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Liban : les victimes soutiennent l’interdiction totale des armes à sous munitions

24-10-2011 Éclairage

Les survivants des armes à sous-munitions sont venus à Beyrouth en provenance des quatre coins du monde afin d’obtenir le soutien international en faveur de la Convention sur les armes à sous-munitions interdisant l'utilisation, la production, le transfert et le stockage de ces armes. Le dernier jour de la Deuxième Assemblée des États parties à la Convention, organisée par le Liban à la mi-septembre, les victimes de ces armes ont toutes délivré le même message : « Agissez maintenant. Adhérez au traité d’interdiction des armes à sous-munitions. »

Les victimes se sont adressées aux représentants de 130 États, dont 67 n’avaient pas signé la Convention, ou l’avaient signée mais ne l’avaient pas ratifiée.

« Nous exhortons les États à agir immédiatement et à alléger les souffrances des survivants des armes à sous-munitions. Nous, victimes des armes à munitions, nous voulons bénéficier des mêmes possibilités qu’ont tous les autres pour vivre, travailler et faire partie intégrante de nos communautés. » L'orateur, Aynalem Zenebe, une victime des armes à sous-munitions, originaire d’Éthiopie, lisait une déclaration au nom des survivants de ces armes, qui causent encore des ravages dans au moins 21 pays d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe.

Les défenseurs des victimes des armes à sous-munitions, en provenance d'Afghanistan, du Cambodge, du Laos, du Liban, de Serbie, du Tadjikistan, du Vietnam et d'autres pays, ont témoigné de leurs douloureuses expériences, de leur souffrance, de leur courage et de leur survie.

« Au début, je voulais mourir ... ma vie a été totalement détruite et je ne voulais plus vivre », a déclaré Thi, un agriculteur vietnamien de 53 ans qui a perdu son bras droit et sa jambe droite dans une explosion d’armes à sous-munitions alors qu’il cultivait son champ de riz. Après avoir lutté de nombreuses années pour surmonter son traumatisme et son handicap, Thi est aujourd’hui l'heureux papa de trois enfants adultes et se consacre à ses activités de sensibilisation en faveur des victimes des armes à sous-munitions.

Il a créé un club dans son village natal où les victimes peuvent obtenir un soutien moral, échanger leurs expériences douloureuses et demander de l'aide pour améliorer leur vie. « Les pays du monde devraient tous adhérer au traité. L'existence de cette arme est un crime contre l’humanité. »

Perdre les deux jambes dans l'explosion d'une mine n'a pas arrêté le cambodgien Tun de parcourir le monde et d’être le porte-parole de milliers de victimes de mines et d’armes à sous-munitions. « Nous ne pouvons pas attendre que le monde entier adhère à la Convention sur les armes à sous-munitions. Il nous faut aller de l’avant et faire pression pour débarrasser notre planète des mines et des munitions. Le plus important est de garder espoir en l'avenir. »

Tun a parcouru un long chemin depuis ce jour de 1981 où il a voulu mettre fin à ses jours après l'explosion. Il lui a fallu des années pour s'adapter à sa nouvelle condition et acquérir une profession. Il est aujourd’hui un habile menuisier, spécialisé dans la fabrication de fauteuils roulants pour handicapés. « J'ai fabriqué mon propre fauteuil », précise-t-il, montrant du doigt le fauteuil roulant sur lequel il est assis. « Et je fabrique des fauteuils roulants de différentes tailles et formes pour adultes, enfants et personnes âgées au Cambodge.

La Convention sur les armes à sous-munitions fixe des engagements assortis d’échéances concernant le déminage et la destruction des stocks, elle prévoit un mécanisme visant à mesurer les progrès accomplis en matière d’assistance aux victimes et appelle toutes les nations du monde à la signer. Bien que les principaux producteurs des armes à sous-munitions (États-Unis, Chine et Israël) n'aient pas signé la Convention, la réponse ferme donnée à l'utilisation des armes à sous-munitions de la part des pays ayant signé et ratifié la Convention, contribue à renforcer progressivement l'idée négative associée à ces armes aveugles.


Photos

Tun, victime cambodgienne d'une mine, visite l'exposition du CICR dans l'Hôtel Phoenicia à Beyrouth lors de la deuxième assemblée des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions. 

Tun, victime cambodgienne d'une mine, visite l'exposition du CICR dans l'Hôtel Phoenicia à Beyrouth lors de la deuxième assemblée des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions.
© CICR / S. El Kadi

Un homme blessé par une arme à sous munitions pendant les guerres des Balkans (1991-1995). Des survivants d'accidents provoqués par des armes à sous-munitions ou par des mines sont venus des quatre coins du monde pour assister à la réunion de Beyrouth. 

Un homme blessé par une arme à sous munitions pendant les guerres des Balkans (1991-1995). Des survivants d'accidents provoqués par des armes à sous-munitions ou par des mines sont venus des quatre coins du monde pour assister à la réunion de Beyrouth.
© CICR / S. El Kadi