La vie est un long fleuve tranquille pour certains mais, pour beaucoup d'autres qui ont croisé de près le VIH/SIDA, c'est un ouragan. Pour ceux qui perdent les leurs, emportés par le virus le plus redouté de notre temps. Pis encore, pour ceux qui ont tiré le mauvais numéro dans la loterie infernale et qui vivent et se battent chaque minute avec la maladie.
"... une pensée pour ceux qui doivent supporter le regard réprobateur de certains, dans lequel ils se voient coupables et souillés"
Ceux qui sont tourmentés par la douleur physique et psychique, morale, voire matérielle.
Ceux qui sont hantés nuit et jour par le désespoir et la honte incontournable.
Ceux pour qui une petite pensée suffirait à apporter un peu de réconfort.
Juste de petites pensées, si simples, mais qui changeraient notre regard à leur égard.
Une pensée pour cet enfant, cette femme, cet homme, pour le jour où ils ont appris que leur corps allait être rongé, lentement mais sûrement, par le virus.
Une pensée pour la peine qu'ils ont eu à croire et à accepter que c'était la fin... Celle du monde ou la leur, peu importe.
Quelles que soient les circonstances qui ont entouré leur contamination, une pensée pour ceux qui doivent supporter le regard réprobateur de certains, dans lequel ils se voient coupables et souillés.
Une pensée pour ceux qui attendent la mort faute d'avoir accès aux médicaments qui les maintiendraient en vie, et une autre pour ceux qui, malgré tous les efforts imaginables, n'arrivent pas à en prendre, alors qu'ils sont à leur portée.
Une pensée pour ceux qui doivent prendre une dizaine de comprimés par jour, plus particulièrement pour ce petit enfant qui sait déjà que c'est pour la vie, et qui connaît la posologie par cœur – 6 le matin, 6 à midi et 6 le soir, avant même de savoir compter sur ses doigts. Chapeau pour son courage !
Une pensée spéciale pour nos amis, nos collègues, nos parents et nos proches qui sont atteints de ce terrible virus et qui souffrent de ne pouvoir parler au grand jour de leur état. Encore chapeau pour ceux qui ont osé nous l'avouer car cela ne doit pas être facile.
Alors surtout remercions-les de la confiance qu'ils nous témoignent.
Une pensée pour les médecins et les chercheurs qui font tout pour trouver un remède à cette pandémie, et qui le font avec bon coeur et humanité envers les malades.
Mes ami(e)s, posons nous la question : combien d'entre nous pensons à eux ? Ne se font-ils pas que de faux espoir ? Peut-être que leur joie, si minime soit-elle, n'est fondée que sur une illusion ?
Le slogan retenu cette Journée mondiale est "TENONS NOTRE PROMESSE". Alors pourquoi ne pas faire la promesse de penser à eux, ou même d'agir à tous les niveaux dans les limites de nos possibilités ?