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Comité international de la Croix-Rouge
16-04-2009  Le point sur les activités  
Soudan : répondre aux besoins humanitaires dans les zones rurales
Au cours de ces dernières semaines, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a aidé à combattre une épidémie de méningite au Darfour. Le long de la frontière avec la République démocratique du Congo, l'institution a porté assistance à quelque 18 000 personnes déplacées en raison des violences.

Épidémie de méningite au Darfour

En étroite coopération avec le Croissant-Rouge soudanais et d'autres composantes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le CICR intervient dans les situations mettant en danger la vie des gens, y compris celles résultant du vide laissé par les organisations internationales non gouvernementales expulsées en mars, notamment dans des régions reculées du Darfour où peu d'autres organisations humanitaires travaillent.

Le 27 mars, le CICR a entamé une campagne de vaccination contre la maladie mortelle qu'est la méningite, dans les villes de Kutrum, Kati et Thur et les zones périphériques, situées dans la région du Djebel Marra (centre du Darfour). Le ministère de la Santé avait déclaré une épidémie de cette maladie le 11 mars. Le personnel médical du CICR supervise la campagne, tandis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'UNICEF, conjointement avec l'antenne de Médecins sans frontières Suisse à Khartoum, fournissent les vaccins.

Quinze collaborateurs du CICR se sont joints à des dizaines de vaccinateurs formés au Soudan afin de contenir la maladie au plus vite en concentrant leurs efforts sur des zones spécifiques.

« Cette opération est difficile à coordonner, car elle dépend de plusieurs facteurs, comme maintenir la chaîne du froid et veiller à ce que l'on n'utilise que des fournitures médicales en bon état », explique Vincent Ochilet, chef de la sous-délégation du CICR à Zalingei. « Les conditions de sécurité auront également des conséquences sur le rythme auquel les vaccinations sont réalisées et l'étendue du territoire couvert. »

Le Soudan fait partie de ce que l'on appelle communément la « ceinture de la méningite » de l'Afrique sub-saharienne, qui s'étend de l'Éthiopie, à l'est, à la Guinée-Bissau et à la Gambie, à l'ouest, en passant par le Tchad et la République centrafricaine, ainsi que l'Érythrée, l'Ouganda et le Kenya. Cette nouvelle flambée de méningite qui s'est déclarée en février 2009 a déjà touché des dizaines de personnes et fait plusieurs morts dans la partie occidentale du Djebel Marra.

« Une dizaine d'années se sont écoulées depuis la dernière grande épidémie, et nous devons être vigilants », a rappelé Frances Devlin, coordonnatrice du CICR pour les soins de santé primaires au Soudan. « La communication à l'intérieur de la région du Djebel Marra est très difficile, et il se peut qu'il y ait d'autres poches de méningite dont nous n'ayons pas connaissance. »

À ce jour, 31 323 personnes à Kutrum, Thur, Kurfal, Buldong et Kati ont été vaccinées, et la campagne se poursuivra à Gildo la semaine prochaine. Le but est de vacciner plus de 65 % de la population âgée de 2 à 30 ans, dans cette région montagneuse exposée à la maladie.

De l'eau potable pour les personnes déplacées depuis Muhajiriyya, Darfour-Sud

Des dizaines de milliers de personnes déplacées des zones de Muhajiriyya et de Labado auraient cherché refuge à Khazzan Jadeed et ses alentours après qu'un groupe d'opposition armé eut lancé une offensive militaire sur les deux villes.

Des ingénieurs en eau du CICR ont passé deux jours et deux nuits dans la zone de Khazzan Jadeed à réparer 17 pompes manuelles, afin que les communautés locales et les personnes déplacées dans la région aient accès à l'eau potable. Ils ont également formé huit techniciens hydrauliques locaux pour qu'ils puissent entretenir les pompes, et fourni au comité de l'eau de la ville les outils nécessaires à l'entretien régulier des 28 pompes manuelles de la région. Parallèlement, à Labado, le CICR a installé un point de distribution d'eau : il a construit un château d'eau et posé des conduites entre un nouveau forage et le réservoir d'eau.

Une précédente évaluation effectuée par le CICR avait révélé que l'accès à l'eau dans ces deux zones était très limité et pouvait donner lieu à des tensions entre communautés. Il était nécessaire de réparer plus de la moitié des pompes manuelles dans la région de Khazzan Jadeed.

Aide d'urgence aux victimes des affrontements à Malakal

Fin février, les affrontements violents qui ont opposé des unités de l'armée soudanaise à l'Armée populaire de libération du Soudan (Sudan People’s Liberation Army – SPLA) dans la ville méridionale de Malakal ont fait des dizaines de morts et de blessés.

Avec l'accord des deux parties au conflit armé, le personnel du CICR a pris contact avec l'hôpital civil de Malakal – le principal hôpital de la ville, où sont transportés la plupart des civils et quelques victimes militaires – pour se renseigner sur ses besoins.

« Deux jours après le début des combats, un avion du CICR a livré du matériel médical et des médicaments dont on avait un besoin urgent, et évacué certains soldats blessés vers Khartoum pour qu'ils y reçoivent un traitement plus poussé », a indiqué Olivier Charmes, délégué du CICR chargé des opérations à Malakal.

Des kits pour les soins aux blessés de guerre, du matériel de pansement et d'autres articles médicaux ont été donnés à l'hôpital civil de Malakal et à deux unités médicales militaires pour permettre aux deux parties de faire face à l'afflux de victimes.

Un hôpital militaire appartenant à la Mission des Nations Unies au Soudan a accueilli au moins dix blessés militaires ou civils. Avec l'accord de toutes les parties concernées, le CICR a pris des dispositions pour transférer certains des militaires blessés de cet hôpital vers leurs régions d'origine après qu'ils eurent reçu le traitement nécessaire.

La section du Croissant-Rouge soudanais à Malakal a aidé à l'enlèvement des corps et à leur transport jusqu'à l'hôpital. Au total, 31 civils auraient perdu la vie, et 52 auraient été blessés.

Une assistance essentielle pour les personnes déplacées dans le sud

Depuis maintenant plusieurs mois, à la suite d'une flambée de violence causée par l'Armée de résistance du Seigneur, des habitants fuient la République démocratique du Congo pour trouver refuge au Sud-Soudan.

La violence s'est propagée au Sud-Soudan, contraignant les réfugiés congolais et les civils soudanais à tout abandonner et à partir pour les États soudanais d'Équatoria occidental et d'Équatoria central. Plus de 43 500 Soudanais seraient déplacés à l'intérieur du pays, et près de 18 000 Congolais auraient cherché refuge au Sud-Soudan. Parmi les réfugiés, on compte des enfants non accompagnés, dont certains sont trop jeunes pour expliquer qui ils sont ou d'où ils viennent.

Les collaborateurs du CICR à Juba et en République démocratique du Congo, ainsi que leurs partenaires du Croissant-Rouge soudanais et de la Croix-Rouge de la République démocratique du Congo recherchent les personnes déplacées et les enfants non accompagnés dans la région. Le CICR fournit également de l'eau potable et des articles ménagers de première nécessité aux enfants déplacés et à leurs familles d'accueil.

Grâce au réseau transfrontalier Croix-Rouge et Croissant-Rouge, les membres de familles dispersées à la suite de la dernière flambée de violence ont pu se donner des nouvelles, et plusieurs enfants ont pu retourner dans leur famille. Cependant, les personnes qui attendent toujours d'être réunies avec leurs proches continuent de vivre dans l'angoisse.

En mars, près de 18 000 personnes avaient reçu des couvertures, des ustensiles de cuisine, des bâches en plastique, du savon et des jerrycans à Maridi, Ezo et Naandi, en Équatoria occidental.

Les ingénieurs hydrauliciens du CICR ont remis en état 33 forages et pompes manuelles à Ezo et Maridi, permettant ainsi à des milliers de personnes déplacées à l'intérieur du pays et aux habitants des deux villes d'avoir de l'eau potable. À Ezo, l'institution a également fourni des assortiments de pansements aux personnels de santé travaillant au sein de la population locale.


Informations complémentaires :
Saleh Dabbakeh, CICR Soudan, tél. : +249 91 213 77 64 ou +249 1 83 476 464
Marçal Izard, CICR Genève, tél. : +41 22 730 24 58 ou +41 79 217 32 24


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Rubrique :  Actualité
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