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Érythrée : des tracteurs pour aider à labourer

24-10-2011 Éclairage

En 2010, près de 3 000 familles rentrées chez elles ou réinstallées dans la région de Gash Barka, en Érythrée, ont utilisé des tracteurs loués par le CICR pour labourer 3 000 hectares de terres avant la période des semailles. Des femmes dirigeaient la plupart des ménages bénéficiaires, ce qui est relativement inhabituel.

La guerre de 1998-2000 entre l'Éthiopie et l'Érythrée a entraîné une pénurie de main-d'œuvre pour labourer les champs. En effet, la plupart des agriculteurs ont été enrôlés dans les forces armées ou appelés à accomplir leur service militaire. La situation n'a guère changé aujourd'hui. Par conséquent, de nombreuses femmes sont devenues chefs de famille. Or, traditionnellement, il n’est pas permis aux femmes de manier la charrue.  

Pour faire face à cette pénurie de main-d'œuvre agricole, la plupart des agriculteurs concluent des accords de métayage, qui réduisent de 50 à 75 % la part des récoltes qui leur revient. Comme les accords de ce type ne sont pas toujours possibles, certains agriculteurs ensemencent leurs champs tardivement et obtiennent bien souvent de mauvaises récoltes, tandis que d'autres doivent laisser leurs terres en jachère.

En 2010, pour la deuxième année consécutive, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), en collaboration avec le ministère érythréen de l'Agriculture, a lancé un programme pour venir en aide aux familles touchées en louant des tracteurs pour labourer les terres dans plusieurs villages aux environs de Goluj, Barentu, Laelay Gash et Shambiko (région de Gash Barka). De 2005 à 2010, le même programme a été mené en faveur des agriculteurs de la région de Debub.

Un rendement maximal

« Cette année, j'ai pu conserver la totalité des récoltes produites sur un hectare de terres labourées par le CICR alors que, les années précédentes, je n'en obtenais que 25 à 50 % », explique Mme Tirhase Abreha, l'une des bénéficiaires de ce programme, qui vit dans les environs de Shambiko. « Avant, je n'avais pas les moyens de louer un tracteur, donc j'étais obligée de mettre mes terres en métayage, sinon je prenais le risque de devoir les laisser en jachère. »

« Des proches parents m'aidaient à labourer mes champs, mais trop tardivement, déclare, Mme Zewdi Tekeste, une autre bénéficiaire du village d'Anagulu. Les récoltes étaient donc jusqu'à 30 % inférieures à ce que j'étais censée obtenir. » En 2010, en labourant un hectare de ses terres, le CICR lui a permis d'atteindre un rendement maximal.  

« Mon mari fait son service militaire et peut nous envoyer un peu d'argent, qui suffit tout juste pour couvrir une partie de nos besoins essentiels », précise Mme Letebrahan Tekeste, qui s'est réinstallée dans le village de Girme avec sa famille, dont elle assure la subsistance.

« Nous avons perdu tout notre bétail durant et après la guerre, et je n'avais pas les moyens de couvrir les frais de labour. J'ai donc dû négocier un contrat de métayage avec un ménage plus aisé, qui labourait nos champs et nous fournissait 50 % des récoltes. Aujourd'hui, c'est différent. Nous pouvons garder la totalité de nos récoltes grâce au programme du CICR. Je peux en vendre une partie et économiser un peu d'argent, qui me permettra de louer un tracteur pour labourer mes terres l'an prochain. »

Des bonnes récoltes

Tout au long du programme, des visites de suivi ont été organisées, et l'état général des sols, ainsi que la largeur et la profondeur des sillons ont fait l'objet d'un contrôle. L'aide du CICR, conjuguée à des pluies abondantes, a permis aux agriculteurs d'engranger de bonnes récoltes en 2010 ; la production moyenne de sorgho par hectare a plus que doublé par rapport aux deux années précédentes.

Le programme sera maintenu dans la région de Gash Barka en 2011. Selon l'équipe du CICR chargée des activités de sécurité économique, près de 4 000 hectares de terres seront labourés au bénéfice de ménages vulnérables, dont la plupart sont dirigés par des femmes.  


Photos

Région de Gash Barka, Érythrée. Un agriculteur devant sa récolte du jour. 

Région de Gash Barka, Érythrée. Un agriculteur devant sa récolte du jour.
© CICR

Région de Gash Barka, Érythrée. Des femmes travaillant dans leurs champs.  

Région de Gash Barka, Érythrée. Des femmes travaillant dans leurs champs.
© CICR

Érythrée. Des tracteurs loués par le CICR labourent des champs dans la région de Gash Barka. 

Érythrée. Des tracteurs loués par le CICR labourent des champs dans la région de Gash Barka.
© CICR