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Y a-t-il une place pour le droit des conflits armés dans les jeux vidéo ?

12-12-2011 FAQ

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’est penché récemment sur les conséquences des jeux vidéo qui simulent des situations de guerre réelle et sur les possibilités que ces jeux ont de faire connaître le droit des conflits armés. Voici quelques questions et réponses à ce sujet.

Pourquoi le CICR s’intéresse-t-il aux jeux vidéo qui simulent la vraie guerre ?

Le CICR s’intéresse aux questions liées aux jeux vidéo simulant la guerre et dans lesquels les joueurs doivent faire des choix comme sur un véritable champ de bataille.

Dans la vie réelle, les forces armées doivent se conformer au droit des conflits armés. Les jeux vidéo simulant les expériences des forces armées pourraient donc sensibiliser les joueurs aux règles que ces forces doivent respecter lorsqu’elles sont engagées dans un conflit armé, et c’est ce qui intéresse notamment le CICR. En fait, certains jeux prennent déjà en compte la manière dont le personnel militaire de la vie réelle est formé à se comporter dans les situations de conflit.

La promotion du respect du droit international humanitaire – également connu sous le nom de droit des conflits armés – et des principes humanitaires universels fait partie du mandat conféré au CICR par les États. Compte tenu de son mandat et de sa longue expérience des questions relatives aux conflits armés, il est tout à fait normal que l’institution s’intéresse à ce type de jeux.

Selon quelques médias, certains actes virtuels commis par des personnages de jeux vidéo pourraient constituer des violations graves du droit des conflits armés. Est-ce exact ?

Non. De graves violations du droit de la guerre ne peuvent être commises que dans des situations réelles, pas dans des jeux vidéo.

Le CICR collabore-t-il avec les développeurs de jeux vidéo pour s’assurer que le droit des conflits armés soit pris en compte dans certains jeux ?

Le CICR a fait savoir qu’il était prêt à engager un dialogue avec l’industrie des jeux vidéo en vue d’examiner la place des règles humanitaires dans ces jeux. L’institution se félicite que certains jeux en lien avec la guerre prennent déjà en compte le droit des conflits armés.

Le CICR ne devrait-il pas se préoccuper avant tout des conflits du monde réel ?

Absolument. Les situations réelles de conflit armé et leurs conséquences humanitaires sont de fait sa priorité majeure.

Grâce à ses quelque 12 000 collaborateurs, le CICR mène des activités humanitaires dans des situations de violence armée dans le monde entier. Lorsqu’un conflit éclate, il est souvent la première institution à arriver sur les lieux et à répondre aux besoins des personnes détenues, déplacées ou touchées de quelque autre manière. Il s’emploie aussi à améliorer le respect du droit des conflits armés et, partant, à bâtir un environnement propice au respect de la dignité des personnes touchées.

Pourquoi le CICR s’intéresse-t-il aux jeux vidéo mais pas, par exemple, aux livres, aux bandes-dessinées, aux séries télévisées ou aux films ?

Il arrive que des cinéastes ou des auteurs voulant dépeindre les activités du CICR dans des conflits passés ou présents s’adressent à lui. L’institution a ainsi eu des contacts avec différents acteurs du monde du divertissement, au-delà des développeurs de jeux vidéo. Elle ne s’intéresse par ailleurs pas à tous les jeux vidéo, mais seulement à ceux qui simulent un conflit armé. Certains de ces jeux sont conçus et produits par les mêmes sociétés qui développent des simulateurs de champs de bataille pour l’entraînement des forces armées.

Qu’a-t-il été dit sur le sujet à la XXXIe Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ?

La XXXIe Conférence internationale s’est réunie en novembre 2011 à Genève avec pour objectif global le renforcement du droit international humanitaire, et de l’action humanitaire. Dans le cadre d’une manifestation parallèle, les participants ont examiné le rôle que le droit des conflits armés joue, ou ne joue pas, dans les simulations de situations de guerre. Ils se sont penchés, dans le cadre d’une discussion informelle, sur les différentes manières dont les règles applicables aux conflits armés pourraient être intégrées à ces simulations. Aucune résolution ou aucun plan d’action n’ont été adoptés.