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Yémen : une nouvelle jambe pour Noureddine, futur chauffeur de bus

03-12-2012 Éclairage

Noureddine a 17 ans. Désormais, c’est plein d’espoir que ce jeune homme au corps frêle et au tempérament calme peut à nouveau envisager l’avenir. Chaque jour, il se rend au centre de réadaptation physique de la ville de Taïz pour y recevoir des soins, en attendant d’être équipé d’une jambe artificielle.

Le calvaire de Noureddine a commencé il y a un peu plus d’une année, lorsqu’il a été touché par une balle perdue alors qu’il se baladait dans son village. Le projectile s’est logé dans son pied droit et le malheureux a dû être amputé. Pendant près d’une année, il n’a pu se déplacer qu’à l’aide de béquilles en bois. Jusqu’au jour où il a entendu parler du centre de réadaptation physique de Taïz soutenu par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« J’avais perdu tout espoir de remarcher un jour normalement et je n’imaginais pas que le centre orthopédique puisse m’aider en quoi que ce soit. Mais ma famille, ma mère en particulier, m’a vivement encouragé à aller les voir tout de même. Et voilà qu’aujourd’hui, on va me poser ma prothèse », explique le jeune homme, qui n’en revient encore pas complètement.

À peine appareillé, Noureddine a abandonné ses béquilles, et c’est sur ses deux jambes qu’il est reparti du centre, le visage illuminé d’un large sourire. « Aujourd’hui, je marche à nouveau sans béquilles. C’est ma mère qui va être ravie. Elle doit mourir d’impatience de me voir remarcher normalement. Maintenant, plus de doute : je serai un jour chauffeur de bus professionnel. J’ai retrouvé l’espoir de vivre normalement, et j’en remercie tous les collaborateurs du centre orthopédique », s’est réjoui Noureddine en quittant l’hôpital avec sa nouvelle jambe.

L’engagement des collaborateurs du centre de réadaptation a été exemplaire. Après lui avoir posé le membre artificiel, ils ont appris à Nourredine à s’en servir, à marcher et à jouer au football. Grâce à eux, son rêve allait pouvoir devenir réalité : il deviendrait un jour conducteur de bus.

Le centre de réadaptation physique, qui dépend du ministère de la Santé publique et de la population, est installé depuis 1997 dans une aile de l’hôpital Al-Thawra de Taïz. C’est la seule structure à offrir des services de réadaptation physique aux habitants de Taïz, d’Ibb, de Hodeïda et des environs d’Aden.

Toutefois, face au recul – tant quantitatif que qualitatif – des services offerts par le centre en raison de la pénurie de ressources et de personnel qualifié, le CICR a décidé de lui apporter son soutien, par le biais de son programme de réadaptation physique. Ainsi, dès 2010, il a commencé à lui fournir des matières premières et des composantes orthopédiques, tout en lui faisant bénéficier des compétences de spécialistes envoyés sur place pour une durée déterminée.

En 2011, le centre a largement subi les effets de la révolution dont le Yémen a été le théâtre, au point que le CICR s’est vu contraint de renforcer la présence d’orthopédistes expatriés. En moyenne, 200 personnes bénéficient chaque mois des services du centre de réadaptation physique.


Photos

Taiz, Yémen. Le technicien orthopédiste du CICR ​​aide Noureddine à fixer son nouveau membre artificiel. Désormais, il peut marcher sans béquille. 

Taiz, Yémen
Le technicien orthopédiste du CICR ​​aide Noureddine à fixer son nouveau membre artificiel. Désormais, il peut marcher sans béquille.
© CICR / A.Murtaja

Noureddine se tient debout sans béquille. Maintenant, il peut travailler comme chauffeur d'autobus, ce qu'il a toujours voulu être. 

Taiz, Yémen.
Noureddine se tient debout sans béquille. Maintenant, il peut travailler comme chauffeur d'autobus, ce qu'il a toujours voulu être.
© CICR / A.Murtaja