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Conventions 1949 et Protocoles additionnels, et leurs commentaires
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Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à l'adoption d'un signe distinctif additionnel (Protocole III), 8 décembre 2005
Commentaire -
Préambule
Dans un article de doctrine bien antérieur à l'adoption du Protocole additionnel III, Cornelio Sommaruga - alors Président du CICR - souligna que "la pluralité des signes témoigne d'une division, d'une incapacité à surmonter certaines divergences et à transcender des différences d'ordre religieux ou culturel", si bien qu'aux "yeux du public, l'unité du mouvement devrait se refléter dans un emblème unique". Sommaruga, Cornelio,[78] Malheureusement, cette solution d'unicité de l'emblème, idéale en théorie, apparut politiquement inaccessible au moment des négociations du Protocole additionnel III. Effectivement, il était difficilement envisageable que les différentes composantes du Mouvement acceptent de revenir à la croix rouge comme unique emblème; de même, il se révéla rapidement impossible de parvenir à un consensus pour abandonner les emblèmes existants - auxquels des millions de personnes vouent un attachement profond - au profit d'un nouvel emblème commun à tous.
Dans ces conditions, la seule option disponible pour régler de manière globale la question de l'emblème consista à reconnaître un signe distinctif additionnel dénué de toute connotation religieuse, politique ou autre. Tout en préservant les acquis de l'histoire, cette solution offre une alternative aux composantes du Mouvement qui ne peuvent pas (ou plus) intervenir avec leur emblème traditionnel dans des contextes opérationnels spécifiques. Elle ouvre également les portes du Mouvement aux Sociétés de secours qui objectent de manière persistante à l'emploi de la croix ou du croissant rouge puisqu'elles peuvent désormais adopter le cristal rouge. En même temps, la consécration de cet emblème additionnel met un terme définitif à toute revendication ultérieure de reconnaissance d'un nouvel emblème.
Tout en accomplissant son principal objet - à savoir l'adoption d'un emblème additionnel ayant un statut similaire à la croix et au croissant rouge - le Protocole additionnel III offre une flexibilité nouvelle dans l'usage de l'emblème. En effet, même si le CICR et la Fédération internationale sont actuellement déterminés à conserver leurs noms et emblèmes actuels, le Protocole additionnel III autorise néanmoins ces institutions à faire usage du cristal rouge dans certaines circonstances exceptionnelles. Le Protocole octroie également aux services sanitaires et au personnel religieux participant à des opérations placées sous les auspices des Nations Unies la possibilité - sous réserve de l’accord des États participants - d'user d'un emblème commun, qu'il s'agisse du cristal rouge ou d'un autre emblème reconnu par les Conventions de Genève de 1949.
Le Protocole additionnel III accorde également aux Sociétés nationales qui choisiraient le cristal rouge une flexibilité qui n'existe pas pour les emblèmes reconnus par les Conventions de Genève de 1949. En effet, le Protocole autorise - dans le strict cadre d'un usage indicatif - l'incorporation au sein du cristal rouge de l'un ou d'une combinaison des emblèmes reconnus en 1949 ou d'un autre emblème répondant à des conditions précises, multipliant par ce biais les options disponibles.
Ces différentes alternatives découlant de possibles incorporations peuvent s'avérer extrêmement avantageuses, notamment dans le cas de Sociétés nationales constituées dans des pays peuplés de communautés religieuses différentes. En effet, lorsqu'une partie de la population s'identifie avec l'un des emblèmes des Conventions de Genève de 1949 et l'autre avec le second, la réglementation antérieure imposant d'effectuer un choix pouvait créer des difficultés en terme de recrutement des volontaires, de financement par les dons privés et surtout de crédibilité de l'action en terme de neutralité. Alors qu'auparavant la Société devait choisir l'un des deux emblèmes, elle peut maintenant décider d'utiliser le cristal rouge seul ou d'y incorporer à la fois la croix rouge et le croissant rouge.
Cette flexibilité permet également aux Sociétés nationales d'adopter l'emblème additionnel sans devoir renoncer totalement à la croix ou au croissant rouge qu'elles utilisent traditionnellement et qu'elles peuvent incorporer au cristal rouge. Sans revenir à un emblème unique, le Protocole additionnel III permet donc d'envisager à terme un possible retour à une certaine uniformité au sein d'un Mouvement composé de Sociétés nationales ayant toutes le cristal rouge pour emblème commun, même si sont incorporés à l'intérieur du cristal des emblèmes distincts.
Notes
78. "Unité et pluralité des emblèmes",
Revue Internationale de la Croix-Rouge
, juillet août 1992, n°796, p. 349.