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L’Irak : le CICR rend le sourire à Abou Daoud et à d’autres familles dans le camp de Rabiah

23-11-2011 Éclairage

Mohsen Dawleh, 76 ans, est connu sous l’alias Abou Daoud. En Irak, les coutumes veulent que les hommes soient habituellement appelés par leurs alias et non par leurs prénoms. Abou Daoud vit avec sa femme et ses quatre filles, âgées de 7 à 14 ans, dans un camp de réfugiés situé dans le quartier populaire de Rabiah dans la province de Nineveh, au nord de l’Irak.

Mohsen Dawleh est originaire de Baaj, une région semi désertique à l’ouest de Mosul près de la frontière syrienne. Certaines familles  ont été contraintes de quitter cette région à la suite de la sécheresse de 2008. Parmi elles, celle d’Abou Daoud déplacée dans la région de Rabiah.

Le camp qui sert de refuge à Abou manque de tous les services essentiels que les déplacés étaient censés y trouver pour mener une vie normale, notamment l’eau devenue un défi majeur pour les familles qui vivent dans cette zone.

Contrairement aux espoirs de ceux qui se sont installés dans le camp, il n'y avait aucune amenée d'eau. La plupart des déplacés ont dû payer entre 50000 et 75000 dinars par mois pour subvenir à leurs besoins en eau, un montant colossal au vu de la pauvreté des familles déplacées.

Selon Abou Saleh, le responsable du camp, 95% des familles installées dans ce camp y ont trouvé refuge en provenance des districts de Baaj, Talafar et Zomor. Il ajoute que ces familles ont fui à Rabiah à cause de la situation de sécurité, des menaces, de la sécheresse ainsi que de la pauvreté. Avant la réalisation de ce projet, les familles dotées d’un petit revenu achetaient de l’eau. Ainsi, chaque famille dépensait 50000 dinars au minimum par mois pour acheter de l’eau alors que celles qui n’en avaient les moyens consommaient de l’eau polluée puisée dans les canaux d’irrigation agricoles.

Une économie importante

Abou Daoud et les autres familles n’ayant pas la capacité de supporter un fardeau financier énorme se sont senti contraints de consommer les eaux des canaux d’irrigation agricole proches. Ils ont partagé ces eaux avec des dizaines de chiens et d’autres animaux. Tout comme d’autres gens, Abou Daoud et sa famille ont été victimes de plusieurs maladies, telles que la typhoïde et la diarrhée engendrées par les eaux polluées.

Il convient de mentionner qu'Abou Daoud est un homme aveugle qui n’a pas de fils. Ses filles, en raison de leur jeune âge, ne peuvent pas aider leur mère qui a pris l’habitude de faire du pain et de le vendre aux voisins. La famille entière dépend d’un salaire mensuel modeste d’environ 75000 dinars seulement qu’elle reçoit d'un réseau d'aide sociale.

En 2011, le CICR a développé un projet de canalisation pour amener de l'eau dans le camp, dont le nombre de déplacés s’élève à 250 familles. Abou Daoud et sa famille sont parmi les bénéficiaires du projet qui jouissent de l’eau potable. Sa famille et ses filles ne sont plus obligées de porter des jerricans remplis d’eau polluée sur leurs épaules.

"Disposer d’un robinet chez nous a complètement changé notre situation. Nous sommes tous reconnaissants au CICR qui a apporté de l’eau propre à notre lieu de résidence", estime Aboud Daoud. Lui et ses filles jouissent maintenant de l’eau propre. Assis près du robinet dont la présence chez lui lui a rendu le sourire, il ajoute : "maintenant, nous avons aussi l’eau pour se laver. C’est une grâce que nous devons préserver".

Le projet couvre 80% des besoins des familles déplacées dans le camp. Bien que certaines familles ne bénéficient pas encore du projet, elles cesseront au moins d’acheter l’eau des citernes, car les vrais bénéficiaires, tels que Abou Daoud et d'autres, autorisent les familles qui n’ont pas accès à l’eau, à utiliser les robinets installés. A ce propos, l’ingénieur Mohammad Khalaf, directeur de l’agence de distribution d’eau à Rabia remercie le CICR « pour son action humanitaire de fournir de l’eau potable aux personnes qui en ont besoin dans cette région. Il s’agit d’une grande tâche menée par le CICR qui a contribué à l’allègement des souffrances des déplacés ici».

Abou Marzouk, l’un des bénéficiaires du projet, ajoute: "nous remercions le CICR pour nous avoir fourni de l’eau. Dans le passé, les familles se querellaient à cause du problème de l’eau. Mais aujourd’hui que ce problème est résolu, il n’y a plus de disputes grâce à Dieu".


Photos

 

Rabiah, Irak. Le projet d’eau réalisé par le CICR dans le camp de réfugiés dans la région de Rabiah.
© CICR / F. Mohammad

 

Rabiah, Irak. Abou Daoud et deux de ses filles, heureux de l’arrivée de l’eau à lieu d’habitation dans le camp.
© CICR / F. Mohammad

 

Rabiah, Irak. Un employé du CICR parle à Abou Daoud de l’arrivée d’eau à son habitation.
© CICR / F. Mohammad