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Éditorial - RICR mars 2007 No 865

31-03-2007 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 865, de Toni Pfanner

De nombreux acteurs humanitaires ayant des objectifs, des principes et des modes opératoires différents interviennent dans les situations de conflit armé et de violence interne afin d’alléger les souffrances des victimes: organisations gouvernementales et non gouvernementales, organisations internationales, Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, compagnies privées, voire forces armées. De plus, chaque contexte opérationnel possède ses propres caractéristiques du fait des facteurs militaires, politiques et socio-économiques existants et des conditions religieuses et culturelles.

Aucune organisation humanitaire ne peut répondre à tous les besoins issus des situations d’urgence. Par conséquent, la diversité des acteurs est un atout pour la communauté humanitaire. Cette diversité d’acteurs et d’approches peut contribuer à apaiser les souffrances, à condition que ces acteurs réussissent à travailler de façon complémentaire, en fonction de leurs capacités opérationnelles respectives et de la pertinence de leurs activités dans la situation qui règne sur le terrain. Pour améliorer l’efficacité de l’action humanitaire, il est nécessaire d’établir et de favoriser des partenariats efficaces entre ces divers acteurs, afin de veiller à ce que tous les besoins des populations touchées soient satisfaits.

Le CICR doit s’adapter à ces réalités et aux personnes qu’il assiste. Il doit en outre réaffirmer sa propre identité d’institution strictement humanitaire agissant de façon impartiale et non discriminatoire, son approche neutre et indépendante facilitant son accès aux personnes en détresse. Le CICR participe par conséquent aux efforts de coordination et de coopération avec d’autres institutions humanitaires d’une façon fondée sur les faits et orientée vers les rés ultats. Au cours du siècle passé, et en particulier durant les dernières décennies, il a acquis une expertise et une expérience dans ses domaines de compétence. Sa nature particulière découle de son assise juridique, de son mandat universellement reconnu, des principes fondamentaux qui sous-tendent son travail et, surtout, de ses activités opérationnelles sur le terrain. Grâce à une présence importante sur le terrain et du fait qu’il est souvent présent bien avant qu’un conflit n’éclate, le CICR peut, avec la coopération des Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, travailler directement avec les populations touchées en plein conflit.

Cette identité et cette approche spécifiques permettent au CICR d’apporter une valeur ajoutée à l’action humanitaire. Il s’efforce de collaborer avec d’autres organisations humanitaires, tant au niveau du siège que sur le terrain, et contribue à une coordination humanitaire institutionnelle et opérationnelle dans l’objectif déclaré d’améliorer, directement ou indirectement, le sort des personnes touchées par un conflit armé ou d’autres situations de violence. L’institution doit en outre s’adapter à de nouvelles formes de coordination issues de l’actuel processus de réforme humanitaire des Nations Unies. Effectivement, en l’absence de mécanisme de coordination humanitaire, le CICR doit apprendre à connaître les autres institutions et, avec elles, établir des liens et échanger des informations.

Toutes les organisations ne suivent pas les mêmes principes ni ne prônent une approche neutre et indépendante de l’action humanitaire, mais un partenariat fondé sur l’égalité, la transparence et la complémentarité peut contribuer à optimiser les bénéfices de l’action humanitaire pour les personnes qu’elle vise à protéger et à assister.

Toni Pfanne r

Rédacteur en chef

  * La version anglaise de l'éditorial a été publiée dans   International Review of the Red Cross,   Vol. 89, No 865, mars 2007, pp. 5-6.