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Irlande : les journalistes peuvent-ils être mieux protégés durant les conflits ?

05-12-2012 Éclairage

« Aucun cheval blanc ne va venir au secours des journalistes au milieu d’un conflit ! » Comme l'a bien dit le célèbre reporter Fergal Keane lors du débat organisé par la Croix Rouge irlandaise avec le soutien du CICR, les correspondants de presse, cameramen et guides locaux doivent être conscients des risques qu'ils encourent et prendre les mesures de précaution qui s’imposent.

À l'occasion d'une conférence organisée par la Croix Rouge irlandaise, une cinquantaine de journalistes, humanitaires, étudiants et juristes ont débattu de la réalité qu'ils vivent sur le terrain là où la protection que le droit des conflits armés garantit aux journalistes peut sembler inexistante.

Un des orateurs invités, Fergal Keane, est un reporter expérimenté qui travaille pour RTE, une chaîne de radiodiffusion et de télévision irlandaise. Avec lui, Shona Murray, correspon-dante à l’étranger, et Declan Power, analyste de la défense et de la sécurité, qui ont exposé ce qu'était pour eux la réalité des conflits pour les journalistes. Les participants ont encouragé les professionnels des médias à réfléchir à la façon dont leurs propres comportements pouvaient les amener à être perçus comme des acteurs du conflit, et à ce que cela impliquait pour leur sécurité.

La Croix Rouge irlandaise a expliqué qu’en vertu du droit international humanitaire, les jour-nalistes étaient des civils et qu’à ce titre, ils devaient être protégés en situation de guerre. En outre, si un journaliste est officiellement accrédité et intégré au sein de forces armées dans le cadre d’un conflit armé international, il a droit au statut de prisonnier de guerre s’il se fait capturer.

Le CICR, quant à lui, a mentionné tout particulièrement sa « hotline pour les journalistes », un outil indispensable destiné aux professionnels des médias travaillant dans des zones de conflits, qui peut aider les familles ou les agences de presse inquiètes du sort de ces professionnels et de leurs conditions de vie. Grâce à ce numéro d'appel d'urgence , mis en place en 1985, le CICR peut agir rapidement si un journaliste est arrêté, porté disparu, blessé ou tué durant un conflit. Toutefois, la réponse du CICR a ses limites et la hotline ne devait pas servir de stratégie de sortie ou remplacer l’analyse des risques que toute personne travaillant dans le cadre d’un conflit armé devait effectuer, a précisé le CICR.


Photos

Un photographe saute par dessus une grenade fumigène lors d’une manifestation. 

Séville (Espagne), 29 septembre 2012.
Un photographe saute par dessus une grenade fumigène lors d’une manifestation organisée par les pompiers, le personnel de sécurité et les militaires pour protester contre les coupes salariales imposées par le gouvernement espagnol.
© Reuters / M. del Pozo