• Envoyer
  • Imprimer

Bangladesh : le Croissant-Rouge du Bangladesh aide les travailleurs qui reviennent de Libye

22-03-2011 Éclairage

Depuis le début de la crise en Libye, le CICR a aidé des milliers de travailleurs bangladais qui avaient fui le pays. Opérant conjointement avec la Société nationale du Croissant-Rouge du Bangladesh, le CICR épaule les volontaires du Croissant-Rouge qui, depuis le 27 février, s’emploient jour et nuit à l’aéroport de Dacca à rassurer les rapatriés et à leur donner la possibilité d’appeler leur famille.

     
©CICR/O. Razzaq 
   
Aéroport de Dacca, Bangladesh. Une équipe médicale de la Société nationale du Croissant-Rouge du Bangladesh examine un travailleur migrant bangladais qui vient d’arriver de Tunisie après avoir fui le conflit en Libye. 
               
©CICR/L. Derighetti 
   
Aéroport de Dacca, Bangladesh. Habiboul, qui n’a pas parlé avec sa femme depuis le début des troubles en Libye, l’appelle avec un téléphone fourni par le CICR et le Croissant-Rouge du Bangladesh. Submergée par l’émotion, sa femme réussit à peine à balbutier : « Je t’ai préparé à manger. Reviens dans ma vie s’il te plaît ! » 
               
    ©CICR/L. Derighetti      
   
    Aéroport de Dacca, Bangladesh. À son arrivée de Tunisie, ce travailleur migrant bangladais qui a fui le conflit en Libye, parle avec une collaboratrice du CICR sur le terrain, chargée de la protection, Shirin Sultana.      
           

Entre le 27 février et le 14 mars, les travailleurs rapatriés ont passé près de 10 000 appels téléphoniques. De nombreux rapatriés n’avaient pas parlé avec leur famille depuis longtemps. En effet, la grande majorité d’entre eux n’avaient pu appeler leurs proches, même une fois en sécurité dans les camps installés à la frontière avec la Libye.

Les rapatriés sont souvent traumatisés : nombre d’entre eux non seulement ont vu leurs rêves d’avenir se briser, mais ils ont aussi perdu tous leurs biens, dans des situations qu’ils n’arrivent pas encore à décrire. L’histoire d’Abdoul est représentative : « Quand la crise a éclaté, mon employeur a disparu sans nous payer. Alors moi et d’autres employés, nous avons décidé de rejoindre la frontière tunisienne. Sur le chemin, des voleurs nous ont attaqués. Ils m’ont volé tout mon argent et tout ce que j’avais ».

Les membres du personnel médical du Croissant-Rouge, qui travaillent également à l’aéroport, sont soutenus par des médecins du ministère de la Santé et de la famille. Ils examinent brièvement les personnes qui en ont le plus besoin et leur donnent des médicaments de base. Une ambulance de l’hôpital Holy Family Hospital du Croissant-Rouge est garée à l’aéroport pour les cas d’urgence. À ce jour, une personne a été transportée à l’hôpital. Ces derniers jours, trois rapatriés blessés ont dû être ramenés dans leur village à bord de véhicules d’évacuation sanitaire fournis par le CICR, car ils n’étaient pas en état de voyager en transport en commun. Depuis le 27 février, près de 1 500 travailleurs migrants ont eu recours au service médical du Croissant-Rouge.

Abou Bakar, secrétaire-général du Croissant-Rouge du Bangladesh, fait remarquer que l’équipe médicale n’est pas la seule à apporter de l’aide ; le personnel des services de recherches est également sur place pour porter assistance aux rapatriés. Beaucoup de familles bangladaises se sont adressées au CICR et au Croissant-Rouge pour qu’ils les aident à joindre leurs proches employés en Libye. Le CICR traite les informations fournies par les familles de manière à ce que ses collaborateurs sur le terrain en Libye puissent retrouver ces travailleurs avec l’appui du Croissant-Rouge libyen.

D’après l’Organisation internationale pour les migrations, qui coordonne les rapatriements, quelque 19 000 Bangladais sont à ce jour rentrés chez eux. L’organisation s’est occupée de rapatrier 15 570 Bangladais ; les quelque 3 350 autres ont été rapatriés par l’intermédiaire de leur employeur. De nombreux autres devraient rentrer dans les prochains jours.