Niger : les éleveurs d'Agadez fêtent la vaccination de leur bétail
27-05-2011 Éclairage
Conflit armé, inondations, sécheresses : les conditions de vie des éleveurs de la région d'Agadez au nord du Niger ont été profondément affectées ces dernières années. Toutefois, c’est la joie qui a dominé les deux journées de fête durant lesquelles a été célébrée la fin de la première phase d'une campagne de vaccination d'environ un million d'animaux, réalisée par le ministère nigérien de l'Élevage avec le soutien du CICR.
Des éleveurs provenant des différentes communes de la région d'Agadez ont pu oublier deux jours durant la dureté de leurs conditions de vie pour se rassembler et partager leur joie. Parades, courses, exhibitions de figures par les meilleurs dresseurs de chameaux, chants et danses folkloriques étaient au rendez-vous. « Cela fait des années que nous n'avions pas eu de véritable raison de faire la fête! » raconte Assaghid Issighdane, un éleveur de la commune de Gougaram, à 20 kilomètres de la ville d'Agadez. Avec un enthousiasme contagieux, il rappelle que le peuple touareg, majoritaire dans cette région désertique du Niger, aime faire la fête et a développé un folklore et une culture riches et variés.
Du conflit armé à la sécheresse
« Les conditions de vie sont devenues très difficiles ces dernières années », ajoute-t-il, amer. De 2007 à 2009, la région a subi les conséquences des affrontements ayant opposé des groupes armés touaregs aux forces de sécurité nigériennes. À partir de 2009, l'alternance d'inondations et de périodes de sécheresse ont entraîné la perte d’une part du bétail et la destruction de cultures et de récoltes. « L'année passée, le manque d'eau et de fourrage a décimé nos troupeaux. Les quelques bêtes qui ont survécu étaient trop maigres ou trop malades pour être vendues. Une bête en mauvaise santé supporte difficilement les périodes de pénurie d’eau ou de fourrage, fréquentes dans notre région », raconte-t-il. « De plus il y a encore des problèmes d'insécurité, la zone est difficile d'accès et les services de base, comme l'éducation ou la santé, ne sont pas assurés.»
Les difficultés d'accès à certaines zones n'ont ainsi pas permis le déploiement effectif des services et soins vétérinaires depuis plusieurs années, ce qui expose le bétail aux maladies et diminue sa valeur sur le marché. La santé animale est d'autant plus cruciale que l'élevage est la première activité des populations de cette région.
Campagne de vaccination pour un million d'animaux
Depuis plusieurs années, le CICR déploie divers programmes pour soutenir les habitants de la région d'Agadez qui vivent majoritairement d'élevage et de maraîchage. Selon Sighidane, chef du village de Boudari: « après tant de difficultés, une main a été tendue pour nous aider à nous relever. »
De la commune de Dabaga à celle de Dannet, en passant par Tchirozérine, Gougaram, Iférouane, Timia, Tabelot, Agadez, Ingall et Aderbissanatt, la campagne de vaccination menée par le ministère nigérien de l’Élevage avec le soutien du CICR a démarrée en décembre 2010. Elle concerne environ un million d'animaux et permettra d'immuniser le cheptel contre différentes pathologies animales comme la peste des petits ruminants, la péripneumonie contagieuse des bovidés, la pasteurellose et la clavelée, et à traiter les animaux contre les parasites.
« Grâce à cette campagne de vaccination et de traitement des animaux, nous pouvons espérer reconstituer notre cheptel. C'est la vente du bétail et de ses sous-produits qui permet aux éleveurs d'acheter des céréales pour se nourrir et d'autres biens pour améliorer leur quotidien », renchérit Assaghid.
« Pour nous, l'assistance est inestimable. Nous sommes reconnaissant au CICR d’être resté à nos côtés malgré l'insécurité et de chercher à répondre aux problèmes spécifiques des éleveurs, comme en témoigne cette campagne de vaccination », conclut Assaghid.
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