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Éditorial - RICR septembre 2009 No 876

31-12-2009 Article, Revue internationale de la Croix-Rouge, 876

Depuis sa première tenue en 1867, la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge constitue un cadre unique où le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et les États peuvent échanger leurs points de vue sur des questions d'ordre humanitaire. Les trente Conférences qui ont eu lieu sur plus de 140 ans ont été témoins de la naissance et de l'évolution du droit de la guerre et de l'histoire du Mouvement international. Les défis humanitaires, les normes de droit humanitaire et les relations entre gouvernements et Croix-Rouge et Croissant-Rouge ont toujours été au cœur de la Conférence internationale.

De nombreuses questions soulevées à la Conférence sont examinées également au sein d'autres instances internationales, mais le point de vue de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et la valeur ajoutée qu'il représente justifient l'inscription à l'ordre du jour de questions telles que l'environnement et les migrations. À cet égard, le sort des victimes – et l'impact que chaque question a sur elles – reste le paramètre déterminant.

Tout en réaffirmant la responsabilité incombant à tous les États de respecter et de faire respecter le droit international humanitaire, la Conférence étudie régulièrement les nouvelles problématiques et tendances qui émergent des conflits armés contemporains. Le mandat du CICR et l'histoire du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont en effet étroitement liés aux origines et à l'évolution du droit international humanitaire, et les défis à relever en la matière sont d'une importance cruciale pour la Conférence internationale.

La préoccupation première est certainement d'assurer l'accès aux victimes de conflits armés et d'autres situations de violence, et de leur apporter protection et assistance. Les contraintes qui existent dans un environnement conflictuel en constante évolution rendent cet accès plus difficile à obtenir ; aussi est-il important que tous les belligérants acceptent et comprennent les règles du droit international humanitaire et respectent les activités humanitaires, notamment lorsqu'elles sont menées sous la protection des emblèmes de la croix rouge, du croissant rouge et du cristal rouge.

 
 
 

La Conférence rassemble sur un pied d'égalité les 194 États parties aux Conventions de Genève, le Comité international de la Croix-Rouge et les 186 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que leur Fédération internationale. À l'occasion de cette Conférence quadriennale, plus de 2 000 délégués, dont un grand nombre d'observateurs, se réunissent pendant cinq jours pour débattre et échanger des vues et des données d'expérience de manière tant formelle qu'informelle. La participation de presque tous les États démontre que la spécificité de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, en tant qu'acteur humanitaire universel et privilégié, distinct du système des Nations Unies, est reconnue. Elle met aussi en évidence le partenariat entre les composantes du Mouvement international et les gouvernements, en particulier le rôle des Sociétés nationales en tant qu'auxiliaires des pouvoirs publics dans le domaine humanitaire. En collaboration avec le Mouvement – leur principal partenaire dans la protection et l'assistance apportées aux victimes de conflits armés ou de catastrophes naturelles ou technologiques – les États cherchent à accroître l'efficacité des opérations d'urgence internationales et à renforcer les capacités locales, afin de pouvoir venir en aide aux membres les plus vulnérables de leur société.

Les discussions à caractère politique sur la participation des États, des Sociétés nationales et/ou des observateurs ont parfois relégué au second plan le contenu de la Conférence et même conduit, en 1991, à son annulation, la question de la participation de la Palestine n'ayant pas pu être réglée préalablement. La nature même de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et le soin apporté à la préparation de l'événement ont cependant permis d'éviter généralement toute politisation du Mouvement. La Conférence s'inscrit en effet dans le cadre d'un processus long et compliqué, qui commence par l'établissement de l'ordre du jour, se poursuit par l'élaboration des rapports et par une large consultation, et se termine par l'application des décisions après la Conférence. Ce travail de préparation et de suivi facilite un dialogue permanent entre le Mouvement international et les États sur les questions humanitaires.

Les séances plénières et les commissions sont les principaux cadres formels où les participants peuvent débattre et discuter les points inscrits à l'ordre du jour et où s'obtiennent les résultats les plus importants de la Conférence. Souvent cependant, le comité de rédaction a un rôle prépondérant à jouer : c'est à lui qu'il revient de synthétiser l'essentiel des débats qui ont nourri le processus décisionnel pour en faire des résolutions épurées qui orienteront dans une large mesure le droit et l'action humanitaires à long terme.

     

  Toni Pfanner  

  Rédacteur en chef  

La version originale anglaise a été publiée dans: International Review of the Red Cross , Vol. 91, N° 876, décembre 2009, pp. 661-662.