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Environnements de conflit et défis pour l’action humanitaire

19-05-2010 Rapport d'activité

Faits marquants sur le plan opérationnel, par Pierre Krähenbühl, directeur des opérations. Extrait du rapport d'activité 2009 du CICR

En 2009, le CICR a mené des activités dans des contextes présentant un certain nombre de traits communs frappants. La première particularité notable des conflits d’aujourd’hui est leur durée moyenne. Dans la plupart des cas, la présence du CICR remonte à deux ou trois décennies, parfois quatre. Autrement dit, les conflits connaissent une alternance de phases aiguës et chroniques, et il est rare qu’ils se terminent de manière claire et nette, un accord de paix spécifique ouvrant la voie à la phase suivante de l’histoire d’un pays.

Bien des conflits d’aujourd’hui trouvent leurs racines dans l’économie, et tournent principalement autour de la compétition pour l’accès à des ressources énergétiques vitales. Cela explique souvent pourquoi les conflits sont difficiles à contenir ou à résoudre. Des dimensions tribales, ethniques ou religieuses sont également parfois présentes, et certains conflits se caractérisent par la coexistence de groupes armés dont la raison d’être et la motivation première tendent à basculer et leurs prétendues revendications politiques cèdent le pas au banditisme.

L’une des caractéristiques communes à plusieurs situations de conflit est la coexistence de facteurs multiples et leur impact simultané sur les groupes à risque. On voit se combiner, d’une part, l’affaiblissement des institutions de l’État, le délabrement des infrastructures et des hostilités déclarées, mettant en présence groupes criminels et protagonistes aux motivations politiques, et, d’autre part, la dégradation du milieu naturel, la sécheresse, les inondations ou les pandémies. Des populations tout entières deviennent ainsi extrêmement vulnérables. La complexité intrinsèque de tels environnements, souve nt associée à des niveaux élevés d’insécurité, fait qu’il est particulièrement difficile de déterminer la manière la plus appropriée de répondre aux besoins. 

La crise économique a elle aussi eu un fort impact sur la population dans les États en proie à un conflit ou fragilisés. Il est difficile d’offrir une lecture globale de la situation, mais plusieurs éléments suscitent de graves préoccupations. Il s’agit notamment du déclin du niveau des investissements étrangers et nationaux dans des secteurs de l’économie ayant une importance vitale. Certains pays ont déjà connu des fermetures et d’importantes suppressions d’emplois, ainsi qu’une baisse des transferts de fonds ; dans bien des pays touchés par un conflit, les moyens de subsistance et les mécanismes d’adaptation d’innombrables familles se trouvent ainsi menacés. Pourtant, à ce jour, et contrairement à la crise alimentaire de 2008, la crise économique en elle-même ne semble pas avoir déclenché immédiatement une agitation armée de grande ampleur.

Tout au long de 2009, le personnel des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que le personnel du CICR sur terrain ont été confrontés à de multiples risques, difficultés et souffrances qui ont eu un impact cruel sur la vie des hommes, des femmes et des enfants pris dans des conflits armés ou d’autres situations de violence partout dans le monde. Le CICR a fait porter l’essentiel de sa réflexion et de son action sur ces personnes et ces communautés, accordant une priorité particulière à celles qui sont directement touchées par les affrontements : les blessés, les civils en danger, les déplacés internes fuyant les zones de combat ainsi que les détenus exposés aux risques de mauvais traitements ou de disparition.

Les conflits armés ont eu par ailleurs des effets indirects : restrictions de mouvement prolongées e t diverses formes d’humiliation ; dégradation constante de la situation sur les plans de la santé et de l’hygiène, tant à l’intérieur qu’à proximité des zones de conflit, entraînant des décès dus à des maladies pouvant en grande partie être évitées ainsi qu’à des maladies transmissibles ; enfin, manque d’accès à l’eau potable, aux terres cultivables, aux services essentiels ou à l’assistance humanitaire.

  Opérations : bilan, approche et défis thématiques  

     

S’agissant des opérations du CICR sur le terrain, l’année 2009 aura été particulièrement chargée. Plusieurs contextes ont mis en évidence la valeur ajoutée que constitue la présence à long terme du CICR, ainsi que la neutralité, l’impartialité et l’indépendance de son action, ses réseaux, ses partenariats stratégiques avec les Sociétés nationales et sa capacité de déploiement et d’intervention rapides.

Le CICR s’est montré fermement résolu à assumer les responsabilités et les pressions que lui imposaient simultanément un budget terrain initial d’un montant encore inégalé (CHF 997 millions), neuf rallonges budgétaires distinctes ayant totalisé CHF 144 millions (Afghanistan, République démocratique du Congo, Israël et les territoires occupés, Pakistan (2), Philippines, Sri Lanka, Yémen et Zimbabwe) et, enfin, toute une série d’autres opérations exigeantes dans des contextes tels que le Caucase du Sud, la Colombie, l’Irak, la région du Sahel, la Somalie, le Soudan et le Tchad.

En même temps, le CICR s’est trouvé confronté à de nombreux défis qui ont mis à l’épreuve son approche neutre, impartiale et indépendante. Les restrictions d’accès imposées par les parties pour des raisons politiques ou de sécurité, ou du fait de leur non-acceptation de l’action de l’institution, restent un sujet de préoccupat ion constant. En 2009, plusieurs incidents graves ont affecté le CICR : trois de ses collaborateurs locaux ont été tués à Sri Lanka et deux autres ont perdu la vie, le premier dans un attentat aveugle à la voiture piégée, perpétré en Afghanistan, et le second lors d’un incident survenu en République centrafricaine. Trois employés ont été pris en otages aux Philippines et sont restés détenus six mois : l’horrible épreuve ainsi imposée à eux-mêmes et à leur famille a fait peser des pressions considérables sur la délégation et sur le CICR tout entier. De plus, à la fin de l’année, deux employés expatriés se trouvaient toujours aux mains d’hommes armés après avoir été enlevés, dans le premier cas, fin octobre au Darfour, au Soudan, et dans le second cas, en novembre dans l’est du Tchad. Comme aux Philippines, une cellule de crise a été constituée et s’efforce d’obtenir au plus vite la libération de ces otages et leur retour en toute sécurité.

En 2009, le CICR a renforcé sa coopération sur le terrain avec la Société nationale hôte dans plusieurs pays. Les réalisations qui en ont résulté sont venues renforcer la détermination de l’institution de poursuivre sur cette voie. Le soutien apporté par les Sociétés nationales travaillant sur le plan international a fait la preuve de sa valeur, notamment en ce qui concerne le personnel, l’expertise et l’ensemble des contributions fournis lors de situations d’urgence (déploiement d’hôpitaux de campagne, par exemple).

Le CICR a maintenu son approche – fondée sur la réalité et axée sur l’action – de la coordination avec les autres acteurs humanitaires. Ses représentants ont participé à de nombreuses réunions de coordination ; soucieux de maximiser l’impact des actions menées, d’identifier les besoins restant non satisfaits, et d’éviter la duplication d’efforts, ils ont également forgé de solides relations bilatérales avec des ONG ou des agences des Nations Unies dans divers domaines d’intérêt commun.

  Afrique  

La Somalie a continué de poser un défi opérationnel majeur. Tout au long des vingt dernières années, la population de ce pays a enduré de multiples épreuves : des civils ont été blessés ou tués, ou déplacés en raison de la fluctuation constante des lignes de bataille ; d’autres ont été victimes des effets combinés de la sécheresse et des inondations, de la flambée des prix alimentaires et de la diminution des transferts de fonds de l’étranger. L’accès aux populations dans le besoin est resté particulièrement difficile. Le CICR a maintenu sa capacité d’intervention dans le domaine médical en continuant à soutenir les principaux hôpitaux de Mogadishu ainsi que le réseau de dispensaires du Croissant-Rouge de Somalie dans les régions où des déplacés internes avaient afflué ; parallèlement, les populations civiles touchées ont bénéficié tout au long de l’année de distributions importantes de vivres, d’eau et d’autres secours.

En République démocratique du Congo (RDC), malgré un certain nombre de développements positifs intervenus ces dernières années, la région orientale du pays, restée instable, a été le théâtre d’âpres affrontements armés entre les diverses parties. Une fois encore, la vie et les moyens de subsistance de la population se sont trouvés fortement menacés. Des dizaines de milliers de personnes nouvellement déplacées, et parmi elles d’innombrables enfants, ont perdu le contact avec leur famille et ont été victimes de formes extrêmes de violence, telles que le viol et même la mort. Lors des pics de crise, le CICR a collaboré avec la Société nationale afin de fournir des articles ménagers de première nécessité, une aide alimentaire ainsi qu’un accès d’urgence à l’eau et à l’assainissement. Il a par ailleurs contribué à relancer la production agricole, à protéger les moyens de subsistance et à générer des revenus dans les zones chroniquement affectées par le conflit armé. Le CICR a poursuivi ses efforts de protection, destinés en particulier à venir en aide aux victimes de violences sexuelles en soutenant quelque 30 centres de conseil (appelés « maisons d’écoute » en RDC).

Les conflits en cours au Soudan et dans l’est du Tchad ont perdu de leur intensité. Le CICR a continué d’axer ses efforts sur les programmes qui, par le biais d’activités telles que la vaccination du bétail et les distributions de semences et d’outils, visent à soutenir les moyens d’existence de la population. L’institution a également continué de participer à plusieurs programmes d’assistance en cours dans le camp de Gereida, au Darfour ; il a également poursuivi l’assistance médicale aux hôpitaux d’Abéché et de N’Djamena, au Tchad. Au Sud-Soudan, le CICR a renforcé ses opérations, face à la montée de la violence que génèrent les tensions intercommunautaires et les activités de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA / Lord’s Resistance Army ).

Les enlèvements de deux membres de son personnel, au Darfour et dans l’est du Tchad en octobre et novembre 2009 ont porté un coup violent au CICR. Dans l’attente de la libération et du retour en toute sécurité de ses deux délégués, l’institution a été forcée de suspendre nombre des activités en cours dans les régions concernées.

Ailleurs en Afrique, le CICR a eu la possibilité de développer ses activités. Au Zimbabwe, par exemple, il a visité des personnes détenues, fourni un soutien nutritionnel substantiel et réalisé des projets dans les domaines de la santé et de l’approvisionnement en eau, tant dans certains quartiers de la capitale, Harare, que dans d’autres régions du pays. En Guinée, le CICR est intervenu aux côtés de la Société nationale lors des flambées de violence à Conakry. Il a par ailleurs poursuivi ses opérations dans le nord du Mali et du Niger, où il a répondu à diverses formes de violence en venant en aide aux dé placés internes et aux migrants vulnérables, en fournissant une assistance et une formation dans le domaine médical et, enfin, en visitant des personnes détenues.

  Asie  

La situation en Asie du Sud est restée volatile tout au long de 2009. À Sri Lanka, des moyens purement militaires ont mis fin au conflit armé, évènement rare ces dernières années. Des derniers mois de 2008 à mai 2009, de violents affrontements avaient opposé les forces armées sri lankaises et les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE / Liberation Tigers of Tamil Eelam ). Dans la région de Vanni, la population civile ne pouvant quitter la zone des combats a payé un lourd tribut aux affrontements : pertes en vies humaines, blessures et multiples déplacements. Resté présent et opérationnel au plus fort des combats, le personnel du CICR a été en mesure de porter assistance à des milliers de civils et d’évacuer plus de 13 000 personnes (dont 6 600 blessés et malades) par voie maritime et ferry. Immédiatement après la fin du conflit, le CICR a engagé un dialogue avec les autorités sri lankaises afin de définir le rôle et les priorités de l’institution dans le nouvel environnement.

L’Afghanistan a vu à nouveau le conflit s’intensifier et s’étendre à de nouvelles zones. Alors que les États-Unis d’Amérique déployaient des troupes supplémentaires au printemps, l’opposition armée a augmenté la portée de ses opérations et de ses attaques. Le CICR et le Croissant-Rouge afghan ont élargi leurs activités médicales pour faire face au nombre croissant de civils blessés et vulnérables. Le soutien aux hôpitaux a été accru, de même que le nombre de postes de premiers secours et de volontaires dans les zones volatiles. Le CICR a continué de déployer des activités importantes en faveur des personnes détenues. Il est par ailleurs intervenu auprès des forces armées des États-Unis et du commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS), renforçant le dialogue sur la conduite des hostilités et leur impact sur les civils. De la même manière, il a renforcé son dialogue avec les groupes de l’opposition armée au sujet de leurs méthodes de combat et l’impact de celles-ci sur les civils. Pour la première fois, le CICR a visité des prisonniers détenus par l’opposition armée. La valeur ajoutée que représentent la neutralité et l’indépendance du CICR a été largement reconnue.

Au Pakistan, le CICR a intensifié ses opérations face à l’impact de la violence affectant le pays. En coopération avec le Croissant-Rouge du Pakistan, il a porté assistance à quelque 1,5 million de personnes (dont près de la moitié étaient des déplacés internes), principalement dans la Province de la frontière du Nord-Ouest (NWFP / North West Frontier Province ) ainsi que dans plusieurs régions des Zones tribales sous administration fédérale (FATA / Federally Administered Tribal Areas ). Le CICR a installé et géré un hôpital de campagne à Peshawar, de manière à pouvoir prendre en charge le grand nombre de personnes blessées lors des violences. Cette activité étant nouvelle, un dialogue soutenu a dû être engagé, tant avec les autorités pakistanaises, à tous les niveaux, qu’avec le grand public. L’institution entendait ainsi favoriser la compréhension de son mode opératoire et donner le gage de la transparence de ses actions.

En Inde, le CICR a poursuivi ses activités au Jammu-et-Cachemire, où il a visité des personnes arrêtées et détenues en relation avec la situation prévalant dans cet Etat. Il a apporté son soutien aux activités d’assistance déployées (notamment dans le domaine des soins de santé primaires) par la Croix-Rouge de l’Inde dans les zones en proie à la violence ; l’institution a par ailleurs œuvré au renforcement des capacités de la Société nationale dans le domaine de l’intervention d’urgence.

Tout au long de 2009, le CICR a conduit diverses activités en faveur des déplacés internes dans le Mindanao central, aux Philippines. Pendant les six premiers mois de l’année, après l’enlèvement, sur l’île de Sulu, de trois membres de son personnel (un Philippin, un Italien et un Suisse), la délégation du CICR à Manille a assuré la gestion de la crise des otages, avec le soutien du siège. L’appui du gouvernement philippin et de la Société nationale ainsi que la coordination avec les gouvernements suisse et italien ont joué un rôle crucial pendant toute cette période.

Le CICR a par ailleurs poursuivi son dialogue avec le gouvernement de Myanmar, dans le but de voir se résoudre les difficultés que l’institution rencontre depuis 2005 pour visiter les personnes détenues et assister les civils démunis.

Les délégations du CICR à Beijing (Chine), Djakarta (Indonésie), Kuala Lumpur (Malaisie) et New Delhi (Inde), ainsi que le nouveau bureau ouvert à Tokyo (Japon) ont approfondi leur dialogue avec les autorités et les institutions dans les pays couverts, ainsi qu’avec les organisations régionales telles que l’ASEAN ( Association of Southeast Asian Nations) . Ces démarches ont confirmé l’engagement à long terme du CICR. L’institution est résolue à établir des relations et à œuvrer afin de faire mieux comprendre tant l’action humanitaire menée dans le monde entier que, plus particulièrement, ses propres priorités et méthodes de travail.

  Europe et Amériques  

Tout au long de 2009, le CICR a poursuivi des opérations de grande envergure en Colombie, le conflit armé entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ne connaissant pas de répit. L’impact des affrontements a été resse nti de manière de plus en plus forte dans les régions reculées proches des frontières, notamment dans le sud du pays et le long de la zone côtière du Pacifique. L’action du CICR a tenté en particulier d’atténuer l’impact de la violence sur les civils, confrontés à de multiples risques, ceux d’être tués, blessés, menacés, victimes de violences sexuelles, déplacés et, enfin, exposés aux dangers résultant de l’usage extensif des mines terrestres.

Au Brésil, afin de répondre aux besoins des victimes de la violence urbaine, le CICR a étendu à sept favelas à Rio de Janeiro, les activités (soins médicaux et premiers secours) menées en partenariat avec la Croix-Rouge brésilienne. Il s’est également efforcé d’élargir, de manière générale, le dialogue engagé avec le gouvernement brésilien au sujet des priorités humanitaires dans le monde entier.

Le CICR a également engagé un dialogue avec divers groupes cibles - poursuivant par ailleurs des activités en leur faveur - dans d’autres pays d’Amérique latine, parmi lesquels l’État plurinational de Bolivie, Cuba, l’Équateur, le Guatemala, Haïti, le Mexique, le Pérou et la République bolivarienne du Venezuela.

Les délégués du CICR ont continué de visiter les personnes détenues par les autorités américaines à Guantanamo Bay, à Cuba, ainsi qu’en Afghanistan et en Irak. Le dialogue constructif entre l’administration américaine et le CICR a été renforcé, comme en témoigne la décision du Département américain de la Défense de notifier au CICR, dans les deux semaines suivant leur capture, le nom de toutes les personnes détenues.

En Europe, le CICR a continué de participer activement aux efforts en cours pour tenter de résoudre le problème des personnes portées disparues à la suite des divers conflits dans le Nord et le Sud-Caucase ainsi que dans l’ouest des Balkans. Il s’est occupé des retombées du conflit armé interna tional qui a opposé en 2008 la Géorgie et la Fédération de Russie, notamment en poursuivant ses programmes d’assistance en faveur des déplacés internes et en continuant de venir en aide aux familles séparées ; il a également renforcé le dialogue engagé avec les autorités de la Fédération de Russie sur les problèmes humanitaires rencontrés dans le monde entier.

Tout au long de l’année, le CICR s’est entretenu de diverses questions humanitaires d’importance cruciale avec diverses institutions de l’Union européenne, des organes, des agences et des États membres des Nations Unies. Il a par ailleurs soutenu divers projets dans le cadre du 60ème anniversaire des Conventions de Genève de 1949 en organisant une série de séminaires sur la protection des civils dans les conflits armés.

  Moyen-Orient et Afrique du Nord  

Le début de l’année a été marqué par une crise particulièrement aigue, lors du lancement par les Forces armées israéliennes de l’opération Plomb durci contre des groupes armés et les autorités de facto dans la bande de Gaza. L’intensité de l’opération et l’emploi de la force dans cette zone à forte densité de population ont eu pour résultat un nombre élevé de victimes civiles ainsi que des destructions massives. Dans le sud d’Israël, les civils ont vécu dans la peur d’être victimes des tirs de roquettes lancées de l’intérieur de la bande de Gaza. Le Croissant-Rouge palestinien a réalisé des évacuations médicales d’urgence, le CICR facilitant le bon fonctionnement de son service d’ambulances. En outre, le CICR a approvisionné les hôpitaux et effectué des travaux de réparations indispensables pour que les systèmes d’approvisionnement en eau et en électricité et d’élimination des déchets continuent de fonctionner. Tant les Forces armées israéliennes que le Hamas ont reçu du CICR des démarches écrites relatives à leur conduite des opérations à Gaza.

L’Irak a connu un certain nombre d’améliorations sur les plans de la sécurité et du transfert de l’autorité (des forces internationales aux services de sécurité irakiens) en 2008 et au début de 2009. Au second semestre de 2009, une série d’attaques meurtrières coordonnées perpétrées dans plusieurs villes, dont Bagdad, a infligé des pertes extrêmement élevées à la population civile. Le CICR a graduellement amplifié la mise en œuvre directe de ses activités à l’intérieur de l’Irak, postant du personnel permanent expatrié dans plusieurs lieux. Certaines activités ont été considérées prioritaires : l’action en faveur des personnes détenues, principalement sous autorité irakienne ; la recherche de personnes portées disparues lors des conflits du passé ; enfin, l’approvisionnement en eau et en fournitures médicales. Plusieurs programmes destinés à venir en aide aux ménages dont le chef est une femme ont également été réalisés.

Enfin, le Yémen a connu des degrés divers de tension et de conflit, notamment dans le nord du pays. Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ont conduit d’importantes activités d’assistance (secours, eau et soins médicaux) en faveur des populations affectées - déplacés internes et résidents. Dans deux gouvernorats (Amran et Saada), le CICR a dû continûment adapter sa présence au fragile environnement de sécurité.