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Kirghizistan : aider les survivants du conflit à gagner leur vie

06-09-2011 Éclairage

À la suite des violences qui ont secoué le sud du Kirghizistan en juin 2010, le CICR a lancé un programme d’initiatives micro-économiques pour rétablir les moyens d’existence des personnes directement touchées. Ce programme a permis aux participants de mettre sur pied des petites affaires censées générer rapidement des revenus.

« Le programme m’a permis d’acheter des outils et de recommencer à gagner ma vie », déclare M. Ibragim (noms fictifs pour protéger l’identité des participants au projet). M. Ibragim est ferronnier, mais il avait perdu ses outils et son matériel de soudage pendant les affrontements. « J’ai beaucoup de clients, alors j’ai pu racheter les équipements nécessaires avec l’argent que j’ai gagné. Maintenant, j’ai encore plus de commandes ! » M. Nabil, dont l’atelier avait été incendié, a lui aussi retrouvé une activité grâce au programme micro-économique. Charpentier de métier, il s’est associé à un collègue pour ouvrir une menuiserie ; avec l’aide du programme, ils ont pu acheter des outils. La dernière fois que le CICR lui a rendu visite, M. Nabil était occupé à réaliser un escalier.

Les activités sont choisies sur la base de leur faisabilité économique et des connaissances et compétences professionnelles des participants. Elles font souvent intervenir plusieurs membres d’une même famille ou plusieurs ménages d’une famille étendue. Certaines initiatives micro-économiques, les petites épiceries par exemple, sont mises sur pied à proximité du domicile des familles. D’autres, comme les ateliers de cordonnerie ou les salons de coiffure, peuvent être installées directement dans la maison des participants.

Les violences de 2010 ont eu des conséquences tragiques sur la vie de bon nombre de personnes. Plus de la moitié des participants au programme micro-économique sont des femmes. Comme tant d’autres, Mme Zeinabi a perdu son mari dans les affrontements. En l’espace d’une nuit, elle est devenue le soutien de la famille. Auparavant, Mme Zeinabi faisait des travaux de couture pour ses proches. Désormais, sa passion s’est convertie en profession, et Mme Zeinabi et sa sœur confectionnent des robes de mariage traditionnelles, ainsi que des rideaux. Le programme a permis à Mme Zeinabi d’acheter une nouvelle machine à coudre et des tissus pour démarrer son activité à domicile. Elle et sa sœur s’en sortent très bien : « Nous nous sommes réparti les tâches. L’une de nous découpe, l’autre transfère les patrons sur les tissus et coud les pièces ensemble. C’est bien de pouvoir gagner de l’argent soi-même. Grâce à cette activité, nous pouvons faire vivre notre famille. Et le travail ne manque pas ! »

Le processus d’inscription pour participer au programme est simple, et les participants potentiels sont informés en détail sur la façon de procéder. Tous les participants reçoivent une formation de base en marketing et en comptabilité. La formation prévoit également du temps pour que les participants puissent discuter entre eux, afin d’échanger des idées et des bons tuyaux. Mme Choplon possède maintenant une petite échoppe et prévoit d’y installer un ventilateur et un réfrigérateur dès qu’elle sera reliée au réseau électrique. « Nous sommes très reconnaissants de l’aide que le CICR nous a apportée, explique-t-elle. Nous avons appris à tenir une comptabilité et à utiliser judicieusement l’argent que nous gagnons. »

Après un paiement initial qui permet aux participants de démarrer leur affaire, le CICR soutient leur initiative micro-économique pendant les quatre à six premiers mois, tout en prodiguant des conseils sur la manière de développer l’activité. Un second et dernier paiement peut leur être versé par la suite, pour autant que la somme initiale ait été utilisée à bon escient. Avec le soutien étroit du CICR, les participants au programme savent qu’ils ne seront pas laissés pour compte. Les initiatives micro-économiques sont taillées sur mesure selon les besoins et capacités de chacun, et l’individu est placé au centre du processus de prise de décisions, ce qui renforce l’estime de soi des participants et renforce leur sentiment d’appropriation. « Pour que les projets puissent être viables à long terme, il est important que les participants aient confiance en leurs capacités », explique Hind Abdulraheem Abbas Akooly, délégué du CICR chargé du programme d’initiatives micro-économiques dans le sud du Kirghizistan.

D’ici décembre 2011, le CICR aura mis en œuvre 640 projets de ce type auxquels participent des familles de la ville d’Och et du village de Bazar Korgon, dans la province de Jalalabad.


Photos

Kirghizistan. L’épicerie de Mme Choplon, mise sur pied grâce au soutien reçu dans le cadre d’une initiative micro-économique du CICR. 

Kirghizistan. L’épicerie de Mme Choplon, mise sur pied grâce au soutien reçu dans le cadre d’une initiative micro-économique du CICR.
© CICR

Kirghizistan. Une femme utilise la machine à coudre qu’elle a pu se procurer grâce aux fonds fournis par le CICR dans le cadre d’une initiative micro-économique. 

Kirghizistan. Une femme utilise la machine à coudre qu’elle a pu se procurer grâce aux fonds fournis par le CICR dans le cadre d’une initiative micro-économique.
© CICR