agricoles dans les zones affectées par le conflit et auprès des communautés déplacées.

    © ICRC / co-e-00635
    La construction ou remise en état d'infrastructure scolaire permet à des milliers d'enfants d'étudier dans de bonnes conditions.

    © Reuters/Ho New
    Le CICR a participé à la libération de 29 civils en 2008. Sur la photo l'ex-candidate à la vice-présidence, Clara Rojas avec des représentants du CICR.

    © ICRC /co-e-00636
    Le CICR oriente les personnes affectées par le conflit vers les structures de santé appropriées.

    © ICRC / co-e-00634
    Le CICR soutient les victimes de mines et d'autres restes explosifs de guerre afin qu'ils reçoivent une assistance médicale et bénéficient de réhabilitation physique.

    © ICRC / co-e-00631
    Le CICR assiste les personnes déplacées dans les différentes région du pays (dont 64 cas de déplacement massif en 2008).

    © ICRC / co-e-00632
    Le CICR conseille les forces militaires dans le processus d'intégration du DIH dans la formation et l'entraînement des soldats.
    © ICRC / co-e-00633
    La Croix-Rouge colombienne collabore avec le CICR et lui apporte un appui logistique et des ressources humaines.



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