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Une figure obsédante: l'otage à travers les siècles

31-03-2005 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 857, de Irène Herrmann, Daniel Palmieri

L'otage atteint aujourd'hui le stade ultime de la décadence d'une condition déjà peu enviable. Cette péjoration n'est pas seulement le fait des agresseurs mais le reflet de l'asymétrie actuelle des conflits et, plus encore, le résultat d'une cruelle ironie de l'histoire. (en français)

     

Irène Herrmann, Daniel Palmieri
Spécialiste d'histoire suisse et d'histoire russe, Irène Herrmann est chargée de cours à l'Université de Genève.
Daniel Palmieri est chargé de recherches historiques au Comité international de la Croix-Rouge. 

   
Résumé 
L'otage a beau être une figure récurrente de l'histoire et de l'actualité, il demeure encore peu étudié. Classiquement, on distingue deux types d'otages: les otages donnés, pratique courante durant l'Ancien Régime où des personnes de haut rang se livrent à des geôliers bienveillants comme garantie d'exécution de traités; et les otages pris qui sont un procédé typique des situations de guerres totales, où des individus sont retenus sans discernement ni égards, comme un moyen de pression vivant, susceptible d'assurer un avantage militaire déterminant.
 
Aujourd'hui, le statut d'otage constitue à la fois un mélange et une exagération de ces deux catégories. L'otage est maltraité, quoique choisi en raison du prix pécuniaire, symbolique ou politique que lui accordent ses pairs. De fait, il est le reflet et l'instrument privilégié d'une contradiction axiologique majeure: celle de la mondialisation croissante des credos européens et étasuniens qui suscite une opposition jouant précisément sur cette confiance occidentale dans les valeurs humaines et démocratiques. Aux yeux des siens, l'otage devient ainsi l'image même de la victime innocente qui dérange et qui obsède.  

       
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  Article inclus dans la sélection française 2005 de la Revue internationale de la Croix-Rouge.


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