Le contexte politique de la torture : une analyse socio-psychologique
31-03-2005 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 857, de Herbert C. Kelman
(texte en anglais) - Les actes de torture sont conceptualisés comme des « crimes d’obéissance » qui sont inévitablement liés à des crimes commis aux échelons les plus élevés de la hiérarchie, c'est à dire au stade de l’édiction des ordres, de l’élaboration des politiques et de l’instauration d’une atmosphère propice à des actes de torture.
Par ailleurs, l’existence d’un appareil élaboré et puissant chargé de protéger la sécurité de l’État peut, au macro-niveau, conduire au recrutement et à la formation de tortionnaires professionnels dans le cadre de cet appareil, et au micro-niveau, contribuer à la banalisation de la torture.
Enfin, l’existence de groupes ethniques, religieux, politiques ou autres mécontents à l’intérieur (ou sous le contrôle) de l’État qui ne jouissent pas de tous les droits conférés aux citoyens peut, au macro-niveau, conduire à leur désignation en tant qu’ennemis de l’État et cibles appropriées d'actes de torture et, au micro-niveau, à leur déshumanisation.
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