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8-09-2008  Interview  
Israël : les parents du soldat Gilad Shalit entre frustration et espoir
Le 25 juin 2006, des factions armées palestiniennes capturaient le soldat Gilad Shalit. Aujourd’hui, plus de deux ans après, le sort de ce dernier demeure incertain. À de nombreuses reprises, le CICR a demandé à pouvoir le visiter ou à échanger des messages familiaux entre lui et les siens, mais en vain. Des délégués de l’institution ont récemment rencontré les parents de Gilad, Noam et Aviva. Ils leur ont demandé comment ils voyaient la situation et ce qu’ils ressentaient.

Comment avez-vous vécu ces deux dernières années ?
Noam Shalit : Nous sommes toujours à la case départ, et il en va de même pour Gilad. Il va sans dire que cette situation est extrêmement dure pour nous, mais c’est Gilad qui est en captivité et qui vit directement ce calvaire, pas nous.

Aviva Shalit : Il y a deux ans, lorsque Gilad a été capturé, nous n’avions vraiment aucune idée de la tournure que prendraient les choses. Nous n’avions jamais rien vécu de semblable et n’étions évidemment pas préparés. En ce qui me concerne, c’est avant tout de la frustration que je ressens, du fait de ne pas savoir dans quel état physique et psychologique se trouve Gilad.

Comment réagissez-vous face au fait qu’après deux ans la situation n’a toujours pas progressé ?

Noam Shalit : C’est la détermination que nous avons de lutter jusqu’à ce qu’il soit libéré et qu’il revienne à la maison qui nous motive et nous donne de la force.

Aviva Shalit : Nous trouvons une force intérieure que nous ignorions même avoir. C’est ce qui nous aide à aller de l’avant et à garder le cap. Nous n’avons pas vraiment le choix.

À quoi pensez-vous la nuit ?

Noam Shalit : C’est très difficile de trouver le sommeil, ou de ne pas se réveiller une fois que vous vous êtes endormi. Je pense constamment à Gilad ; j'imagine les épreuves par lesquelles il passe. Je me demande combien de temps cela va encore durer, et ce que nous pourrions encore faire que nous n’ayons pas déjà fait.

Qu’attendiez-vous du CICR ?

Noam Shalit : Je suis déçu que le CICR ne parvienne pas à imposer ses procédures de travail habituelles à une organisation palestinienne et qu’il ne puisse pas l’obliger à respecter les Conventions de Genève et le droit international humanitaire. Nous souhaiterions que le CICR fasse preuve de plus d’autorité et de force de persuasion ; qu’il soit plus actif. Après tout, le Hamas a souvent recours au CICR pour des questions d’ordre humanitaire. Nous espérions donc que, de la même manière, il parviendrait à ce que le Hamas accède à ses demandes. Le problème est que le consentement et la coopération sont essentiels à l’action du CICR ; lorsque et l'un et l’autre font défaut, il ne peut pas faire grand chose.

Aviva Shalit : C’est extrêmement frustrant qu’il n'y ait toujours aucun résultat après deux ans. Mais le CICR doit persévérer sans baisser les bras. S'il peut avancer ne serait-ce que d’un millimètre, le jeu en vaut encore la chandelle.

Après tout ce temps, gardez-vous toujours espoir ?

Noam Shalit : Honnêtement, nous ne voyons pour l’heure pas de lumière au bout du tunnel. Il n’y a tout simplement rien qui puisse nous faire espérer, mais nous sommes toujours prêts à nous accrocher à la moindre lueur d’espoir qui s’offrirait.

Aviva Shalit : Nous ne devons pas cesser d’espérer que Gilad reviendra bientôt. Moi, ce dont j’ai peur, c’est de ne pas le reconnaître. Je crains qu’il ne soit plus le même quand il reviendra que la dernière fois que je l'ai vu. Il est jeune ; qui sait jusqu’à quel point cette expérience l’aura marqué ?

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8-09-2008