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Libéria : des soins de santé pour tous les détenus

30-09-2011 Éclairage

La rénovation des prisons est rarement une priorité pour les gouvernements lors de la phase de relèvement qui succède à un conflit de longue durée. Dans le monde entier, le CICR aide les autorités à améliorer les infrastructures pénitentiaires, ainsi que les conditions de santé et d’hygiène et les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans les prisons. C’est le cas notamment au Libéria, où l’institution visite des détenus et s’attache à améliorer leurs conditions de détention depuis l’ouverture en 1990 de sa délégation à Monrovia.

L’eau et l’assainissement ont une incidence déterminante sur la santé dans les prisons

Il est vendredi midi à la prison centrale de Monrovia. Vêtus de leur combinaison orange, les détenus sont occupés à balayer la cour, à préparer le repas ou à remplir des seaux au point d’eau. Certains d’entre eux attendent des visiteurs, autorisés à venir à la prison les lundis, mercredis et vendredis. James*, 18 ans, reçoit régulièrement la visite de sa mère, mais il trouve la vie en prison difficile. « Tout ce que je veux, c’est sortir d’ici et aller à l’école », confie-t-il.

Moses Pewee dirige la prison centrale de Monrovia depuis 2006. « Quand je suis arrivé, les conditions étaient déplorables. Le système d’évacuation des eaux usées ne fonctionnait pas et les fosses septiques étaient pleines. Les détenus souffraient de nombreux problèmes cutanés et n’avaient pas de matelas ni de couvertures. En outre, le système d’alimentation en eau était mal en point », se rappelle-t-il.

Depuis, le CICR a réparé les systèmes d’évacuation et remis en état ou construit des puits dans plusieurs établissements pénitentiaires du Libéria. Dans la prison centrale de Monrovia, il a aussi construit deux réservoirs, l’un pouvant contenir 10 000 litres d’eau et l’autre, souterrain, d’une capacité de 20 000 litres. Ils seront raccordés au réseau principal d’approvisionnement en eau de la ville et permettront d’alimenter la prison en eau courante pour la première fois depuis le début de la guerre en 1989.

La santé carcérale fait désormais partie des priorités sanitaires nationales

Au cours de la dernière année, des efforts particuliers ont été déployés en vue d’améliorer les soins de santé dans les prisons. Avec le soutien du CICR, le ministère libérien de la Santé et de la Protection sociale a récemment inclus la santé carcérale dans son nouveau programme de services de santé essentiels.

« C’est une mesure importante, car elle assure aux détenus un accès rapide aux services de santé de base », explique Michael Pastoors, un médecin du CICR. Ce mois-ci, le CICR a organisé à Monrovia un atelier sur les soins de santé aux détenus, réunissant des directeurs de prison, des agents pénitentiaires et du personnel de santé provenant des 15 comtés du Libéria.

Le CICR a déjà aidé les autorités à rénover l’infirmerie de la prison centrale de Monrovia et à ouvrir une nouvelle infirmerie ainsi que deux salles de soins dans trois autres prisons. Il a fourni du mobilier, des équipements médicaux et un stock initial de médicaments essentiels. Il a également contribué à mettre en place un système visant à transférer vers le plus grand hôpital de la capitale les détenus ne pouvant pas être soignés à l’infirmerie de la prison. Plus de 1 400 personnes dans neuf prisons ont reçu des vermifuges et du savon antiseptique pour soulager leurs problèmes cutanés. Le CICR a en outre formé le personnel de santé de la prison centrale de Monrovia au dépistage des cas de tuberculose parmi les détenus.

La production de savon améliore la santé des détenus et génère des revenus

Cette année, le CICR a commencé à fournir aux détenus les matières premières nécessaires à la fabrication de savon. Grâce à cette aide, chacun des 1 200 détenus reçoit deux pains de savon par mois, et le surplus est vendu sur les marchés locaux pour générer des revenus et assurer la continuité de la production.

« C’est très important de pouvoir utiliser du savon régulièrement. Avant, j’avais de fortes démangeaisons. Maintenant, ma peau va beaucoup mieux », explique Andrew, 48 ans, condamné à la prison à vie. « Les choses se sont améliorées depuis mon arrivée, mais il y a encore beaucoup à faire. »

Le CICR continue de fournir des articles de première nécessité aux détenus tels que nattes, couvertures, matelas et moustiquaires.

« Aider les autorités à reconstruire un système pénitentiaire qui fonctionne après des décennies de conflit est un investissement à long terme », déclare Olivier Martin, chef de la délégation du CICR au Libéria. « Le CICR mène des activités dans le domaine de la détention dans près de 80 pays et visite un demi-million de détenus chaque année dans le monde ; il dispose donc de l’expertise nécessaire pour conseiller les autorités sur la manière d’améliorer les conditions de détention et le traitement réservé aux personnes détenues, afin qu’ils soient conformes aux normes nationales et internationales minimales. »

*Les prénoms des détenus sont fictifs.


Photos

Prison centrale de Monrovia, Libéria. Dans les lieux de détention du Libéria, les détenus bénéficient de meilleures conditions de vie grâce à la remise en état des systèmes d’évacuation des eaux usées et à la construction de nouveaux puits et réservoirs d’eau.  

Prison centrale de Monrovia, Libéria. Dans les lieux de détention du Libéria, les détenus bénéficient de meilleures conditions de vie grâce à la remise en état des systèmes d’évacuation des eaux usées et à la construction de nouveaux puits et réservoirs d’eau.
© CICR / N. Kero

Prison centrale de Monrovia, Libéria. Les détenus fabriquent du savon grâce aux matières premières fournies par le CICR. 

Prison centrale de Monrovia, Libéria. Les détenus fabriquent du savon grâce aux matières premières fournies par le CICR.
© CICR / N. Kero

Libéria. Les visites familiales et l’accès à l’air libre sont importants pour le bien-être des détenus. 

Libéria. Les visites familiales et l’accès à l’air libre sont importants pour le bien-être des détenus.
© CICR / N. Kero